Vaccins, stationnement payant, CSG – Ce qui change au 1er janvier

C’est de coutume : le premier jour de la nouvelle année est marqué par son avalanche de petits et grands chambardements. Le 1er janvier 2018 annonce donc son lot d’ajustements. En voici la liste.

Conso

Timbres. Comme l’an passé, les tarifs postaux vont augmenter de 5% cette année. Ainsi, le prix du timbre rouge passe de 85 à 95 centimes, tandis que celui du timbre vert passe de 73 à 80 centimes et l’Ecopli de 71 à 78. Les tarifs Colissimo augmentent eux de 1,5%.

Carburant. En raison de l’alignement progressif de la fiscalité du gazole, cancérogène, sur celle de l’essence d’ici à 2021, les prix à la pompe augmentent également. La hausse est de 7,6 centimes par litre pour le diesel et de 3,84 centimes pour l’essence.

Energie. La hausse de la taxe carbone aura des conséquences sur les tarifs du gaz appliqués par Engie. Le 1er janvier, les factures vont en effet augmenter de 6,9% en moyenne. Une partie de cette hausse, «sévère» selon le Figaro, vient de la hausse des prix pour les consommateurs : de 0,7% pour ceux qui utilisent le gaz naturel pour la cuisson à 2,4% pour ceux qui l’utilisent pour se chauffer.

Epargne. Malgré l’opposition qu’elle suscitait, la «flat tax» chère à Emmanuel Macron entrera en vigueur dès le 1er janvier. Autrement dit, dès lundi, les revenus du capital mobilier (intérêts, dividendes, plus-values, etc.), seront soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 30%. A l’inverse des intérêts des plans épargne logement (EPL), qui y sont soumis, les placements comme le Livret A, le PEA (plan épargne en actions) ou les contrats d’assurance-vie de moins de 150 000 euros de plus de huit ans ne sont pas concernés.

Frais bancaires. C’est une petite hausse, mais une hausse quand même. Après avoir fortement augmenté ces trois dernières années, les frais bancaires toutes banques confondues vont de nouveau prendre 0,25% en moyenne pour s’établir à 194,30 euros par client selon le comparateur Panorabanques pour le Parisien. Les frais de «tenue de compte» devraient s’élever en moyenne à 18,50 euros par an contre 18 euros en 2017.

Social / Emploi

Smic. Pour la douzième année consécutive, pas de coup de pouce pour le salaire minimum. En 2018, la revalorisation légale du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) s’élèvera cependant à 1,24%. Ainsi, le taux horaire du SMIC sera porté de 9,76 euros à 9,88 euros. Pour un salarié à temps plein, cette hausse correspond à 18 euros mensuels en plus, pour atteindre 1 498,50 euros brut soit 1 150 euros net.

CSG. Dans le cadre du budget 2018, la contribution sociale généralisée (CSG) va prendre 1,7 point avec la nouvelle année – y compris sur les retraites. Cette hausse, censée rapporter 22 milliards dans les caisses de l’Etat, sera compensée par la suppression en deux temps des cotisations chômage et maladie pour les salariés et les indépendants. En revanche, ce «gain de pouvoir d’achat» ne concerne pas les fonctionnaires.

Feuille de paye. Déjà obligatoire depuis un an pour les entreprises d’au moins 300 salariés, le bulletin de paye simplifié va être généralisé lundi.

Arrêt maladie. Etabli par la droite, puis supprimé par François Hollande, le jour de carence dans la fonction publique fait son grand retour. Concrètement, en cas d’arrêt maladie, les fonctionnaires ne seront indemnisés qu’à partir du deuxième jour de leur congé maladie.

Crédit d’impôt pour emploi d’une personne à domicile. Jusqu’à présent, seuls les salariés et les demandeurs d’emploi pouvaient obtenir un crédit d’impôt pour leurs dépenses de garde d’enfant à domicile, de soutien scolaire ou de jardinage. Mais au 1er janvier, cet avantage fiscal va être généralisé aux retraités et aux personnes non imposables. Le taux de ce crédit d’impôt reste, lui, à 30% du montant des dépenses engagées.

RSI. C’était une proposition du candidat Macron : le régime social des indépendants (RSI), qui concerne depuis 2006 les artisans, les commerçants et les professions libérales va être progressivement aligné sur le régime général de la Sécurité sociale. Cette intégration de près de 6 millions de personnes doit se faire en deux ans.

CPA. Entré en vigueur au 1er janvier 2017, le compte personnel d’activité (CPA) va cette fois-ci être étendu travailleurs indépendants, professions libérales et professions non-salariées (et leurs conjoints) ainsi qu’aux artistes-auteurs.

Santé

Vaccins. La coqueluche, la rougeole, l’hépatite B, ou le méningocoque C : au 1er janvier, onze vaccins seront obligatoires pour la petite enfance, contre trois aujourd’hui (tétanos, polio, diphtérie). Une politique vaccinale qui, dans les faits, est déjà plébiscitée par les Français.

Forfait hospitalier. A partir de lundi, les patients paieront plus cher la journée d’hospitalisation. Le forfait hospitalier va en effet augmenter de deux euros, pour passer à 20 euros par jour. Cette dépense reste prise en charge par les complémentaires santé pour ceux qui en disposent.

Médicaments. Pas de chance pour ceux qui souffrent de lombalgies répétées. Dès le 2 janvier, les médicaments à base de thiocolchicoside sous forme de comprimés ou de gélules (Coltramyl, Miorel, Myoplege) contre le mal de dos ne seront plus remboursés.

Soins funéraires. Ils en étaient privés depuis un arrêté de 1986. Avec la nouvelle année, les défunts séropositifs au VIH, au VHB ou au VHC pourront recevoir des soins funéraires de conservation en raison de la levée de l’interdiction par la ministre de la Santé.

Publicité. Fini la publicité avant pendant et après les dessins animés sur le service public. Conformément à une proposition de loi écologiste votée il y a un an, la diffusion de spots publicitaires est interdite autour des émissions pour les moins de 12 ans des chaînes et des sites de France Télévisions. Cette interdiction est censée permettre de lutter contre l’obésité infantile.

Environnement

Chèque énergie. Expérimentés jusque-là dans quatre départements (Ardèche, Aveyron, Côtes d’Armor et Pas-de-Calais), les chèques énergie de Ségolène Royal seront généralisés au 1er janvier. Cette enveloppe de 150 euros en moyenne par ménage remplace les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité. Elle doit permettre à 4 millions de ménages modestes (moins de 16 100 euros annuels pour un couple avec deux enfants) de payer directement leurs factures auprès des fournisseurs voire de financer des travaux de rénovation énergétique du logement pour changer une vieille chaudière par exemple.

Crédit d’impôt pour la transition énergétique. Avant d’être transformé en prime en 2019, le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite), un avantage fiscal permettant de financer des travaux d’isolation dans les logements va être allégé. Ainsi, les dépenses pour l’installation de chaudières à fioul, de fenêtres à double vitrage ou de portes et volets isolants ne seront plus susceptibles d’être partiellement restituées.

Prime à l’auto. Les automobilistes qui souhaitent vendre leur vieille voiture à essence (antérieure à 1997) ou à diesel (antérieure à 2006) pour en acheter une plus récente pourront toucher dès lundi une «prime à la conversion». Le montant de cette aide mise en place par Nicolas Hulot est de l’ordre de 1 000 à 2 000 euros en fonction du type du véhicule, 2 500 euros pour l’achat d’un modèle électrique sans oublier le bonus et le malus. L’objectif : sortir 100 000 véhicules polluants du parc en 2018.

Vélo. C’est désormais obligatoire : les entreprises de plus de 100 personnes, secteur public exclu, vont devoir présenter un «plan de mobilité» concernant leurs salariés en 2018. L’objectif de ce plan de déplacement en entreprise est de favoriser les modes dits alternatifs à la voiture individuelle comme le vélo, le covoiturage ou le télétravail.

Droits

Logement. Pour prévenir les risques d’incendie ou d’intoxication, les propriétaires sont désormais tenus de fournir à leurs locataires deux diagnostics supplémentaires sur l’état des installations électriques et de gaz, y compris pour un logement de moins de 15 ans. S’ils font défaut, la responsabilité de son propriétaire-bailleur peut être engagée devant un tribunal.

Logement social. De nouvelles règles pour régir la perte du droit au maintien des locataires HLM entrent en vigueur lundi. Conséquences de la loi égalité et citoyenneté, elles abaissent d’abord le plafond de ressources au-delà duquel les locataires sont déchus de leur droit de rester dans le logement. Le délai pour déménager est lui abaissé à dix-huit mois (contre trois ans auparavant). Ces mesures ne s’appliquent pas ne s’applique pas aux 65 ans et plus, aux handicapés ou à ceux ayant à leur charge une personne handicapée.

Stationnement payant. Fini la prune de 17 euros pour ne pas avoir payé une place de parking. Au 1er janvier, les automobilistes devront désormais s’acquitter d’un «forfait de post-stationnement» en guise d’amende, dont le montant est fixé au même titre que le tarif de stationnement par la commune. Au bout de trois mois, les impayés seront évidemment majorés.

Permis de conduire. Les futurs candidats au permis de conduire B et B1 devront plancher un peu plus. Désormais, ils devront en effet répondre à une question sur les gestes de premiers secours à côté des questions techniques et de sécurité routière lors de l’examen pratique.

Territoires

Corse. Les représentants autonomistes et indépendantistes, vainqueurs des élections territoriales du 10 décembre, vont pouvoir siéger dans leur nouvelle assemblée : lundi, les départements et la région corses fusionnent pour devenir une collectivité unique, «territoire privilégié pour tester et mettre en œuvre ce pacte girondin» selon le Premier ministre. Cette fusion, actée par la loi NOTRe de 2015, n’entraîne en revanche aucune mutation des compétences, des recettes et des personnels de la nouvelle collectivité territoriale.

Mayotte. Dix-huit ans après les lois Aubry sur la réduction du temps de travail, les Mahorais vont eux aussi passer aux 35 heures, au lieu de 39 actuellement, dans les entreprises de plus de 20 salariés. Les habitants de Mayotte vont aussi bénéficier de certaines conventions collectives, de la rupture conventionnelle, de la prime de précarité en raison de la mise en application de 95% du code du travail

.Photo AFP/Fred Tanneau
Florian Bardon
Article tiré de Libération  le 31 décembre 2017

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