La fondation Abbé-Pierre pointe les dangers des logements surpeuplés

La fondation Abbé-Pierre présente ce mardi son 23e rapport sur le mal logement en France. Cette année, l’association a décidé d’insister sur le phénomène de surpeuplement. En diminution pendant plusieurs décennies, il frappe de nouveau les grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille ces dernières années et des millions de personnes en France sont victimes de la pénurie de logement qui en découle.

Ils vivent à plusieurs dans des espaces totalement inadaptés à la taille de leur famille : chambres de bonne, chambres d’hôtel, petits appartements. Près de trois millions de ménages connaissent aujourd’hui le surpeuplement.

Leur nombre ne cesse d’augmenter. Pourquoi ? « Parce que les prix de l’immobilier, notamment les prix des loyers, sont souvent insoutenables pour des familles à bas revenus, parce qu’aussi il y a des recompositions familiales, explique Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre. Donc on voit des phénomènes un peu nouveaux, du surpeuplement à temps partiel en fonction de la garde des enfants ou pas. »

Les populations immigrées sont les plus touchées par le phénomène, « à cause de leur bas niveau de revenu, à cause aussi d’une précarité administrative qui fait que c’est plus difficile d’avoir accès au parc social ».

Des dangers sous-estimés

Le surpeuplement dégrade la vie des familles, pèse sur la santé et la scolarité des enfants. Pourtant le phénomène est souvent nié : « A notre grande surprise, on s’est aperçu que cette forme de mal logement n’est pas vraiment reconnue par les acteurs du logement qui souvent disent : « ce n’est pas si grave, il n’y en a pas tant que ça », poursuit Manuel Domergue. Parfois on a entendu des discours un peu choquants disant : oui, mais ce sont des familles africaines, elles vivent comme ça. Ce n’est pas vrai, il faut vraiment changer de regard sur le surpeuplement. Le surpeuplement, c’est grave. »

Et la première chose à faire, selon la fondation Abbé-Pierre, est de sortir du déni et d’accorder à toutes les familles en situation de surpeuplement ce qu’elles n’ont pas aujourd’hui : l’accès prioritaire à un logement social.

Photo de garde : AFP – Joel Saget
Article tiré de RFI  le 30 janvier 2018

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