Jean-Luc Mélenchon dresse un constat lucide au goût amer

Lors de la convention de son mouvement, le leader de la France insoumise a fait le point sur la situation. Le député n’a pas caché les difficultés de l’opposition face à la «violence du gouvernement». Mais il ne désespère pas.

Jean-Luc Mélenchon se pointe sur la petite scène au centre de la Grande halle, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il ouvre la convention de la France insoumise. Au milieu des siens, la tenue est inhabituelle. Le député de Marseille a laissé tombé sa blouse de travailleur. Celle qu’il enfile à chacun de ses discours. Ce samedi, la veste de costume est bleue, la cravate est rouge. Il multiplie les petits pas. Marche sur la scène. Ses mains sont souvent dans ses poches. Le ton est posé. Le sentiment d’assister à une réunion de famille. Le leader qui se confie avant le repas. On a entendu des mots comme «pouilles», «noises», «pitchounes» et «carabistouilles».

Les mauvaises nouvelles d’abord. Les dernières semaines ont été compliqués. Emmanuel Macron a réformé le Code du travail sans grande difficulté. La France insoumise a été plongée dans l’essoreuse à polémiques, notamment avec «l’ignoble monsieur Valls et ses aboiements», dixit le tribun. Il cherche le bon côté : «Nous ne renonçons pas à l’honneur d’être une cible.» Ces derniers temps, le mouvement s’est crispé autour de la laïcité, un sujet qui fait vibrer certains politiciens de gauche et de droite. Au sein de la France insoumise, plusieurs tendances cohabitent. «Je sais bien que c’est déroutant mais notre mouvement est homogène. Personne n’est obligé de répéter ce que je dis», assume Jean-Luc Mélenchon. Puis, il prévient : «La laïcité ne doit pas être un prétexte pour s’attaquer à une religion, l’islam.»

Tout au long de son discours, le chef des députés insoumis – à la baisse dans les sondages – fait référence à sa supposée déprime. Il en rigole. Préfère employer le mot «lucidité». Lire : ne pas esquiver les problèmes. «Hélas, c’est loin d’être terminé», souffle-t-il. Selon lui, Emmanuel Macron, le président «des riches», qu’il surnomme «Zorro», étouffe les communes, les petits maires et roule pour la France qui va bien, l’Europe «du fric». Il balance un cri en forme de slogan : «Les puissants, vous ne savez pas ce que c’est que d’aimer son travail, vous ne savez pas ce que c’est. La France n’est pas vouée aux riches. Et nous n’avons pas besoin d’eux – le gouvernement – pour organiser notre société sur la base de solidarité.»

«Advienne que pourra»

Le constat amer laisse place aux accusations et à la lumière. Ça donne : «Aujourd’hui, nous sommes candidat à être les meilleurs, les plus engagés.» Ou : «Seule la lutte paie, parce qu’ils n’entendent rien d’autre.» Jean-Luc Mélenchon accuse les syndicats, «alias le vieux monde», ceux avec qui il voulait marcher sur les Champs-Elysées de ne pas avoir su soulever les foules et rendre la vie dure à Emmanuel Macron. Bien évidemment, il est innocent. Les fautifs, c’est les autres. Il n’oublie pas les communistes, les socialistes avec au passage une dédicace à Olivier Dussopt, le député PS qui a rejoint le gouvernement trois jours après voté contre le budget. «Tromperie sur la marchandise», dit-il. Une manière de dire qu’on ne peut faire confiance à personne sauf à lui et son mouvement.

Une opposition, ça s’entretient. Il faut sans cesse chercher des raisons de se motiver pour motiver ses troupes. Jean-Luc Mélenchon a trouvé un chemin dans la dernière édition du Canard Enchaîné. Il pourrait y avoir plusieurs dizaines d’élections partielles à la suite d’irrégularités lors des dernières législatives. La France insoumise sera «partout», se réjouit-il. Les présents ont applaudi. Une sorte de petit match retour. Il a également souligné qu’une liste «Europe Insoumise avec Podemos, nos amis grecs et portugais» verra le jour, lors des élections européennes si les transnationales sont autorisés. Les urnes, son meilleur remède. A la fin de son discours, avant de citer du Victor Hugo, Jean-Luc Mélenchon a répété à plusieurs reprises : «Je fais ce qui est juste et advienne que pourra.» Sa façon à lui de se convaincre.

Photo de garde : Ludovic Combe
Rachid Laïreche 
Article tiré de Libération  le 25 novembre 2017

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Une réflexion sur “ Jean-Luc Mélenchon dresse un constat lucide au goût amer

  1. et oui!!!et il a raison!!! c’est la faute des syndicats!! personne capable de se rallier pour ne faire qu’une masse au lieu de pleins de petites actions a gauche ou droite sans suite!! alors arretez de prendre JLM pour un con!! il fait tout ce qu’il peut pour eviter les magouilles et faire en sorte que la FI soit efficace!! ce n’est pas en le critiquant sans cesse que vous aller rallier les gens!!

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