Trump, une année dans tous les sens

Coup de projecteur sur quatre personnalités, quatre lieux, quatre scrutins et quatre expressions qui racontent la première année de mandat du président américain.

Dès l’investiture de Donald Trump à Washington D.C., cette ville synonyme pour lui de l’establishment, ce «marais» qu’il avait promis à ses supporteurs «d’assécher», l’Amérique a montré ses deux visages et ses fractures. Sur le Mall de D.C., le vendredi 20 janvier 2017, ses partisans sont venus écouter son premier discours de président. «Ce que j’aime vraiment avec Trump, c’est qu’il est un stéréotype d’Américain,nous avait raconté Tim, un étudiant en comptabilité de Pittsburgh. C’est un homme du peuple, il parle notre langue, il ne fait pas partie de l’élite et d’ailleurs, le parti ne l’a pas soutenu au début.» 

Même endroit, même heure, mais le lendemain, c’est une tout autre Amérique qui piétine la pelouse du Mall, face au Capitole. La Women’s March, prologue d’une année où les femmes ont, jusqu’au mouvement MeToo, occupé le devant de la scène, a réuni au moins un demi-million de personnes dans la capitale américaine, et autour de 4 millions de manifestants dans tout le pays. Les organisatrices ont voulu non pas une manifestation «anti-Trump» mais «pro-femmes». La plupart des pancartes étaient pourtant sans ambiguïté. «Love trumps hate» («l’amour l’emporte sur la haine»), «Not my president» («Pas mon président»)«De ma longue vie, je n’avais encore jamais vu une telle effusion de démocratie», a lancé à la tribune l’icône féministe Gloria Steinem, 82 ans.

Ce samedi, cela fait déjà un an ce samedi que Donald Trump a été investi 45e président des Etats-Unis. Déjà un an que Libération chronique les guerres intestines à la Maison Blanche, les turpitudes du commander-in-chief, mais aussi les répercussions de ses décisions, discours, et même tweets, sur l’Amérique et sur le monde. Voyage en 4×4 dans l’Amérique de Trump : quatre personnalités, quatre lieux, quatre scrutins, et quatre mots qui ont marqué l’An 1 de sa présidence inédite..

«Jarvanka», le couple conseiller

«Jarvanka», ainsi que les surnomment leurs détracteurs – et notamment Steve Bannon –, c’est le surnom du couple composé par Jared Kushner et Ivanka Trump, respectivement gendre et fille du président. Ils sont ses deux plus proches conseillers.

Jared Kushner et sa femme Ivanka Trump, le 11 septembre 2017 à la Maison Blanche.

Ivanka Trump est l’héritière par excellence. Un papa plein aux as, des parents au divorce étalé dans tous les journaux people, une adolescence passée dans les soirées mondaines du Manhattan bling-bling, et enfin le mariage et les enfants avec un autre héritier d’un empire immobilier, Jared Kushner.

Tous deux conseillers (non rémunérés) de Trump, Ivanka, 36 ans, et Jared Kushner, 37 ans, disposent chacun d’un bureau dans la fameuse «West Wing», l’aile ouest de la Maison Blanche où bat le cœur de l’exécutif américain. En l’absence de Melania, la femme du Président, Ivanka Trump joue parfois les First Lady de substitution. Dépeinte comme une défenseuse de la cause des femmes, elle rencontre de nombreuses personnalités reçues par son père. La dernière en date, Angela Merkel, l’a invitée à participer, fin avril à Berlin, au sommet «Women 20», consacré à la place des femmes dans le monde du travail.

Moins exposé, Jared Kushner semble promis à un rôle plus politique. Pour beaucoup, ce senior advisor élevé dans une famille juive démocrate représente la frange modérée de la galaxie Trump, où orbite aussi la faction nationaliste et populiste incarnée par Steve Bannon. Certains espèrent d’ailleurs que Kushner tempérera Trump. Un rôle d’homme de l’ombre conforme au profil de cet héritier.

Steve Bannon, le conseiller déchu

La sinueuse carrière de Stephen Kevin Bannon (photo AFP), passé par Wall Street et Hollywood, comporte désormais un chapitre politique en forme d’accent circonflexe. Une ascension ultra rapide – inconnu du grand public jusqu’à l’été 2016, quand il devient, à trois mois de l’élection présidentielle, l’idéologue et directeur général de la campagne de Donald Trump, puis son conseiller stratégique à la Maison Blanche – et une chute à l’avenant. Il a perdu son bureau dans la West Wing en août, puis, la semaine dernière, le soutien de Donald Trump et celui de la famille Mercer, mécène des causes conservatrices et actionnaire minoritaire de Breitbart News. Il vient désormais de renoncer à son mégaphone : Steve Bannon a été contraint de quitter, mardi, la direction du site qu’il se vantait d’avoir transformé, depuis sa reprise en 2012, en «plateforme de l’alt-right».

Oprah Winfrey, l’opposante médiatique

Une personnalité milliardaire, figure de proue de la télévision américaine, sans aucune expérience politique, candidate à une élection présidentielle ? Pensez-vous ! L’impossible étant déjà arrivé à la Maison Blanche, les internautes et téléspectateurs sont nombreux à y avoir songé en regardant l’émouvant et galvanisant discours d’Oprah Winfrey lors de la cérémonie des Golden Globes. L’animatrice, actrice et femme d’affaires afro-américaine culte outre-Atlantique y recevait le prestigieux Cecil B. DeMille Award. Défense des journalistes et de la vérité face, sans jamais le citer, à Donald Trump et ses «fake news», soutien aux femmes qui ont dénoncé des cas de harcèlement sexuel et d’agressions à Hollywood et au-delà, message d’espoir, d’ambition et d’émancipation aux petites filles et aux minorités…

Oprah Winfrey, dimanche, à Beverly Hills.

Lundi, les hashtags #Oprah2020 et #OprahForPresident étaient en tête des trending topics américains sur Twitter. La première femme afro-américaine à devenir milliardaire n’a, jusqu’ici, jamais déclaré son intention de se lancer en politique. Lors d’une interview après l’élection de Donald Trump, elle était restée suffisamment ambiguë pour que ses très nombreux fans s’engouffrent dans la brèche. Et deux proches cités anonymement par CNN ont affirmé lundi qu’elle «songeait activement»à se porter candidate pour l’élection présidentielle de 2020.

John McCain, le Républicain critique

Le sénateur républicain de l’Arizona (Photo AFP) a plusieurs fois défié la ligne de son parti. Le héros de guerre s’est notamment illustré cet été, quand il a choisi de s’opposer à l’abrogation partielle d’Obamacare, bouleversant l’agenda législatif de Donald Trump.

Scène importante dans la dramaturgie de cette semaine, l’arrivée de John McCain, le 25 juillet, dans l’hémicycle. Venu tout spécialement de l’Arizona, où il est traité pour un cancer du cerveau récemment diagnostiqué, il a été accueilli par une standing-ovation de ses 99 collègues. Le sénateur de l’Arizona a voté en faveur de la motion, estimant qu’il fallait débattre et tenter d’avancer. Mais a également tenu un discours très critique envers l’attitude de ses camarades du Grand Old Party au Sénat, où il siège depuis trente ans. «On n’arrive à rien, mes amis», s’est-il lamenté, une grosse cicatrice visible au-dessus de l’œil, fustigeant cette assemblée qui n’a «pas débordé de grandeur récemment», au fonctionnement «plus clanique» que jamais.

Washington, une rédaction mobilisée

A quelques centaines de mètres de la Maison Blanche d’un côté, du Capitole de l’autre, posée au beau milieu de K Street (la rue qui prête son nom au lobbying, tellement elle est pleine des bureaux rutilants de ces groupes de pression), la rédaction du Washington Post domine la capitale américaine. Avec sa façade terre de Sienne, ses vitres bleues et ses deux tourelles, c’est l’un des édifices les plus élevés de la ville, où la hauteur des bâtiments est limitée par la loi. La rédaction du WaPo y travaille depuis fin 2015 : le siège historique du titre, à quelques pas de là, a été revendu puis démoli l’an dernier.

A l’heure où le président Trump a décidé de faire des journalistes ses boucs émissaires préférés, et des boulettes de papier avec les faits, le vénérable quotidien du district de Columbia, fondé en 1877 et racheté il y a trois ans par le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, prospère.

Depuis l’investiture, la rédaction est très mobilisée pour scruter les premiers pas de l’administration Trump. Pour Cameron Barr, interrogé par Libération, au début de l’année 2017, «dans cette ère des fake news, on doit se battre pour garder l’attention des gens, face à des organisations qui ne font jamais d’enquête, et inventent des histoires»,lâche-t-il, assis dans son petit bureau neutre, seulement fermé par des parois en verre, et orné d’une seule affiche : la une Nixon Resigns(«Nixon démissionne»), du 9 août 1974. «Mais d’une certaine manière, le travail de journaliste lui-même ne change pas, il reste concentré sur les faits. Au Washington Post, nous avons l’intention d’être les chroniqueurs rigoureux de l’administration Trump, comme on l’a été avec les précédentes.»

Hamtramck (Michigan), debout contre le Muslim ban

Cette ville éclectique, synonyme de rêve américain pour des milliers de nouveaux arrivants, a été ébranlée par le premier décret anti-immigration signé le 27 janvier 2017 par Donald Trump, surnommé «muslim ban». Deux jours plus tard, un millier de manifestants se rassemblaient devant la mairie pour dénoncer cette interdiction temporaire visant les ressortissants de sept pays – dont le Yémen. A l’unanimité, le conseil municipal (le premier aux Etats-Unis à compter une majorité d’élus musulmans) a adopté une résolution condamnant le décret présidentiel. «Ce pays a été construit par des immigrés de différentes origines, nationalités et religions. Et quoi qu’il fasse, Donald Trump ne changera rien à cela», martèle Saad Almasmari. Marié à une Américaine, arrivé aux Etats-Unis en 2009 et naturalisé trois ans plus tard, ce trentenaire est devenu en 2015 le premier membre de la communauté yéménite à être élu au conseil municipal.

Pourtant à Sterling Heights, à une vingtaine de kilomètres de là, toujours dans la banlieue de Detroit, au cœur de cette fameuse «Rust Belt» (littéralement «ceinture de la rouille») industrielle qui l’a propulsé à la Maison Blanche, le successeur de Barack Obama jouit d’une popularité intacte. Voire renforcée. «Ce qui m’inquiète, c’est que les médias soient aussi critiques envers lui», râle Brian Pannebecker. Il accuse les journalistes – que Trump a lui-même qualifiés d’«ennemis du peuple» – de monter en épingle des fake news («fausses informations»), comme la collusion supposée entre le Kremlin et l’entourage du milliardaire.

Brian Pannebecker, ouvrier de Ford, est «très heureux de tout ce que Trump a déjà accompli». A Sterling Heights (Michigan), le 14 février.

Pennsylvanie, des Trumpistes toujours présents

La Pennsylvanie a été l’une des plus grosses surprises de l’élection de novembre 2016. Ce sixième Etat américain par sa population (12,7 millions d’habitants), a voté pour Trump à une courte majorité : 48,8%, contre 47,7% pour Clinton. Courtisé par les candidats jusqu’à la veille de l’élection, ce «Swing State» a finalement basculé pour Donald Trump, après avoir voté démocrate à chaque présidentielle depuis 1992.«La Pennsylvanie est un intéressant microcosme pour comprendre le vote aux Etats-Unis, détaille William Frey, démographe à la Brookings Institution. C’est une carte en miniature du vote national : les grandes villes ont largement voté pour Clinton, les zones rurales très majoritairement blanches et moins éduquées, traditionnellement républicaines, pour Trump, tout comme les zones désindustrialisées de la Rust Belt, historiquement ouvrières et démocrates.» 

La petite ville de McConnellsburg, siège du canton de Fulton, dans le sud de la Pennsylvanie, a voté très largement pour Donald Trump, à près de 85%. Et le fait toujours savoir un an plus tard, avec des airs de lendemains d’élection. «On se doutait que les changements n’allaient pas se faire en une nuit, mais moi, je suis très satisfait de cette première année, s’enthousiasme Brad Wissinger, qui gère un magasin d’armes et de matériel de chasse à la sortie de la ville. Donald Trump est un businessman, on avait besoin de quelqu’un comme lui au pouvoir. Il a promis d’aider les commerçants, et les petites entreprises. Et j’aime bien le fait qu’il essaye de redonner une place à Dieu dans ce pays, dans les écoles. Ici, c’est un coin très religieux.»

Brad Wissinger gère un magasin d’armes et de matériel de chasse à McConnellsburg.

Charlottesville, le retour extrémiste

Quarante ans après que la Cour suprême a autorisé, sous couvert de la liberté de rassemblement, le parti nazi américain à défiler dans la petite ville de Skokie (Illinois), le pire de l’extrême droite américaine a remis ça. Et ce, à moins de 200 km de Washington, la capitale fédérale, dans la petite ville de Charlottesville (Virginie), où ont défilé, dans un rassemblement d’une ampleur inédite depuis au moins une décennie, diverses phalanges extrémistes, protégées par des milices surarmées et entourées par des centaines de contre-manifestants antiracistes, dont les sections locales du mouvement Black Lives Matter. Le bilan, tant humain que symbolique, est lourd : une voiture-bélier a foncé dans la foule, tuant une femme et faisant une vingtaine de blessés parmi les opposants, dont cinq dans un état critique, et le président américain a peiné à choisir un camp, condamnant dans un premier temps les violences «des diverses parties».

 Les nationalistes blancs lors de leur marche «Unite The Right» le vendredi 11 août, sur le campus de l'université de Virginie.

Le fiasco Obamacare

Le retrait in extremis, faute de majorité, du plan républicain censé remplacer l’Obamacare, la réforme de la protection sociale votée sous Obama, met en lumière les carences d’un homme qui découvre dans la défaite que diriger n’est pas faire campagne. Et qu’un président des Etats-Unis ne négocie pas comme un promoteur immobilier de Manhattan.

Une réforme fiscale pour les riches

Du jamais vu. Onze jours seulement après son introduction, la grande réforme fiscale promise par Donald Trump a été approuvée dans la nuit du 1er au 2 décembre par le Sénat américain. Désireux d’aller vite, très vite, les dirigeants républicains n’ont laissé quasiment aucune place au débat sur un texte pourtant lourd de conséquences et extrêmement complexe. Pas plus qu’ils n’ont cherché à tendre la main aux démocrates. S’en est suivi un vote presque entièrement partisan : 51 élus républicains ont voté pour ; un républicain (le sénateur du Tennessee Bob Corker, membre de premier plan du parti) et les 48 démocrates contre.

Long de près de 500 pages, et modifié jusqu’à la dernière minute, ce pavé baptisé «Tax Cuts and Jobs Act» n’a pas encore force de loi. Après l’adoption, mi-novembre par la Chambre des représentants, d’un projet légèrement différent, les deux assemblées vont désormais devoir harmoniser leurs versions puis revoter sur un texte unique, lequel sera ensuite soumis au président américain pour signature. Objectif : une adoption définitive avant la fin de l’année, pour offrir à la Maison Blanche et au Congrès un premier succès législatif d’envergure.

Elu sur la promesse d’aider les travailleurs américains et la «classe moyenne oubliée», quitte à taxer davantage les plus aisés, Donald Trump s’apprête à faire exactement l’inverse. Le Président affirme, certes, que les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises permettront de générer croissance et emplois. Mais peu d’experts partagent son optimisme : sur 38 économistes réputés interrogés par l’université de Chicago, un seul estime que le plan fiscal des républicains entraînera une croissance économique substantielle. Le CBO, quant à lui, conclut clairement que la réforme bénéficiera aux Américains les plus riches et pénalisera financièrement les plus modestes.

Un conservateur validé à la Cour suprême

La nomination la plus notable reste celle du conservateur Neil Gorsuch, confirmé début avril comme neuvième juge à la Cour suprême. «Cela restera le plus grand accomplissement de Trump», anticipe Sheldon Goldman, professeur de science politique à l’université du Massachusetts. Mais, au-delà de ce poste emblématique, les nominations de juges fédéraux par dizaines offrent encore davantage à Trump la possibilité d’imprimer durablement sa marque sur le système judiciaire.

En Alabama, la défaite emblématique d’un ultraconservateur

La dernière fois que l’Alabama a envoyé un démocrate au Sénat américain, c’était en 1992. Vingt-cinq ans plus tard, Doug Jones, 63 ans, réitère l’exploit d’être un élu bleu dans un «Red State» profondément républicain et religieux. Il l’a emporté le 12 décembre avec un écart de 20 000 voix (1,5% de l’électorat) contre l’ancien magistrat ultraconservateur et controversé Roy Moore (49,9% des voix contre 48,4%), homophobe, pro-armes et anti-avortement, accusé d’avoir harcelé sexuellement des adolescentes et des jeunes femmes dans les années 70 et 80, mais favori des sondages. «L’Alabama était à la croisée des chemins. […] Ce soir, vous avez emprunté le bon», s’est réjoui Doug Jones devant ses soutiens le soir de sa victoire, à Birmingham, la plus grande ville de l’Etat.

Doug Jones, mardi, après son élection.

Les démocrates en avaient bien besoin. Délogés de la Maison Blanche, minoritaires au Congrès, tiraillés en interne et toujours traumatisés par le naufrage de Hillary Clinton, ils savourent pleinement la victoire surprise de Doug Jones. En Alabama, c’est un séisme politique, impensable il y a encore quelques mois. Séisme dont les anti-Trump, revigorés, espèrent qu’il sera suivi, à court et moyen terme, de multiples répliques.

«Oppo», enquêtes et compromissions

On a découvert ce mot, «oppo», à l’occasion de l’enquête sur les soupçons de collusions entre l’équipe Trump et le Kremlin. Et surtout du rendez-vous du 9 juin 2016 dans la Trump Tower, à New York. Quand il a rencontré l’avocate russe Natalia Veselnitskaya, ce jour-là, Donald Trump Jr. ne s’acoquinait pas avec le Kremlin. Non : le fils aîné du président américain faisait tout simplement de l’«opposition research»sur Hillary Clinton, cette pratique qui consiste à collecter des informations compromettantes sur son adversaire politique. C’est en tout cas de cette façon qu’il justifie ce rendez-vous un rien suspect en compagnie du directeur de campagne de son père, Paul Manafort, et de son beau-frère Jared Kushner.

L’argument, repris en chœur par les avocats de la famille Trump, et par le Président lui-même, met en lumière un usage des campagnes aux Etats-Unis tellement courant qu’on y parle familièrement d’«oppo». «Si vous voyez une tortue en haut d’une clôture, elle n’est pas arrivée là par hasard», avait coutume de dire Bill Clinton, citant un adage de son Etat de l’Arkansas. Les petits cancans ou grands scandales qui ponctuent les campagnes sont souvent les trouvailles des équipes d’opposition research, qui viennent ensuite nourrir les médias. Rien n’arrive par hasard. Ainsi de l’arrestation pour conduite en état d’ivresse de George W. Bush, datant de 1976, ressortie des oubliettes cinq jours avant l’élection de 2000 par l’équipe d’Al Gore. Ou la coupe de cheveux à 400 dollars de John Edwards, candidat à l’investiture démocrate en 2008, débusquée par les enquêteurs d’Obama. Ou encore l’ascenseur pour voiture construit à grands frais dans la villa californienne en bord de mer de Mitt Romney – l’équipe d’Obama, toujours, l’avait découvert en 2012 en fouinant dans les documents de rénovation de la maison soumis à la ville de San Diego.

«Little Rocket Man», l’ennemi préféré

Le président américain Donald Trump lors de son discours à la tribune de l'ONU, le 19 septembre 2017 à New York

En septembre, devant les dirigeants des 193 Etats membres de l’ONU, Trump a consacré une grande partie de son discours à s’en prendre au régime «dégénéré» de Pyongyang, qui continue à développer son arsenal nucléaire, et avec lequel la tension est plus forte que jamais. Surnommant à nouveau Kim Jong-un «Rocket Man» («l’homme missile»), il l’a accusé d’être embarqué dans «une mission suicide pour lui-même et pour son régime. Les Etats-Unis sont prêts, volontaires et capables. Mais espérons que ce ne soit

«Fire And Fury»

Le feu et la fureur, c’est le titre du livre paru début janvier, croustillante et clivante chronique d’une année de chaos dans les coulisses de la Maison Blanche.

Son auteur, Michael Wolff, raconte ainsi les luttes de pouvoir homériques au sein du premier cercle du Président. La désorganisation, l’impréparation, l’incompétence, crise après crise. Mais également, un Trump qui radote, incapable de se concentrer, décrit par son entourage comme un imbécile quasi illettré – «post-lettré», selon Wolff –, qui se gave de télévision et de cheeseburgers, se montre paranoïaque et obsédé par son image.

«Covfefe», la foire du tweet

Retenez ce mot : «Covfefe». Rôle grammatical inconnu, genre indéterminé, définition encore en cours d’élaboration. On ne sait donc pas du tout ce qu’il signifie, mais ce n’est pas grave puisque l’histoire retiendra surtout qu’il est une invention du 45e président américain, Donald Trump. Ce dernier, dans sa grande bonté, a offert le terme «covfefe» au monde entier dans un tweet.

 

Photo de garde : REUTERS
Isabelle Hanne
Article tiré de Libération  le 20 janvier 2017

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :