Aix/Marseille – Baisse des moyens sur fond de réformes, un cocktail explosif de la rentrée 2018

A la question : quelles sont les bonnes nouvelles annoncées pour la prochaine rentrée, Laurent Tramoni, secrétaire académique du Snes-FSU, principal syndicat des enseignants du second degré, qui assistait mercredi au rectorat à un Comité technique académique (CTA), répond sans hésitation

« La bonne nouvelle, c’est qu’il y aura 2 000 élèves de plus dans les collèges et les lycées des Bouches-du-Rhône grâce à une démographie porteuse. La mauvaise, pour maintenir le taux d’encadrement de ces élèves, il faudrait 200 postes de plus pour les collèges et les lycées, or le ministère ne nous en donne que 31. »

Les collèges des Alpes (04 et 05) vont perdre 17 postes, les lycées professionnels 20, quand d’autres en gagnent. Il y aura 20 enseignants supplémentaires en lycée, 43 dans les collèges des Bouches-du-Rhône, où 1 500 élèves de plus sont attendus à la rentrée de septembre. Une dotation plus importante dans les lycées qui avaient vu arriver l’année dernière dans les classes 600 nouveaux élèves. Des postes sont redéployés entre établissements, pour solde de tout compte, les 31 postes ne pèseront pas lourd. « On va avoir une dégradation du taux d’encadrement et du remplacement, parce que le gouvernement supprime des postes en expliquant que de toute façon on n’arrive pas à recruter des enseignants sur concours », explique Laurent Tramoni. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs annoncé une baisse historique de 20% du nombre de postes au concours.

Classes surchargées

Le syndicat s’attend à une dégradation des conditions de travail en éducation prioritaire et des classes surchargées. Le début de cette nouvelle phase de suppressions d’emplois permet de faire naturellement le lien avec la réforme du lycée, dont les grandes lignes du rapport Mathiot ont été présentées hier. Le lycée « modulaire » permet de supprimer des postes comme des disciplines. Réponse à la provocation : une première mobilisation le 1er février sur le Bac et la sélection à l’université, suivie d’une grève des enseignants le 6 février.

Fondés sur des choix budgétaires et idéologiques, l’éducation selon Macron s’adresse aux « premiers de cordées ». Un lycée modulaire pour les initiés, laissant sur le carreau les enfants des milieux populaires. « La réforme qui se prépare pour le lycée professionnel sera tout aussi redoutable », certifie Laurent Tramoni.

Catherine Walgenwitz 
Article tiré de la Marseillaise  le 26 janvier 2018

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