Macron et May signent un traité sur le contrôle de l’immigration à leur frontière

Le traité signé par les deux chefs d’Etat réunis ce jeudi 18 janvier à l’Académie militaire de Sandhurst, à l’ouest de Londres, vise à « améliorer la gestion technique, opérationnelle de cette frontière commune », selon les propos d’Emmanuel Macron. Londres a promis une enveloppe supplémentaire de 50,5 millions d’euros pour contribuer à un meilleur contrôle frontalier sur le sol français.

Le traité de Sandhurst, signé par les deux pays ce jeudi à l’école britannique de formation des officiers de l’armée royale, complète les accords du Touquet de 2004. Ceux-ci ne sont pas parvenus à contrôler le flux continu de candidats à l’immigration au Royaume-Uni depuis la France.

Emmanuel Macron, qui s’est rendu en début de semaine dans la sous-préfecture du Pas-de-Calais, ville emblématique du phénomène migratoire en Europe, a estimé ce jeudi que la situation n’était « pas satisfaisante à Calais ».

Ce nouvel accord a pour finalité d’accélérer la gestion de l’accueil des migrants pouvant prétendre à être accueillis au Royaume-Uni. Les délais passeront « de six mois à 30 jours pour les majeurs et de six mois à 25 jours pour les mineurs non accompagnés » qui ont de la famille en Grande-Bretagne, a affirmé le président français lors d’une conférence de presse avec Theresa May.

Le traité devrait, assure le président français « nous permettre de changer en profondeur les choses, aussi pour mineurs vulnérables (…) d’avoir une approche plus humaine, plus efficace, et de préserver la qualité de notre frontière commune », a-t-il ajouté. « Je pense que ce traité va nous permettre de changer en profondeur les choses (…). C’est pour moi une avancée majeure », a-t-il insisté.

« Entente cordiale »

De son côté, la cheffe du gouvernement britannique, qui mène à Londres un long combat pour sortir le Royaume-Uni de l’UE, entendait renforcer les liens avec Paris, comme en témoignent ses propositions d’aide financière. Downing Street a ainsi fait part de son intention d’augmenter de 44,5 millions de livres (50,5 millions d’euros) sa contribution financière au contrôle de la frontière à Calais, suite à une demande de la France. « Nous renforcerons les infrastructures de sécurité avec davantage de vidéosurveillance, des clôtures et des technologies infrarouges à Calais et dans d’autres postes-frontière », a assuré Theresa May.

Ce renforcement de la collaboration franco-britannique s’est également concrétisé dans le secteur de la défense avec la mise à disposition par le Royaume-Uni d’hélicoptères « lourds » pour  appuyer les opérations françaises au Sahel et  au Sahara.

Plus symboliquement, « l’entente cordiale » vantée par les deux chefs d’Etat a été scellée par le prêt aux Britanniques de la tapisserie Bayeux, chef-d’oeuvre du XIe siècle qui relate la défaite de l’Angleterre face à l’invasion du duc de Normandie Guillaume le Conquérant. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir la presse à sensation. « La France demande 45 millions de livres supplémentaires pour stopper les migrants à Calais, et on nous prête la tapisserie de Bayeux comme lot de consolation », s’est indigné le tabloïd europhobe Daily Mail, qui dénonce un « coup monté ».

Photo Stefan Rousseau/Pool
Article tiré de RFI  le 18 janvier 2018

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