Paroles d’Espagnols…

Ce qui se passe en Espagne depuis dimanche dernier a plongé les citoyens dans la sidération. Comment en est-on arrivé là ? Les charges d’une brutalité sans précédent lors du scrutin sur l’indépendance en Catalogne a choqué la population. Le discours du roi, dur, froid, sans la moindre velléité de se poser en médiateur en a déçu plus d’un. 
J’ai envoyé un questionnaire à une poignée d’amis madrilènes via whatsApp. Qu’ils ont fait suivre à leurs amis barcelonais. Ils exercent tous des professions différentes. De femme de ménage à entrepreneur, fonctionnaire ou manager dans une start-up. Des citoyens lambda, un échantillon qui raconte ce pays toujours plongé dans une crise économique qui continue de faire des ravages ; un pays dont les deux principaux partie, PP et PSOE, ont pratiqué la corruption jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. « Une nation de nations », avec ses autonomies, ses langues, ses cultures.
Je leur ai posé une série de questions mercredi matin, leur précisant qu’ils pouvaient répondre comme bon leur semblait.
Que pensez-vous :
 – Du référendum ?
– De la répression ?
– Du discours du roi ?
– La démocratie espagnole est-elle en danger ?
– Craignez-vous une escalade,
– Quelles solutions? Un état fédéral? De nouvelles élections? Un autre référendum?
Ce n’est pas un panel choisi scientifiquement. Mais les réponses (reçues toute la journée de mercredi), parfois proches, parfois opposées, témoignent d’une prise de conscience réelle, d’une volonté de rétablir le dialogue, de renouveler aussi les institutions, d’un attachement indéfectible à la démocratie. Paroles recueillies sur le vif qui éclairent, à leur échelle, sur l’état d’esprit de ce pays aux particularismes bien difficiles à saisir de ce côté-ci des Pyrénées.
Ana, Barcelone.
« Je suis contre l’indépendance de la Catalogne. Mais pour la tenue d’un référendum en toute légalité approuvé par le gouvernement pour que ceux qui vivent en Catalogne puissions décider. Il y a quelques semaines encore, j’étais sûre que le « Non » aurait pu l’emporter. Aujourd’hui, après tous les événements qui se déroulent, j’en suis moins sûre. Ce qui s’est passé dimanche renvoie à 40 ans en arrière quand tout rassemblement de plus de trois personnes était interdit.
Aucune des deux parties n’a été capable de s’assoir et de faire de la politique. Et c’est honteux. Je n’ai pas peur pour la Démocratie mais j’ai peur que la déclaration unilatérale d’indépendance ait des répercussions sur notre économie au quotidien.
Le discours du roi sonnait creux : on aurait cru entendre le sempiternel discours de Noël mais sans nougat !
Il faut rétablir le dialogue entre toutes les parties pour parvenir à un accord. La meilleure solution serait de changer les têtes, de se débarrasser de Rajoy et Puigdemont »
Cristina, Barcelone
« J’ai toujours été favorable à la tenue d’un référendum. Mais un référendum légal approuvé par le Parlement de Catalogne et le Congrès des députés espagnol. Le référendum qui s’est déroulé dimanche 1er octobre était surréaliste, illégal. Ceux qui ont approuvé cette pantomime en se parant de vertus démocratiques n’en ont pas respecté les règles : le recensement à la main, le recomptage des voix dans une église, ce n’est pas la démocratie. La démocratie, c’est entreprendre les choses dans le dialogue et trouver des solutions pour le bien-être des citoyens.
Pour autant, je ne trouve aucune justification à la violence. Le gouvernement espagnol a très mal agi, très très mal agi cela ne fait pas de l’Espagne une dictature comme je l’entends dire ces jours-ci. Nous avons un gouvernement conservateur mais rien de comparable à ce que le pays a vécu pendant 40 ans. Il a toutefois démontré son incapacité à dialoguer et à trouver des solutions à un problème grave et complexe qui, au fil des ans, grossi comme une tumeur car la seule réponse du gouvernement espagnol est d’envoyer les forces de l’ordre pour imposer le retour au « calme ». La violence
Je n’ai jamais été partisane de la monarchie mais je pensais que l’Espagne avait un roi plus judicieux, plus convaincant et surtout plus cohérent. Mais il a démontré le contraire : où il ne s’intéresse pas au film ou il faut chercher un message subliminal du genre : « soyer rassurez parce que nous allons appliquer l’article 155 ». Au final, au lieu de pacifier la situation, il a apporté son soutien à ceux-là même qui ne veulent pas voir la réalité et la gravité de ce qui se déroule en ce moment.
Je ne sais pas si un Etat fédéral serait la solution mais je ne l’écarte pas. Pour cela, la réforme de la Constitution est nécessaire mais c’est probablement l’option pour construire un pays qui compte des cultures aussi différentes qu’elles soient catalane, basque, galicienne ou castillane.
Il me semble que le préalable, serait que le chef du gouvernement démissionne car il est dépassé par les événements. Il devrait convoquer de nouvelles élections. Avec un nouveau gouvernement, peut-être parviendrions-nous à rétablir le dialogue, à réformer la Constitution et jeter de nouvelles bases pour organiser un référendum et entreprendre les réformes politiques, sociales et économiques.
Je ne crois pas que la Démocratie soit en danger mais ce qui se passe actuellement ne me plaît pas. J’ai peur qu’après tant d’années de paix, on revienne à des affrontements violents avec nos voisins pour des raisons purement idéologiques. Tant que les politiques feront la preuve de leur incompétence, cela pourrait provoquer un coup d’Etat ou quelque chose de similaire qui pourrait mettre en danger la démocratie espagnole ».
Alba, Barcelone.
« De mon point de vue, la Catalogne devrait avoir le droit d’autoriser un référendum. Le gouvernement a tout faux quand il donne l’ordre de cogner sans distinction les personnes qui voulaient juste voter.
Le roi n’a pas été à la hauteur. A aucun moment il a condamné la violence de la police nationale et il refuse tout dialogue, invoquant uniquement le respect de la loi sans laisser l’opportunité de modifier la loi. Je suppose qu’un Etat fédéral serait une solution convenable. Je ne pense pas que la Démocratie soit en danger mais j’ai peur de la radicalisation dans les deux camps et que cela provoque des tensions insoutenables ».
David, Barcelone
« Aucune condition n’était réunie pour assurer le bon déroulement du scrutin. Seuls les partisans du « Oui » ont mené campagne et l’on a associé les partisans du « Non » à ceux qui étaient opposés au référendum et pas à l’indépendance. Le scrutin s’est déroulé dans des conditions exécrables, certains ont voté plusieurs fois… Il aurait fallu exiger un minimum de participants et fixer un pourcentage minimum pour valider le « Oui ». J’aurais voulu et je voudrai un référendum avec toutes les garanties pour pouvoir voter.
La répression n’est pas bon signe. Je ne suis en aucune manière partisan de la force, encore moins quand rien ne la justifiait car ce référendum tel qu’il était organisé n’offrait aucune légitimité et s’invalidait tout seul. L’usage de la force était hors de propos.
Le discours du roi était terne, il n’a rien dit d’important et n’a pas œuvré pour le dialogue. Un discours à charge contre les autorités catalanes comme les indépendantistes ont tout faux et sont coupables de transgresser la loi. Qu’il parle ou pas, cela ne change rien à l’affaire.
Cela fait des décennies que l’économie espagnole va à vau-l’eau. Avec la crise censée être dernière nous – bien que dans les faits, nous y soyons plongé jusqu‘au cou – les problèmes qui autrefois touchaient une minorité de la population s’étendent à d’autres catégories. Les coupes budgétaires dans l’éducation et la santé, les réformes du travail et les politiques sociales provoquent chez les catalans un rejet du PP. D’autant que le PSOE a démontré qu’il n’est en rien une alternative. Les dernières élections en Catalogne ont donné une majorité à Podemos et ERC. Cela signifie que les catalans veulent du changement, que l’on mette en place d’autres réformes économiques, structurelles. De tout temps, Madrid a tout centralisé et Barcelone, tout en étant un des piliers économiques de l’Espagne, a toujours été relégué au second plan.
La situation est tendue mais la démocratie n’est pas en danger. Certains se radicalisent. Il n’y a pas de violence mais on sent les tensions dans les moindres conversations.
La balle est aujourd’hui dans le camp de la Generalitat depuis que le gouvernement a fermé la porte au dialogue et n’use que de la répression. La Generalitat peut pondérer les uns et les autres quitte à décevoir les uns et les autres ou s’entêter dans sa volonté de déclarer l’indépendance unilatéralement. S’il fait cela, on assistera à une escalade de la violence et de la répression. D’un côté l’Espagne enverra plus de guardias civil et la Generalitat enverra los Mossos pour protéger les fonctionnaires et la population. Lundi, le parlement catalan devra se prononcer pour l’indépendance… Qu’est-ce que ça va donner ?
Il est évident qu’il devrait y avoir de nouvelles élections en Catalogne. Le gouvernement actuel ne représente pas la majorité. Il devrait y avoir aussi des élections nationales en Espagne parce que la gestion du PP est lamentable. Il faudrait organiser un nouveau référendum validé par toutes les forces politiques, ou un nouveau statut d’autonomie validé lui aussi par l’ensemble de ces mêmes forces politiques ».
Fatima, Madrid.
« Avant d’arriver à cette situation inextricable – et l’on dirait que le gouvernement a tout fait pour y parvenir afin de pouvoir passer à l’offensive – tous auraient pu se mettre autour d’une table, parler et parvenir à un accord qui ne blesse personne.
Rajoy est un fasciste et je pense qu’il ne sera jamais favorable à aucun référendum, quel que soit ce référendum. Et notre ami catalan s’est comporté comme un authentique homo sapiens, se fichant de la constitution, des libertés et de la démocratie. Nous sommes nombreux et les choses ne peuvent plus se décider sans accord préalable, sans nous consulter.
Il aurait été plus simple de permettre le déroulement d’un référendum légal. Le « Non » l’aurait emporté car la majorité des catalans ne veulent pas de l’indépendance même si les choses peuvent bouger à la lueur de ce qui se passe ces jours-ci. Ce qui serait dommage.
Si j’en crois ce qui s’écrit dans les journaux et les réseaux sociaux, on commence à insulter les non-catalans qui vivent en Catalogne ; à montrer du doigt les familles qui ne se sont pas rendues aux urnes. Si nos parents pouvaient nous raconter l’Histoire, ils nous diraient que la guerre civile a commencé comme ça. Le pire, c’est que nous sommes au XXIème siècle, ce qui supposerait que nous aurions avancé un peu sur ces questions…»
Laura, Barcelone.
« Nous devrions avoir le droit d’organiser un référendum dans le cadre légal de l’Etat espagnol. S’il avait pu avoir lieu il y a quelques années, nous n’en serions pas là aujourd’hui.
La répression violente de la part de la guardia civil à l’encontre de citoyens qui allaient juste voter est totalement disproportionnée et injustifiable. S’il s’agissait d’empêcher le vote, il y avait d’autres moyens. Certes, le référendum était illégal, cela faisait deux semaines que tout le monde savait ce qui allait se passer et il aurait été tellement plus simple de laisser faire ce vote…
Le discours du Roi, rétrograde et obsolète, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.
L’idée d’un état fédéral est utopique mais elle serait la réponse idéale pour en finir avec tous les problèmes que connaît l’Espagne.
Nous avons perdu la démocratie le 1er octobre.
Les solutions… l’ambiance est délétère. Des deux côtés, les politiques devraient dialoguer afin de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Un Etat fédéral serait la peut-être la meilleure solution mais je n’y crois pas trop ».
Marisol, Madrid.
« Nous sommes tous préoccupés par la situation en Catalogne. De mon point de vue, je ne pense pas que l’indépendance soit le cœur du problème. Mais certains ont vu l’opportunité, en raison du désenchantement et du désespoir qui dominent depuis la crise économique, de faire pression sur l’Etat central et élargir ainsi le périmètre des compétences et économiques. Il semble que cette tentative leur échappe et nul ne peut arrêter le mouvement social qui est en marche. Cette pression est un coup de poker et on est dans le tout ou rien.
Sachant que le parti au pouvoir, le PP, n’a pas su gérer le problème par le dialogue, il a laissé la situation se détériorer jusqu’à atteindre ce point de non-retour dangereux car, conformément à son idéologie, il ne peut répondre que par la force. J’ai peur que l’on fasse appel à l’armée. Cela ferait des indépendantistes des victimes et tendrait encore plus la situation.
Le plus raisonnable serait d’ouvrir un dialogue avec l’ensemble des forces politiques. Depuis le temps, il faudrait songer à modifier la Constitution espagnole et le système des autonomies et parvenir, peut-être, à un Etat fédéral. Cela nécessite de tous un effort, une volonté politique qui pour l’instant font défaut. Tous ces changements devraient se réaliser en consultant l’ensemble de la population dans un même cadre légal garanti sur l’ensemble du territoire espagnol ».
Jordi, Barcelone.
« La répression ? Une démonstration d’impuissance d’un état répressif. Impensable dans une démocratie européenne au 21ème siècle.
Le discours du roi ? Une opportunité perdue d’être le médiateur du conflit. Décevant.
Un état fédéral ? Une chance rattrapée par les événements. Il y a trois ans, j’aurais signé les yeux fermés pour un état fédéral.
Où est la démocratie quand l’état espagnol ne respecte pas la séparation des pouvoirs ? Je n’ai pas peur de l’escalade mais si l’on en arrivait là, ce serait à la communauté internationale d’intervenir.
Une seule solution : la négociation ».
Ivan, Talavera de la Reina.
« En aucune manière je considère que ce qui s’est déroulé dimanche dernier était un référendum. Ce scrutin était hors la loi et la loi, il faut la respecter. L’Espagne est indivisible. Je crois que certains se racontent des histoires et réécrivent l’Histoire. Il faudrait supprimer les autonomies et rendre les compétences à l’Etat, en particulier pour ce qui relève de l’éducation. Les « putschistes » sont parvenus à diviser la Catalogne, l’Espagne.
Je ne parlerais pas de répression. Rayoy n’a pas eu le courage pour couper court à cette situation et il aurait dû envoyer Puigdemont  et ses amis en prison. Entre les partis putschistes de Catalogne qui bénéficient du soutien de Podemos, et la tiédeur du PSOE, la démocratie est en danger ».
Marga, Madrid.
« Le référendum était illégal, certes, mais on en est arrivé là parce que le parti au pouvoir a raté toutes les occasions de dialoguer.
La répression est une démonstration de force démesurée, dirigée contre les catalans mais approuvée par les électeurs du PP qui veulent un peuple catalan soumis.
Rien de nouveau du côté du roi dont le discours a été dicté par le gouvernement : aucune allusion aux blessés et au dialogue pourtant incontournable avec la Generalitat. La couronne se décrédibilise de toutes parts. Dans le cadre d’un état fédéral, les autonomies auraient les coudées franches pour gérer leur territoire ».
Fernando, Madrid.
« Le référendum était illégal, sans garanties quant à la participation de votants et du résultat. La répression démesurée et hors propos. Si le référendum était illégal, pourquoi alors user de la force ? L’intervention policière, la brutalité des images diffusées à la télévision ont poussé des électeurs qui n’avaient pas l’intention de voter à se rendre aux urnes ce jour-là.
Le discours du roi : déceptif, froid, distant comme s’il s’adressait à des habitants d’une autre planète. Pas un mot pour les blessés, et les « méchants » étaient tous catalans même si plus de la moitié des catalans ne veut pas de l’indépendance. Notre fonctionnement est presque celui d’un état fédéral. Il faudrait réfléchir à plus d’autonomie dans les statuts ».
Angelines, Madrid. 
« Jamais nous n’aurions dû arriver à de telles extrémités. A ce niveau, j’ai peur non seulement pour l’intégrité de l’Espagne mais peur de l’affrontement entre citoyens, qu’ils soient catalans ou d’ailleurs. Le gouvernement n’a pas été à la hauteur en ne donnant pas les lignes directrices à suivre et maintenant nous avons un peuple qui va tout faire pour donner de la voix.
J’ai honte de la répression. Mais je n’aime pas les manipulations des indépendantistes qui empêchent une partie de la population de s’exprimer tout comme je n’aime pas l’attitude du gouvernement.
Il faut un référendum légal et laisser les gens s’exprimer.
Cela me rappelle les débuts de la guerre civile qui débuta en Catalogne.
Je crois en un état fédéral, je crois que ce serait le meilleur chemin à emprunter ».
Alvaro, Madrid.
«Si l’on considère ce référendum illégal selon la constitution, il aurait fallu une feuille de route pour que cette consultation puisse se dérouler pacifiquement.
La police catalane était dans l’obligation d’empêcher le vote. Ne le faisant pas, elle a provoqué la réponse brutale de la guardia civil. Les images de la répression sont dures. Le discours du roi a été écrit par le PP et n’ouvre pas la voix au dialogue.
Il existe une vraie ligne de fracture dans la société catalane. L’éducation, l’apprentissage d’une culture et d’une histoire catalanes en dehors du récit national a fait des catalans des victimes ».
Juan-Miguel, Madrid.
« L’idéal eut été que se déroule un référendum négocié, légal, dont les résultats auraient été significatifs. Mais aucune des parties en présence n’a éprouvé le moindre intérêt à négocier. La gestion de la crise par le gouvernement espagnol est désastreuse et nombre d’observateurs estiment que la progression du « Oui » est liée à cette gestion.
La répression, brutale, s’est exercée contre des personnes pacifiques qui venaient voter. On n’a vu aucun signe de violence du côté des indépendantistes.
Pourquoi un tel acharnement à empêcher la tenue de ce référendum qui, de toute façon, était illégal? C’est incompréhensible.
Le discours du roi : lamentable. Il aurait pu saisir l’occasion pour se montrer à la hauteur, se montrer comme le roi de tous les espagnols. Visiblement, il n’est le roi que d’une partie. Il n’a dressé aucun pont, n’a pas appelé au dialogue. Bien au contraire, il a laissé la porte ouverte à une plus grande répression. A aucun moment il a regretté les actes de violences, comme s’il considérait que les catalans n’étaient déjà plus espagnols…
L’Espagne est une Nation de nations et un Etat fédéral pourrait être la solution.
Je crains une escalade. La Generalitat va déclarer unilatéralement l’indépendance et alors le gouvernement suspendra l’autonomie de la Catalogne. Si le gouvernement de Rajoy procède à des arrestations de membres du gouvernement catalan, cela signifie qu’il aura perdu la partie. Ce qui se passe en ce moment, personne ne l’oubliera. On est en train de semer de la haine dans chaque camp. Et peu de catalans voudront être espagnols.
Quelles solutions ? Peut-être une motion de censure et faire tomber Rajoy. Changer la Constitution, s’acheminer vers une République fédérale. Mais jamais le PSOE n’osera s’engager dans cette voie. Il faudra organiser un autre référendum parce que nous n’en sommes qu’au début… »
Begona, la Rioja
« Je suis démocrate et espagnole. J’agis toujours dans le cadre de la loi même si je ne suis pas toujours d’accord avec la loi. Le référendum catalan est anticonstitutionnel, illégal. Je n’aime pas ce qui se passe. Je n’approuve pas la violence, d’où qu’elle vienne, mais les forces de l’ordre font leur devoir et doivent répondre à la violence. L’Etat a mal agi, et toujours avec un train de retard mais on ne peut accepter l’idée d’un pays fragmenté, éclaté par une minorité dont l’objectif est de faire du mal à un des plus vieux pays du monde. Personne n’y est jamais parvenu et n’y parviendra.
S’il devait y avoir un autre référendum, il faudrait qu’il se déroule dans la légalité et permette à tous les Espagnols de voter : pas uniquement à une minorité de fanatiques. Dans ce pays, comme ailleurs, on a perdu la raison et le sens des responsabilités. Nous payons les conséquences d’agissements d’une poignée d’irresponsables et cela va blesser l’Espagne et ses citoyens ».
Photo Reuters/Jon Nazca
Propos recueillis et traduits par Marie-José Sirach
Article tiré de l’Humanité . le 6 octobre 2017
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