Facs – Le ministère fait sa sélection

La ­ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, présente lundi sa réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, qui prévoit que les établissements pourront choisir leurs ­étudiants. Les recalés qui maintiendraient leur choix pourraient se voir imposer une remise à niveau.

En présentant lundi sa réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, le gouvernement espère effacer une fois pour toutes l’effet désastreux du tirage au sort pratiqué depuis quelques années dans les filières les plus demandées, certaines universités s’étant résolues à ce système de tri. Mais plus que de déplorer le recours à cet expédient, Emmanuel Macron avait alors préféré dénoncer les causes de l’embouteillage. «Nous ferons en sorte que l’on arrête de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde», avait-il déclaré.

Derrière de tels propos, tant le syndicat étudiant Unef que celui des enseignants du supérieur Snesup-FSU ont vu la possibilité d’une sélection à l’entrée en fac. Un casus belli. Même rebaptisée «prérequis», la sélection reste une matière inflammable.

Aussi, dans la réforme qu’elle présentera lundi matin et que le Parisien a révélée dans son édition de dimanche, la ­ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, tente-elle de contourner la difficulté. Dans ce nouveau dispositif, les établissements pourront choisir leurs ­étudiants, ce qui ressemble bien à une forme de sélection. Mais les recalés, auxquels la filière souhaitée en suggérerait une autre, pourront maintenir leur choix. Et après  ? Soit les budgets permettent de créer les places nécessaires pour satisfaire les entêtés. Soit pas. Dans cette seconde hypothèse, budgétairement plus vraisemblable, «on s’oriente vers une sélection qui ne dit pas son nom», estime Hervé Cristofol, porte-parole du Snesup-FSU cité par le Parisien.

De plus, si les obstinés maintiennent leur choix malgré l’avis de leurs professeurs et celui de l’université, ils pourront se voir imposer une remise à niveau sous différentes formes  : stages, cours en ligne, modules supplémentaires. Sur cette possibilité, les commentaires sont un peu moins négatifs. La Fage, fédération étudiante, y voit une potentielle année utile, surtout si elle peut contenir des modules de la filière visée. Mais le flou sur les moyens et méthodes de cette innovation n’est pas près de mettre fin au débat.

Photo de garde : AFP – Patrick Kovarik
Sibylle Vincendon
Article tiré de Libération  le 29 octobre 2017

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