Catalogne – Rajoy dissout le Parlement catalan et convoque des élections

Le Parlement de Catalogne a adopté ce vendredi 27 octobre une résolution déclarant que la région devient un « Etat indépendant prenant la forme d’une République ». A Madrid, le chef du gouvernement espagnol annonce la destitution du Parlement catalan et des élections régionales le 21 décembre.

L’essentiel :

  • Le Parlement catalan a proclamé l’indépendance de la Catalogne par 70 voix pour, dix voix contre, et deux votes blancs, en l’absence de l’opposition.
  • A Madrid, le Sénat espagnol a approuvé à 214 voix contre 47 et une abstention  le recours à l’article 155 de la Constitution, plaçant la région sous tutelle.
  • Le chef du gouvernement central Mariano Rajoy destitue Carles Puigdemont et son gouvernement, et dissout le Parlement catalan.
  • L’Union européenne refuse unanimement de reconnaître la déclaration d’indépendance.

(Les horaires sont indiquées en heure de Paris et d’Espagne)

20h42 : A son tour, le Canada se prononce en faveur d’une « Espagne unie ». « Suivant les principes légaux internationaux reconnus par la Cour suprême du Canada, ces décisions doivent être prises au sein du cadre constitutionnel », a affirmé Andrew Leslie, le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, rejetant par conséquent la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement catalan.

« Un dialogue entre l’Espagne et la Catalogne au sein du cadre constitutionnel demeure la meilleure voie à suivre », a-t-il estimé.

20h34 : A l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, le chef du gouvernement central Mariano Rajoy annonce la destitution du président de la Generalitat Carles Puigdemont et son gouvernement, et la dissolution du Parlement catalan. Il annonce des élections régionales le 21 décembre.

« Ce sont les premières mesures que nous mettons en marche pour éviter que ceux qui étaient jusqu’à maintenant responsables de (l’exécutif catalan) puissent poursuivre leur escalade de désobéissance », a déclaré le président du gouvernement espagnol.

20h20 : A Barcelone, les indépendantistes se sont rassemblés sur la place San Jaume, le coeur administratif et politique de la région. La place et ses artères sont noires de monde, constate notre correspondante Leticia Farine. Après les larmes de joie et les embrassades, l’heure est à la fête. Verre d’alcool à la main, les manifestants chantent l’hymne catalan et crient les slogans de la lutte. « Vive la Catalogne », « vive la liberté », « les rues de Catalogne nous appartiendront toujours », lancent-ils.

Certains ont fait des centaines de kilomètres pour prendre part à ce que beaucoup considèrent comme la première fête de la République catalane. Malgré l’incertitude, certains disent ne pas avoir peur. D’autres reconnaissent être un peu nerveux à cause des conséquences de l’article 155, adopté par le Sénat, et de la possible répression de Madrid.

Des manifestants laissent éclater leur joie à Barcelone après que le Parlement catalan a déclaré l’indépendance de la Catalogne, le 27 octobre 2017.REUTERS/Yves Herman

 

20h03 : A Madrid, le chef du gouvernement Mariano Rajoy préside un Conseil des ministres extraordinaire.

Le Conseil des ministres extraordinaire réunit par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy doit étudier la mise en application de l’article 155 de la Constitution.REUTERS/Moncloa/Diego Crespo/Handout via REUTERS

 

19h17 : Après la déclaration d’Emmanuel Macron à la presse un peu plus tôt dans l’après-midi, Paris annonce officiellement ne pas reconnaître la déclaration d’indépendance de la Catalogne. « La Constitution de l’Espagne doit être respectée. C’est donc dans ce cadre, qui est celui de l’Etat de droit, que la question de la Catalogne doit être envisagée. C’est la raison pour laquelle la France ne reconnaît pas la déclaration d’indépendance que le Parlement catalan vient d’adopter », déclare le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans un communiqué.

18h47 : Après la déclaration d’indépendance du Parlement catalan, les banques catalanes ont chuté à la Bourse de Madrid. Banco Sabadell était en tête de la dégringolade, son cours perdant 4,85% à la clôture. Le mouvement de repli des entreprises vers d’autres régions espagnoles, déjà inquiétant, devrait s’accentuer.

18h42 : Le parquet général d’Espagne va engager la semaine prochaine une procédure judiciaire contre le président catalan Carles Puigdemont « pour rébellion ». Un délit passible d’une peine de prison allant jusqu’à 30 ans.

18h24 : A son tour, le Royaume-Uni déclare qu’il « ne reconnaît et ne reconnaîtra pasla déclaration unilatérale d’indépendance » de la Catalogne. « Elle est basée sur un vote qui a été déclaré illégal par les tribunaux espagnols. Nous continuons à vouloir voir l’Etat de droit maintenu, la Constitution espagnole respectée, et l’unité préservée », a annoncé un porte-parole du gouvernement britannique.

18h09 : L’Union européenne « n’a pas besoin d’autres fissures, d’autres fractures », a pour sa part estimé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui accompagne Emmanuel Macron en Guyane. « Je ne voudrais pas que demain l’Union européenne se compose de 95 Etats membres », a-t-il poursuivi.

18h07 : Mariano Rajoy « a mon plein soutien », a assuré le président français Emmanuel Macron, en visite en Guyane. « J’ai un interlocuteur en Espagne, c’est le Premier ministre Rajoy (…) Il y a un Etat de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles. Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien », a-t-il déclaré.

17h52 : L’Allemagne ne reconnaît pas la déclaration d’indépendance de la Catalogne. Sur Twitter, Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a affirmé que « le gouvernement allemand voit l’aggravation de la situation en Catalogne avec inquiétude » et « ne reconnaît pas une telle déclaration d’indépendance ».

Voir l'image sur Twitter
17h01 : Les Etats-Unis disent soutenir « l’unité » de l’Espagne. « La Catalogne fait partie intégrante de l’Espagne, et les Etats-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles du gouvernement espagnol visant à maintenir l’Espagne forte et unie », a indiqué le département d’Etat dans un communiqué.

 

16h41 : Le président catalan Carles Puigdemont appelle les Catalans à rester pacifiques et civiques. « Viennent des heures pendant lesquelles il nous faudra maintenir l’élan de ce pays (la Catalogne, ndlr) et le maintenir surtout sur le terrain de la paix, du civisme et de la dignité », a-t-il déclaré devant des députés et maires séparatistes à l’intérieur du Parlement catalan.

16h28 : Mariano Rajoy convoque un Conseil des ministres extraordinaire pour 18h (16h TU). C’est là que seront adoptées les premières mesures, c’est-à-dire la destitution du gouvernement régional et la mise sous tutelle directe de la police catalane. Des mesures qui vont être difficiles à mettre en oeuvre, car les partisans de l’indépendance ont déjà appelé à une campagne désobéissance civile.

16h17 : « Pour l’Union européenne, rien ne change, tweete Donald Tusk. L’Espagne reste notre seul interlocutrice. » Le président du Conseil européen appelle le gouvernement espagnol à favoriser « la force de l’argument, et non pas l’argument de la force ».

Depuis le début de la crise catalane, l’Union européenne a toujours montré son soutien très ferme au gouvernement central espagnol, au nom du respect de la « Constitution espagnole ».

16h12 : A Madrid, le Sénat espagnol approuve le recours à l’article 155 de la Constitution, plaçant la région sous tutelle. La proposition recueille 214 voix pour, 47 contre et une abstention.

15h39 : A Madrid, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a aussitôt réagi : « L’Etat de droit restaurera la légalité en Catalogne ».

15h29 : Le Parlement catalan déclare l’indépendance. La motion a été adoptée par 70 voix pour, dix voix contre, et deux votes blancs, a annoncé la présidente du Parlement régional, qui compte au total 135 élus. Le vote a été boycotté par les élus du Parti socialiste (PSOE), du Parti populaire (conservateurs, PP) et de Ciudadanos (centre), qui ont quitté l’hémicycle en signe de protestation.

Dans ses attendus, la résolution demande à l’exécutif catalan de négocier sa reconnaissance à l’étranger, alors qu’aucun Etat n’a manifesté son soutien aux indépendantistes.

Nous, représentants démocratiques du peuple de Catalogne, dans le libre exercice du droit à l’autodétermination et en accord avec le mandat que nous a octroyé la citoyenneté de Catalogne, nous constituons la République catalane en tant qu’Etat indépendant et souverain de droit, démocratique et social.
La présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, lit la motion de déclaration d’indépendance 27/10/2017

 

Cette proclamation solennelle avait déjà été signée, sans être votée, par les députés indépendantistes le 10 octobre. Le Tribunal constitutionnel espagnol l’avait alors invalidée, ainsi que le référendum d’autodétermination organisé par le gouvernement catalan le 1er octobre et toutes les mesures complémentaires.

L’annonce de la proclamation d’une République catalane a été saluée par les clameurs de joie de dizaines de milliers de manifestants indépendantistes à Barcelone massés à l’extérieur du parc abritant le Parlement catalan.

Le président catalan Carles Puigdemont et les députés applaudissent après le vote de la résolution déclarant que la Catalogne devient un Etat indépendant».
Photo de garde : Reuters/Susana Vera
Article tiré de RFI . le 27 octobre 2017
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s