Marseille – Un banquet avec des migrants sous les fenêtres du Préfet

Vendredi à midi, devant la Préfecture à Marseille, des migrants se sont rassemblés le temps d’un repas fraternel, mais bien déterminés à faire respecter leurs droits. Soutenus par l’association Al Manba et le collectif migrants13, ils étaient porteurs d’une lettre pour le préfet des Bouches-du-Rhône.

C’est leur initiative. Une manière festive mais sérieuse de se faire entendre. De ne pas sombrer dans l’indifférence, ni l’oubli. Et encore moins susciter des réactions de haine ou de rejet. Alors quel meilleur endroit que la Préfecture pour convier les gens à un banquet de solidarité et être sous les fenêtres pour se rappeler au bon souvenir de ces autorités qui menacent de les expulser d’un jour à l’autre. Car selon le règlement dit de Dublin, un seul Etat est responsable de l’examen d’une demande d’asile dans l’Union européenne. Soit le pays par lequel le migrant est entré et dans lequel il a été contrôlé, soit l’Etat qui lui a accordé un visa ou un titre de séjour.

Des pierres dans les chaussures

Autrement dit, pour la plupart de ceux qui sont ici aujourd’hui, peu de chances de pouvoir rester en France. Et pourtant, ont-ils écrit dans un courrier adressé à la fois au préfet des Bouches-du-Rhône et au peuple de France, « nous avons choisi ce pays pour sa réputation mondiale concernant les droits de l’être humain et l’accueil des réfugiés » ? Au préfet comme à l’opinion publique, ils ont rappelé que dans les pays de l’Union européenne qu’ils avaient traversé, ils avaient dû déposer leurs empreintes digitales et qu’ils ont donc pris la décision de faire une demande d’asile auprès de la République française. « Mais nos demandes ont été bloquées par le règlement de Dublin ». Impossible pour eux de retourner dans le premier pays d’Europe dont ils ont poussé les portes. Erythréens, Soudanais, Libyens ou Guinéens, des témoignages similaires « de refus d’asile dans le premier pays concerné. D’autres ont subi des actes racistes et certains encore ont été jetés à la rue ». En France, les choses ne se sont pas arrangées. « Contre la devise de la République, le gouvernement a mis en place des méthodes pour mette des pierres dans les chaussures des personnes en procédure de Dublin et favoriser les expulsions. Le dispositif Prahda, géré par Adoma qui oeuvre contre l’intérêt des demandeurs d’asile », en est un exemple. C’est la dernière escale avant l’expulsion.

« Nous ne sommes pourtant ni des assassins ni des voleurs, témoigne un jeune Guinéen. Et nous sollicitons Monsieur le Préfet pour qu’il stoppe les expulsions et permette l’accès aux études et à la formation professionnelle ».

Gérard Lanux
Article tiré de la Marseillaise  le 11 novembre 2017

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