Un budget social d’austérité

Avec un déficit réduit à 2,2 milliards d’euros, l’effort le plus important est concentré sur la branche maladie, sommée de réaliser 3 milliards d’économie, dont 1,46 milliard attendu d’une« restructuration de l’offre de soins » qui va peser sur l’hôpital.

L’Assemblée nationale a adopté le 31 octobre, en première lecture, l’ensemble du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2018. Une semaine après l’adoption solennelle de la partie recettes du projet de loi de finance (PLF) et son avalanche de cadeaux fiscaux aux rentiers du capital et aux entreprises, les macroniens n’ont pas manqué de mettre en avant plusieurs mesures contenues dans le texte et censées, à leurs yeux, contrebalancer l’image de « président des riches » qui colle à Emmanuel Macron. Mais la plupart de ces mesures ont toutefois leur contrepartie négative.

Ainsi, le gouvernement revalorise de 100 euros sur trois ans le minimum vieillesse (803 euros) et, « en même temps », décide un gel des pensions de retraite en 2018. Il augmente l’allocation adulte handicapé (AAH), qui passera de 811 euros pour une personne seule à 860 euros au 1er novembre… 2018, mais rapproche les règles de prise en compte des revenus d’un couple à l’AAH de celles appliquées aux autres bénéficiaires de minima sociaux, comme le RSA, moins avantageuses. Au 1er octobre 2018, il revalorise de 30 % le complément libre choix du mode de garde pour les familles monoparentales pour un coût de 40 millions par an, mais aligne pour les enfants nés après le 1er juillet la prestation d’accueil du jeune enfant (184 euros/mois versés aux parents d’enfants de moins de 3 ans) sur les conditions de ressources et les montants (plus bas) du complément familial, ce qui permettra d’économiser à terme 540 millions par an.

C’est que le PLFSS est plus que jamais un budget d’austérité, avec un déficit réduit à 2,2 milliards d’euros, l’effort le plus important étant concentré sur la branche maladie, sommée de réaliser 3 milliards d’économie, dont 1,46 milliard attendu d’une « restructuration de l’offre de soins » qui va peser sur l’hôpital. Ce nouveau tour de vis a été éclipsé par le basculement des cotisations sociales sur la CSG, présenté avec insistance comme une réforme en faveur du pouvoir d’achat. Elle ne profitera toutefois ni aux 5 millions de fonctionnaires pour qui elle sera neutre, et encore moins aux 8 millions de retraités dont le revenu fiscal de référence dépasse 14 404 euros, qui y perdront. Les députés LREM ont préféré, dans un amendement surprise, baisser de 30 à 20 % la taxe sur les actions gratuites que les entreprises distribuent à leurs salariés, surtout à leurs cadres dirigeants. Pour leur premier budget social, les macroniens n’ont pas oublié de soigner leur clientèle.

Michel Soudais
Article tiré de Politis le 31 octobre 2017

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