La Ciotat – Jean-Luc Mélenchon à l’écoute des Gémalto

Le député et leader de la France insoumise est venu sur le site de Gémalto à La Ciotat pour rencontrer syndicats et personnels qui font face à un plan social. Il a souligné à plusieurs reprises « l’enjeu national et d’intérêt général » que représente ce fleuron de la sécurité informatique.

La véritable stratégie de l’entreprise, « personne n’en parlera, cela tient au secret défense » lance en pleine discussion un ingénieur de cette entreprise emblématique de la cybersécurité, héritière de l’invention de la carte à puces.

Devant l’entrée de « la vigie », au milieu de la foule, Jean-Luc Mélenchon écoute attentivement, les salariés, pour la plupart ingénieurs et les différents représentants syndicaux de FO, l’Unsa, la CFE-CGC et la CFDT lui brosser le tableau « d’une entreprise qui fait 300 millions d’euros de bénéfices.. et un plan social », qui « depuis des années délocalise ses pôles de recherche et développement et postes d’ingénieurs aux quatre coins du monde : Philippines, Singapour, Etats-Unis…», « et va être finalement rachetée par Thales…». « Pourquoi licencier plus de 250 ingénieurs – dont 120 sur le seul site ciotaden – alors que les deux sociétés veulent « devenir le numéro un européen de la cybersécurité » » interroge ouvertement un salarié.

« Ne pas laisser les Etats-Unis ou la Chine s’occuper de notre cybersécurité »

La réponse n’est pas simplement à chercher dans « une volonté effrénée d’une rentabilité à court terme », « d’une croissance externe », ou « dans les opérations d’optimisation fiscale », même si ces paramètres rentrent obligatoirement en ligne de compte. « C’est la règle du jeu des financiers, on la connaît » commente sobrement Jean-Luc Mélenchon qui ne cesse de poser des questions pour découvrir les tenants et aboutissants de l’affaire. « Ici, vous ne faites pas des ombrières et des castagnettes… vous faites de la sécurité informatique. C’est de l’intérêt général, de l’intérêt national. Si on ne veut pas que les Etats-Unis ou la Chine s’en occupent, il faut le faire nous mêmes, ici ». L’enjeu aussi sensible que stratégique n’échappe pas au député, à l’heure où il est question d’une « structuration de la cybersécurité au niveau européen… et de qui en sera le chef…» fait-il remarquer.

Car aux volets financier, économique et industriel s’ajoute de manière formelle la toujours épineuse question de la sécurité nationale, renforcée par l’arrivée prochaine de Thales, entreprise dont l’essentiel des activités est dans le domaine militaire. « Et que fait la Banque Publique d’Investissement, [actionnaire de Gémalto], et que fait l’Etat, [actionnaire à hauteur de 25% de Thales] ? » questionne le député. Silence radio. Aussi est-il bien décidé à assurer un relais parlementaire « indispensable » selon les syndicats, afin de mettre sur la table l’enjeu que représente la cybersécurité.

Sylvain Fournier
Article tiré de la Marseillaise  le 3 février 2018

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