Les états masquent leur inaction derrière la marionnette Trump

Se substituer à Trump pour financer le groupe d’experts sur le climat (GIEC), l’annonce d’Emmanuel Macron. Une opposition qui permet d’éviter de passer à l’action.

Indésirables, provocateurs les Etats-Unis qui ont osé organiser une réunion à Bonn en pleine COP23 pour permettre à des conseillers de l’administration Trump et des dirigeants d’entreprises énergétiques américaines de défendre les énergies fossiles ? Sans doute. Mais également bien pratiques pour nombre de pays qui se réunissent dans cette conférence sur le climat. L’ingérable président américain leur permet de détourner l’attention de leurs propres faiblesses.

Après les discussions techniques, la COP23 est passée hier en phase politique. 150 ministres et responsables gouvernementaux – dont 25 chefs d’Etat et de gouvernement – doivent se succéder en deux jours à la tribune. Parmi eux, Emmanuel Macron et Angela Merkel, annoncés comme susceptibles de redonner un « élan » à l’accord de Paris. 18 ONG environnementales ont même appelé les deux dirigeants à faire de la transition écologique en Europe leur « priorité ».

Emmanuel Macron a encore agité l’épouvantail Trump en surfant cette fois sur le GIEC, le groupement d’experts internationaux qui produit les rapports sur lesquels s’appuient ces conférences climat. « Je peux vous garantir qu’à partir de 2018, pas un centime ne manquera au GIEC » a-t-il clamé après avoir affirmer qu’il fallait que « L’Europe se substitue aux Américains ». Un discours bien creux en regard de ce qu’a affirmé avant lui Antonio Guterres qui n’est « que » secrétaire général de l’ONU : « En 2016, un montant estimé à 825 milliards de dollars a été investi dans les énergies fossiles et les secteurs générant des émissions élevées ». Et d’appeler clairement à arrêter d’investir dans des énergies fossiles qui promettent « un avenir insoutenable ».

Make planete great again… et ?

Si la marionnette est utile, Trump n’est pourtant pas le seul responsable du redémarrage à la hausse des émissions de gaz à effet de serre comme l’a souligné un rapport du Global Carbon Projet durant cette COP23. Pourtant, c’était avant son arrivée que les objectifs définis dans l’Accord de Paris ont été qualifiés d’insuffisants par les scientifiques pour atteindre l’objectif d’un réchauffement de 2°C.

« Il faut plus que des discours chaleureux » a encore commenté à Bonn Mohamed Adow qui s’occupe d’une ONG qui défend les pays vulnérables, Emmanuel Macron est ici un cas d’école. Son « make our planete again » en réponse au désengagement des Etats-Unis de l’Accord de Paris a attiré tous les regards. Mais depuis ? Depuis , il a permis l’entrée en vigueur du CETA malgré ses engagements, il a bloqué les négociations pour une taxe européenne sur les transactions financières qui était justement censée financer la transition, il a supprimé les aides au maintien de l’agriculture biologique, réduit les financements des territoires à énergie positive et refuser d’augmenter les financements pour le développement des énergies renouvelables…

La chancelière allemande n’a finalement rien à lui envier puisqu’elle comptait capitaliser sur son image de championne de climat construite dans les années 1990 au ministère de l’Environnement allemand pour faire passer qu’elle ne comptait pas désindustrialiser son pays pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre et pour garder le silence sur la production allemande de charbon.

Photo de garde : AFP
Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise  le 16 novembre 2017

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