Espagne – Poursuivi en justice, que risque l’exécutif catalan ?

La Catalogne devrait rester sous tutelle jusqu’au 21 décembre, date retenue pour des élections régionales anticipées. Les dirigeants indépendantistes sont aujourd’hui poursuivis par la justice espagnole. Qui sont-ils ? Quel a été leur rôle et que risquent-ils ?

Le président catalan Carles Puigdemont et son vice-président Oriol Junqueras ont rejeté leur mise sous tutelle et appelé à la résistance pacifique. Les deux hommes, comme tous les membres de l’exécutif catalan, sont poursuivis par le procureur général de l’Etat espagnol, Jose Manuel Maza, pour rébellion, sédition et malversation. Ils risquent jusqu’à 30 ans de prison.

Sergi Sabria, le porte-parole d’ERC, le parti d’Oriol Junqueras, tient à rappeler que le procureur Maza « est soupçonné d’avoir des liens avec le parti populaire ». A ses yeux, la plainte relève de la « persécution politique, dans la même logique que nous avons en ce moment des prisonniers politiques ».

Sergi Sabria évoque le sort de Jordi Sanchez et de Jordi Cuixart, présidents de l’Assemblée nationale catalane et de Omnium, deux puissantes associations indépendantistes qui incarnent l’incroyable mobilisation de la société civile dans le mouvement indépendantiste.

La présidente du Parlement catalan Carme Forcadell est elle aussi en première ligne : elle a non seulement joué un rôle de premier plan dans la déclaration d’indépendance du 27 octobre, mais appartenait aussi à l’Assemblée nationale catalane. En conséquence, elle est également poursuivie par le procureur général.

Comme l’explique l’historien spécialiste de la Catalogne Benoit Pellistrandi, la présidente du Parlement « est une militante indépendantiste, qui était présidente de l’Assemblée nationale catalane ». Surtout, « ce qu’il faut savoir c’est que la plupart des membres du service juridique ont quitté le Parlement. Ils ont refusé d’assister à la proclamation d’indépendance parce qu’ils ont dit que c’était un vote anticonstitutionnel ».

Madrid a besoin des fonctionnaires catalans

Pourtant, les parlementaires qui ont voté en faveur de l‘indépendance devraient eux échapper aux poursuites, de même que la plupart des fonctionnaires et des maires qui ont pourtant participé au référendum du 1er octobre. Le gouvernement espagnol ne peut pas vraiment se passer des 200 000 fonctionnaires qui dépendent du gouvernement catalan, alors que seulement 100 000 fonctionnaires sont payés par l’Etat espagnol.

Cette mise sous tutelle est organisée dans la perspective des élections régionales du 21 décembre, auxquelles les principaux partis indépendantistes participeront malgré tout. Finalement ce sont les Catalans eux même qui vont trancher. Benoit Pellistrandi l’affirme, « il faut absolument que le vote du 21 décembre permette de voir quel est le rapport de force exact et de commencer une autre page de l’histoire catalane ».

Les organisations indépendantistes ont appelé à la désobéissance civile. Des instructions auraient été fournies aux fonctionnaires mais en attendant la plupart d’entre eux se sont rendus normalement à leur travail.

Photo de garde : REUTERS – Ivan Alvarado
Article tiré de RFI  le 31 octobre 2017

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