L’idée d’une autre société chemine

Au delà du refus des ordonnances Macron, une perspective de profonde transformation sociale se cherche dans les cortèges. A Marseille, élus et militants politiques livrent leur point de vue, parfois divergents, sur les suites à donner au mouvement.

Avec les manifestants de jeudi, c’était aussi l’idée d’une autre société qui avançait dans les rues de Marseille. Au point fixe du PCF, devant la chambre de commerce, les militants diffusent une invitation pour un débat sur le « code du Travail du XXIe siècle ». Un prolongement naturel de la manifestation estime Jérémy Bacchi, le secrétaire départemental.

« La place des communistes est d’être aux côtés des salariés et de leurs organisations syndicales. Et nous voulons aussi mettre nos contre-propositions en débat* », explique-t-il en plaidant pour « aller vers les 32h, une sécurité de l’emploi et de la formation, la retraite à 60 ans… ». Utopique ? « Quelques jours après la tirade d’Emmanuel Macron sur les premiers de cordées, on apprenait avec les paradise papers l’ampleur de leur optimisation -ou pire- de leur évasion fiscale. 100 milliards d’euros ! Alors que pour récupérer 16 milliards par an on nous fait travailler deux ans de plus, », martèle le communiste.

Parmi les intervenants du débat, Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône, est dans la rue avec les salariés mobilisés de sa circonscription. Il sera reçu ce soir en sous-préfecture d’Istres pour s’opposer à la suppression des contrats aidés et demander leur transformation en emplois stables.

Sur la Canebière, Isabelle Bonnet, porte-parole régionale de Lutte ouvrière marque son désaccord avec Jean-Luc Mélenchon qui a « donné le point » au président de la République dans la presse. « Macron n’a certainement pas marqué le point. Ceux qui subissent l’offensive sont là pour dire non. On n’a pas d’autres choix que la rue, la manifestation, la grève pour ne pas passer sous le rouleau compresseur », insiste-t-elle.

De l’autre côté de la grande artère marseillaise, Jean-Marie Battini (NPA), souligne que « Macron et son camp social sont à l’offensive. Il faut répondre avec la même force malgré nos différences. Marcher séparément et frapper ensemble. »

Divisions

Devant le théâtre des Bernardines, Jean-Mélenchon est très attendu au point fixe de la France insoumise. Le député de Marseille finit par s’avancer à contre-sens de la manifestation. Aussitôt entouré d’une forêt de caméras, il lance : « être ici c’est mon devoir mais la mobilisation a beaucoup pâti de la division syndicale d’une part, et d’autre part de la séparation entre forces politiques, sociales et associatives ». « Quand nous avons fait notre marche, nous étions des dizaines de milliers mais tout le monde nous a engueulé dans le champ syndical. Il faut que les directions syndicales acceptent de le reconnaître », affirme-t-il. Impatients de le voir de près ses partisans scandent aux médias : « libérez Jean-Luc ! Rendez-nous Jean-Luc ! »

Les manifestants s’éloignent déjà avant de se quitter place Castellane. Avec eux, l’idée d’une autre société repart aux quatre coins du département. Pour revenir plus forte bientôt.

 Léo Purguette
Article tiré de la Marseillaise  le 17 novembre 2017`

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