Les Pays-bas abandonnent le charbon

Le nouveau gouvernement conservateur de Mark Rutte annonce la fin de l’énergie fossile très polluante d’ici à 2030 et enjoint les autres membres de l’Union européenne de revoir à la hausse leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Sept mois après les élections législatives, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a réussi à former une coalition avec une très courte majorité au Parlement. Dans le plan de coalition présenté mardi, le nouveau gouvernement annonce une importante mesure pour accélérer la lutte contre le changement climatique : la sortie du charbon d’ici à 2030.

Aux Pays-Bas, les cinq dernières centrales électriques à charbon, une des énergies fossiles les plus polluantes au monde, sont sujettes à controverse, car elles ont coûté extrêmement cher à construire, et seulement trois ont été récemment terminées.

Le gouvernement de coalition conservateur a aussi interpellé, mardi, les Etats-membres de l’Union européenne sur leur politique climatique. Il demande à ce que soient revues à la hausse leurs ambitions de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2019, à l’échelle de l’UE. L’objectif fixé est actuellement de -40% pour 2030 (par rapport à 1990), mais devrait être porté à -55% d’après le gouvernement néerlandais. Les Pays-Bas s’engagent, eux, à les réduire de -49%, demandant ainsi aux Etats-membres les plus pollueurs de faire plus d’efforts qu’eux. Les Néerlandais ne sont pas de très bons élèves en matière de politique climatique : en juin 2015, la justice nationale a condamné le gouvernement et exigé à ce qu’il «fasse plus pour contrer le danger imminent causé par le changement climatique», après une action en justice menée par 900 citoyens.

Le Parlement européen a aussi demandé à la Commission et aux Etats-membres de revoir à la hausse leurs ambitions climatiques à plusieurs reprises. Et cela pourrait se concrétiser vendredi. Les ministres de l’Environnement européens doivent alors se prononcer sur le projet de règlement sur la répartition de l’effort (Effort Sharing Regulation, ESR), qui vise à partager entre les Etats les réductions d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. Cette «répartition de l’effort» concerne les secteurs non couverts par le système européen d’échange de quotas (ETS), soit 60% des émissions de GES de l’UE.

Photo de garde : REUTERS – Yves Herman
Aude Massiot avec Reuters
Article tiré de Libération  le 10 octobre 2017

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