Marseille – Les Kurdes s’indignent du silence complice de l’Europe

Trois mille personnes ont défilé samedi après-midi dans les rues de Marseille pour s’indigner du silence complice de la communauté internationale qui entoure les massacres perpétrés à Efrin par l’armée turque. « Complices, parce que les armes nécessaires à Erdogan pour lutter contre les forces kurdes et les citoyens de plusieurs villages au Rojava, dans la région d’Efrin, sont fournies notamment par l’Allemagne, s’indigne Salih Solylemez, représentant du centre de la communauté kurde.

« C’est avec ces armes européennes que l’on assassine les populations kurdes. Pourquoi, cette communauté internationale qui s’est mobilisée contre les tueries en ex-Yougoslavie ou en Libye, ne le fait-elle pas pour les Kurdes, s’interroge-t-il Alors que nous savons tous que la Turquie a apporté une aide financière et militaire à Daesh » ?

Après plus d’une semaine de mobilisation, c’est vers le consulat russe qu’ont choisi de se rendre les militants kurdes pour mettre en évidence que sans l’accord de la Russie, « la Turquie n’aurait jamais osé pénétrer en Syrie sans l’aval des autorités russes. Nous nous sentons trahis de toutes parts ».

A quand les sanctions contre Erdogan ?

Pourtant, cette même communauté internationale connaît bien la véritable nature du régime liberticide et dictatorial d’Erdogan. « Depuis plusieurs mois, rappellent les représentants de la coordination solidarité Kurdistan, l’offensive contre le canton d’Efrin était bien connue des Européens. Tout le monde le savait lors de sa venue en France. Pourtant la région d’Efrin était jusqu’à présent l’une des zones les plus sûres de Syrie. Ce qui explique qu’elle abrite autant de réfugiés, avec parmi eux des centaines de Yezidis qui avaient fui le massacre perpétré contre eux par Daesh ».

Et aucune sanction économique n’est prévue contre la Turquie, du fait des nombreux intérêts que ce pays présente pour la communauté européenne.

Le soutien des forces de gauche

Aux côtés des familles kurdes, venues en grand nombre soutenir leurs compatriotes d’Efrin, les représentants des forces de gauche ou des organisations humanitaires, sont eux aussi venus témoigner de leur solidarité active avec le peuple en kurde. « Des combattants qui étaient encore il y a peu de temps considérés comme des héros, en lutte contre l’obscurantisme et le terrorisme ». Et Josiane Durrieu, responsable des questions internationales au Parti communiste Français, de fustiger « le rôle de la France, qui est pourtant membre du Conseil de sécurité de l’ONU » et qui ne lève pas le petit doigt pour contraindre la Turquie à arrêter de bombarder résistants kurdes et population civile. Tout juste, Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a-t-il consenti du bout des lèvres à demander au dictateur turc « un peu plus de retenue ». Même opinion de la part de Jean-Marc Cavagnara (France insoumise) qui estime que la France d’aujourd’hui, celle de Macron, est plus que jamais aux côtés des plus dangereux dictateurs. Les affaires sont les affaires », ironise-t-il. Et Valérie Diamanti (PCF) de confirmer « qu’il n’y a aucune condamnation ferme de ces actes, qui pourrait faire bouger les choses ».

Photo de garde : umut Akar
Gérard Lanux
Article tiré de la Marseillaise  le 29 janvier 2018

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