L’islam ne doit pas servir d’excuse à une remise en cause de la laïcité, la religion n’est pas un service public

Le JDD du 11 février 2018 annonce les intentions d’Emmanuel Macron vis-à-vis du culte musulman. Faisant fi de toute neutralité, cet article indique que le Président de la République voudrait « une réorganisation complète de l’islam », et réfléchirait notamment à une possibilité de financement ; la question de la formation des Imams ; ou encore de nouvelles modalités de composition du CFCM, conseil français du culte musulman.

L’islam est ici pris en faire valoir pour remettre en cause certaines dispositions de la loi de 1905 dite loi de séparation des Églises et de l’État. On ne peut invoquer un prétendu particularisme de l’islam : comme toute religion elle est plurielle, et c’est à ses croyants d’en assurer le fonctionnement et le financement. L’État ne peut s’immiscer dans sa composition, dans la formation de ses ministres du culte, et encore moins dans l’organisation du financement. Toutes ces dispositions feraient sortir l’État de sa neutralité et obligeraient à prendre parti sur des dispositions cultuelles ou rituelles. Imagine-t-on que l’État s’occupe de la formation des prêtres catholiques, ou qu’il gère le denier du culte catholique par une taxe sur les hosties, comme on voudrait une taxe sur les produits halal ? S’engager sur la voie d’un financement de l’islam susciterait de nouvelles vocations et demandes de la part d’autres cultes, quand l’impôt ne doit avoir qu’une destination universelle.

Le président de la République semble reprendre bien des recommandations du rapport de l’Institut Montaigne de 2016. Ce dernier prévoyait notamment l’extension du Concordat à l’islam. Pour nous à l’inverse, en République, la loi est universelle. Sa mise en oeuvre, partout la même, doit ainsi conduire à la suppression du Concordat. L’impôt doit aller au financement de l’intérêt général et non à celui de tous. La religion relève d’un choix personnel qui ne peut faire l’objet d’un service public.

Depuis sa nomination, le gouvernement Macron nous a hélas habitués à des attaques concernant la laïcité. Emmanuel Macron a accepté le titre de Chanoine de Latran, en décembre le gouvernement a accordé 10 millions d’euros supplémentaires à l’enseignement privé, et au même moment le Emmanuel Macron a cru bon de comparer la laïcité à une forme de radicalisme devant des ministres des cultes.

Benoit Schneckenburger
Article tiré du Parti de gauche  le 12 février 2018
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