Catalogne – Puigdemont prône une opposition démocratique à la mise sous tutelle

Au lendemain de la mise sous tutelle de la Catalogne et de la destitution de l’exécutif catalan, Carles Puigdemont appelle à résister. Le président destitué appelle « à s’opposer démocratiquement » à l’article 155. Une annonce faite lors d’une prise de parole ce samedi 28 octobre en début d’après-midi. Il a par ailleurs déclaré : « Nous continuerons à œuvrer pour construire un pays libre ». Dans le même temps, les partisans d’une Espagne unie ont manifesté à Madrid en soutien au gouvernement de Mariano Rajoy.

« Le message que je voulais vous adresser était de vous dire d’être patients, d’être persévérants et d’avoir de l’espoir. Et pour cela, nous savons que la meilleure façon de défendre les conquêtes que nous avons obtenues jusqu’aujourd’hui c’est de maintenir la démocratie », a déclaré Carles Puigdemont lors d’un discours télévisé.

Madrid a commencé à reprendre en mains les institutions catalanes conformément à l’article 155 de la Constitution. C’est le vice-président du gouvernement espagnol qui en a la charge. Plusieurs dirigeants ont été destitués, notamment le chef de la police catalane, héros des attentats du mois d’août, devenu depuis la bête noire de Madrid. Des élections seront convoquées en Catalogne le 21 décembre comme l’avait annoncé le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

« L’article 155 est une attaque à la volonté des Catalans qui depuis très longtemps se sont sentis menacés au sein de l’Europe, a poursuivi Carles Puigdemont. Nous devons le faire en nous protégeant de la répression et des menaces. En le faisant sans abandonner jamais, à aucun moment une conduite civique et pacifique», a ajouté le chef des indépendantistes.

Manifestation pour l’unité de l’Espagne

Et pendant ce temps, des centaines de milliers de personnes se sont réunies sur la place centrale Christophe Colomb à Madrid pour défendre l’unité de l’Espagne, rapporte notre correspondante à Madrid, Diane Cambon.

La Fondation pour la défense de la nation espagnole est à l’origine de la mobilisation. Ils sont venus en famille munis de leur drapeau espagnol, mais aussi catalan pour se joindre à cette manifestation, où le mot d’ordre est « Vive l’Espagne unie ».

Parmi les participants, certains appartiennent à des groupuscules d’extrême droite revendiquant un passé franquiste. La plupart d’entre eux exhibent le drapeau préconstitutionnel. D’autres, la majorité, se sont contentés de lever des pancartes sur lesquelles on peut lire le nom du président catalan : « Carles Puigdemont en prison ».

Depuis la tribune, un des dirigeants de la manifestation a lancé un message au ministre de l’Education espagnole désormais en charge de l’éducation en Catalogne après l’application de l’article 155 de la Constitution, permettant de prendre le contrôle de la Catalogne. Il lui a demandé « de mettre un frein à l’endoctrinement éducatif pro-indépendantiste dans les écoles ».


Oriol Junqueras futur numéro un du gouvernement catalan ?

Après sa destitution vendredi par Madrid, Carles Puigdemont pourrait être poursuivi à partir de lundi pour rébellion. Un crime dont la peine peut aller jusqu’à 30 ans de prison. Ce qui pourrait projeter son vice-président, Oriol Junqueras, sur le devant de la scène.

Il est le deuxième homme de la Catalogne, toujours à côté de Carles Puigdemont, Oriol Junqueras est un chantre du référendum, vice-président du gouvernement catalan depuis janvier 2016.

Cet ancien professeur d’histoire moderne et contemporaine a longtemps été présenté comme le prochain président de la Generalitat, le gouvernement catalan. Il raconte être indépendantiste depuis l’âge de 8 ans et affirme être prêt à tout pour voir la Catalogne devenir un Etat à part entière.

Issu des rangs de l’ERC, le parti indépendantiste de la gauche républicaine, c’est aussi l’un des premiers dirigeants catalans à avoir appelé dès 2014 à la désobéissance civile face à l’Espagne.

Ancien député européen et fin tacticien politique, Oriol Junqueras n’hésite pas à prendre la parole à la place de Puigdemont. Mercredi dernier, par exemple, il annonçait déjà, deux jours avant la déclaration d’indépendance, que Mariano Rajoy ne leur laissait pas d’autres choix.

Avant la crise actuelle, cet homme qui n’a pas sa langue dans sa poche multipliait les contacts avec le gouvernement de Madrid et à l’international. Une manière de préparer le terrain si Carles Puigdemont devait se retirer, et devenir ainsi le nouvel homme fort de la Catalogne.

Photo Reuters/Gonzalo Fuentes
Article tiré de RFI . le 28 octobre 2017

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