Contre l’arrestation de militants pour la démocratie en Thaïlande

La junte militaire au pouvoir en Thaïlande a décidé de poursuivre pour «sédition» au moins trente-neuf manifestants pacifistes mobilisés contre l’ajournement des prochaines élections.

Depuis le coup d’Etat de 2014, la junte militaire a installé en Thaïlande une dictature militaire. Personne n’a le droit de critiquer les actions de ce gouvernement militaire. La corruption au sein du régime s’est installée sans être poursuivie par la justice. Les lois établies par la junte ont pour objectif de légaliser la violence d’Etat et d’éradiquer toutes critiques envers le régime. L’article 44, par exemple, lui accorde les pleins pouvoirs en matière de sécurité nationale, pouvoir non soumis à contrôle judiciaire. L’article 116 du code pénal est également un outil politique utilisé pour emprisonner les adversaires au nom de la sédition. Les rassemblements de plus de 5 personnes sont interdits par la junte militaire qui ne se prive pas d’attaquer tout·e·s les militant·e·s pour la démocratie.

Malgré le contrôle des militaires sur notre pays, les militant·e·s ne cessent de contester ce pouvoir arbitraire. Le 20 janvier 2018, des militant·e·s d’ONG, des étudiant·e·s et des professeur·e·s ont organisé une marche pour la paix. Cette marche a été interdite par les autorités, qui ont annoncé leur intention de poursuivre tout·e·s les organisateurs/trices. Le 27 janvier, des étudiant·e·s et des militant·e·s ont organisé une manifestation contre l’ajournement des prochaines élections dans le centre de Bangkok. De ce fait, ils sont aussi accusés de sédition et seront poursuivis par une justice contrôlée par la junte militaire. Selon les informations dont nous disposons, la junte a décidé de poursuivre au moins trente-neuf participant·e·s.

Nous dénonçons toutes ces attaques contre nos camarades. La liberté d’expression doit être respectée. Nous voulons aussi lancer un appel à tout le monde, aux Français·e·s, aux Thaïlandais·e·s, à tous les médias et toutes les organisations internationales et au gouvernement français, pour dénoncer ensemble ces arrestations et demander d’annuler toutes les charges retenues contre ces militant·e·s pacifiques. Aujourd’hui, beaucoup de prisonniers politiques sont enfermés en Thaïlande. Il est temps de dire stop à ce régime autoritaire et arbitraire. Seule la démocratie avec le respect de l’égalité et de la liberté peut garantir le bien de tou·te·s les thaïlandais·e·s. Les militaires au pouvoir sont le cancer de notre société moderne et l’obstacle majeur au progrès social.

Photo de garde : REUTERS – Athit Perawongmetha
Jaran Ditapichai, coordinateur du Réseau International des Thaïlandais pour la démocratie
Article tiré de Libération  le 7 février 2018

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