A Bonn, Macron se fait le porte-voix du lobby nucléaire et du business as usual

Par sa présence à Bonn, pour la COP 23, Emmanuel Macron avait l’occasion de faire plus qu’un énième discours sur l’urgence climatique : à l’alerte scientifique doit succéder un sursaut politique. Quand les équilibres de la planète sont prêts à rompre, quand le seuil de l’irréversible est sur le point d’être franchi, comme le reconnaît Emmanuel Macron, on attend des chefs d’État qu’ils prennent des décisions courageuses et visionnaires. Ce mercredi 15 novembre, Emmanuel Macron a refusé d’endosser cette responsabilité.

A la tribune de l’ONU, de New York à Bonn, Emmanuel Macron se veut fer de lance de la lutte contre les dérèglements climatiques. Il a pourtant bien du mal à masquer la déjà trop longue liste de ses propres renoncements et décisions contraires à l’urgence climatique. A force d’effets d’annonce et de décisions contradictoires, Emmanuel Macron, en plus de démonétiser la parole de la France, n’a pas répondu à l’appel des 15000 scientifiques dont les analyses justifient de transformer extrêmement rapidement les soubassements matériels de notre formidable machine à détruire la planète – et les conditions de notre existence – qu’est l’économie mondiale.

Quand le fossé entre les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) annoncés en amont de la COP 21, et le niveau qu’ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement climatique mondial en deçà des 2°C fixés par l’article 2 de l’Accord de Paris devient abyssal, il n’est pas acceptable d’annoncer vouloir rénover les règles du commerce mondial tout en avalisant la mise en application provisoire du CETA qui n’est pas climato-compatible. Pas plus qu’il n’est acceptable d’affirmer que la France a pris l’engagement d’en finir avec les énergies fossiles quand le gouvernement a introduit de multiples exemptions et a refusé de réduire les importations d’hydrocarbures qui correspondent à 99% de la consommation française.

Utilisant la tribune de l’ONU pour tenter de justifier les renoncements de Nicolas Hulot en matière de transition énergétique, Emmanuel Macron s’est fait le porte-voix du lobby nucléaire au sein même des Nations-Unies, sommant l’opinion publique française et mondiale de choisir entre l’ambition climatique et la fermeture des réacteurs nucléaires. Couplée à des politiques d’efficacité et de sobriété énergétiques réellement ambitieuses, la fermeture des centrales nucléaires faciliterait pourtant le déploiement des énergies renouvelables – au ralenti dans le pays – et la réduction des émissions de GES pour le système énergétique pris dans son ensemble. Alors que les émissions de GES sont reparties à la hausse en France, Emmanuel Macron instrumentalise donc la crise climatique pour justifier le statu-quo nucléaire.

Pour Maxime Combes, économiste et membre d’Attac France et présent à Bonn, « Emmanuel Macron a franchi le seuil maximal autorisé d’hypocrisie climatique, cherchant à dissimuler ses multiples renoncements : de la validation du CETA qui n’est pas climato-compatible au sabordage de la taxe sur le transactions financières, source de financements pour le climat, Macron, sans un mot sur l’évasion fiscale qui soustrait des milliards d’euros aux pouvoirs publics, a prouvé que sa seule obsession est de ne surtout pas toucher aux fondements de cette formidable machine à réchauffer la planète qu’est notre insoutenable système économique. A l’alerte scientifiques aurait dû succéder un sursaut politique. Raté : le BusinesAsUsual l’emporte encore sur MakeThePlanetGreatAgain ».

Photo de garde : Wikimedia Commons
Communiqué d’ATTAC  du 15 novembre 2017

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