Plus nombreux aux frontières du chômage

L’Institut national de la statistique (Insee) vient de rendre publique une étude sur le « halo » du chômage et le sous-emploi. Dans la région Paca, le phénomène explose , avec autant de personnes aux « frontières » du chômage que de chômeurs.

Un nouveau jargon a fait son apparition dans le monde de la statistique. On parle désormais de « halo » du chômage et de sous-emploi, pour qualifier les 248 000 personnes qui en Provence-Alpes-Côte d’Azur se situent aux frontières du chômage. Un phénomène observé depuis peu par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui a rendu publics hier à Marseille, les résultats d’une enquête portant sur ces 248 000 personnes, dont près de la moitié (107 000) se déclarent sans emploi et souhaitent travailler, « mais ne sont pas disponibles pour occuper un emploi ou n’effectuent pas de démarches pour en chercher ». Ces situations, souvent transitoires, constituent un « halo » du chômage, terme employé par l’Insee pour identifier ces personnes sans emploi alors qu’elles souhaitent travailler. Inscrites à Pôle emploi, faute de disponibilité ou de recherche active, elles ne font pas partie des chômeurs au sens du BIT, c’est à dire répondant à une série de critères, comme étant disponibles et avoir effectué une démarche active de recherche d’emploi.

Autre catégorie identifiée, celle des 141 000 personnes en situation de sous-emploi, dont la quasi totalité occupe un poste à temps partiel et souhaite travailler davantage, soit plus d’une personne en emploi sur dix. Ces multiples situations concernent, selon l’Insee autant de personnes aux frontières du chômage que de chômeurs. Soit 11,7% de la population régionale. Derrière la rudesse des chiffres, il s’agit explique Alberto Lopez, nouveau directeur régional de l’Insee « d’essayer d’ouvrir les yeux sur d’autres facettes du marché du travail ». Une nouvelle façon d’aborder le chômage, dont la communication est trop souvent focalisée sur un indicateur unique. Cette façon d’appréhender les chiffres du chômage ne cherche pas à stigmatiser les personnes, mais révèle des cas complexes, liés à une situation économique souvent dégradée.

Chômeurs découragés

L’ étude montre que dans ce « halo » du chômage, l’immense majorité des personnes sont généralement des « chômeurs découragés ». La plupart ont cessé de rechercher un emploi estimant que leur chance d’y parvenir devenait de plus en plus faible. Un phénomène qui tend à s’accroître avec l’âge et un niveau de qualification faible. De plus en plus marginalisés, ces « résignés » se heurtent trop souvent à une série d’obstacles pour réussir leur intégration sur le marché de l’emploi. Aux frontières du chômage, 7,2% des actifs occupent une situation de sous-emploi et l’immense majorité un emploi à temps partiel subi (contrats aidés, temps partiel, CDI..). « Halo » du chômage et sous-emploi, deux phénomènes en expansion depuis la crise de 2008.

La Direccte, partenaire de l’étude de l’Insee compte s’appuyer sur les résultats de cette enquête, pour décrire cette nouvelle complexité du marché du travail et apporter des réponses à la hauteur du phénomène.

Catherine Walgenwitz
Article tiré de la Marseillaise  le 26 octobre 2017

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