Ecoliers sans-abri – La mobilisation des parents ne faiblit pas

Pour alerter sur la situation des 233 enfants scolarisés qui dorment dans la rue, des goûters et des occupations d’écoles ont eu lieu ce mardi dans la métropole.

A Lyon, les goûters se sont envenimés. Lundi, les collectifs «Jamais sans toit» et «Pas d’enfant sans toit» avaient annoncé une quinzaine de rendez-vous «solidaires» dans l’agglomération afin d’alerter sur la situation des 233 enfants scolarisés qui dorment aujourd’hui à la rue. Au menu des buffets dressés à Lyon, mais aussi dans les villes voisines de Villeurbanne, Vénissieux et Vaulx-en-Velin, des gâteaux, des quiches, des soupes et des occupations. Alors que la dernière tentative, le 20 octobre, du collectif de parents du groupe scolaire Lucie-Aubrac (IIarrondissement) s’était soldée par une évacuation par la police moins de deux jours plus tard, quatre écoles de la métropole ont de nouveau été investies dans la soirée de lundi. Sous le regard de la police municipale, qui avait été déployée en prévision de cette mobilisation.

«Ce n’est pas une solution, c’est un cri»

A Lucie-Aubrac, une cinquantaine de «parents citoyens» ont de nouveau occupé l’établissement de manière «symbolique» et «pacifique», explique Xavier Décolleter, membre du collectif «Jamais d’enfant sans toit». En réponse, un déploiement «assez impressionnant» de la police nationale, estime-t-il. «Il y avait quatre fourgons plus quatre voitures, deux agents sont entrés dans l’école armés de flash-ball.» Sans pour autant procéder à une expulsion. Partis de leur plein gré, les parents avaient nettoyé les salles de classe pour la reprise des cours ce mardi matin. A Grandclément, établissement de Villeurbanne, c’est l’adjoint au maire de la ville qui est venu, vers 21 heures, demander aux occupants de partir, menaçant d’appeler les forces de l’ordre et de porter plainte. L’école était libérée dans la demi-heure.

Durant le conseil municipal de Lyon, qui se tenait aussi lundi, le maire, Georges Képénékian, a rappelé que les occupations ne constituaient pas, selon lui, une «bonne solution». La riposte du collectif Pas d’enfant sans toit n’a pas tardé : «Ce n’est pas une solution, c’est un cri, une profonde indignation.» A l’école Robert-Doisneau (Ier arrondissement), l’occupation va être reconduite ce mardi soir, pour une durée indéterminée : «Ici, nous avons six familles dont onze enfants à la rue, sous tentes. L’une d’elles dort sans, dans un coin de la gare de Perrache, avec un petit de 3 ans asthmatique, explique Mathieu, membre de Jamais sans toit. Ne rien faire, c’est une mise en danger. On espère qu’on ne sera pas empêchés de les mettre à l’abri.»

Photo de garde : AFP – Jeff Pachoud
Maïté Darnault 
Article tiré de Libération le 21 novembre 2017

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