Réforme – Le ministre a lâché, le bac restera un diplôme national

Moins d’épreuves finales mais un ensemble qui restera lourd à organiser… surtout pour les établissements. Et beaucoup de nouveautés dans le contenu qui sont loin d’être calées.

« L’école de la confiance » : le slogan est écrit, comme un petit mantra, en bas à droite du pupitre. Hier, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a présenté la réforme du bac, réforme qui a suscité beaucoup d’inquiétudes suite à la présentation du rapport Pierre Mathiot le 24 janvier et qui prônait un véritable big-bang. Beaucoup d’inquiétude et beaucoup de négociations à tel point que lundi soir les syndicats sont ressortis du ministère sans avoir la version finale du projet, certains points n’ayant toujours pas été arbitrés à J – 2.

Le bac que passeront en 2021 les élèves aujourd’hui en troisième se déroulera en quatre épreuves au lieu d’une dizaine aujourd’hui : le français en première, les deux « spécialités » en terminale, après les vacances de printemps et la philo en juin. S’ajoute un oral de 20 à 30 minutes sur un projet développé depuis la première. Le tout assurera 60% de la note. Le reste passera par une série de partiels organisés par deux fois en première – janvier et avril envisage le ministre – et une fois en terminale – possiblement décembre – dans les autres matières, sur le modèle du bac blanc avec copie anonyme, sujet choisi dans une banque nationale et corrections assurés par un professeur qui n’est pas celui de l’élève.

Le point est important car l’option du contrôle continu avait soulevé de nombreuses réserves sur la mise en place d’un bac par établissement mettant fin au « premier grade national ouvrant la porte aux études supérieures » défendu par le Snes, Snes qui a d’ailleurs organisé un rassemblement mercredi devant la Sorbonne pour déclarer sa flamme au bac en cette Saint-Valentin et clamer « bac local, tri fatal » ou « le contrôle continu, on n’en veut pas ». Au final, dans le projet présenté hier, il ne reste que 10% de la note en contrôle continu, basé sur les résultats en première et en seconde, le ministre assurant que cela permettra que « tout ne se joue pas sur quelques jours » et Stéphane Crochet de l’Unsa commentant : « ce sera un bac plus sécurisant et plus exigeant ».

Concernant les « spécialités » offertes aux lycéens pour remplacer les filières L, ES et S qui disparaissent dans la filière générale, elles sont finalement au nombre de onze : « Arts », « écologie, agronomie et territoire », « Histoire-géo, géopolitique et science politique », « humanité, littérature et philosophie », « langues et littérature étrangère », « mathématiques », « numérique et sciences informatiques », « Sciences de la vie et de la terre », « sciences de l’ingénieur », « sciences économiques » et « physique-chimie ». Elles fonctionneront par couple, couple où les établissements auront une liberté pour ajouter un nouveau doublet.

Les options sont maintenues et évaluées de manière continue. Enfin, le rattrapage un temps sur la sellette au profit d’un examen du livret scolaire est finalement maintenu dans sa forme d’oral de seconde chance.

Que le gouvernement ait ainsi reculé sur l’abandon d’un bac national et que le ministre ait même assuré qu’il considérait le « bac comme une grande institution nationale », certes « à renforcer », a apaisé les esprits. A tel point que le syndicat des directeurs d’établissement, le SNPDEN qui avait pourtant éprouvé des inquiétudes face au big-bang annoncé a très vite fait valoir hier, « l’accueil positif » qu’il faisait à cette réforme.

Une réforme qui ne peut cependant être appréciée sans le détail des changements que cela va impliquer au niveau du lycée .

Les années lycées bouleversées au pas de charge

Les syndicats d’enseignants avaient dit en amont leur crainte de propos flous concernant les modifications des années lycée liées à cette réforme du bac. Si tout n’est pas calé, des annonces ont cependant été faites hier par le ministre Jean-Michel Blanquer. Il a tout d’abord assuré que la seconde ne serait que peu impactée l’an prochain, les nouveautés consistant en la mise en place d’une évaluation en ligne du niveau en math et en français, de modules d’accompagnement en français et d’heures supplémentaires affectées à l’orientation en lien avec les Régions.

En première et terminale, les élèves qui ne seront plus répartis par filières auront un tronc commun avec français, histoire-géo, éducation civique, deux langues étrangères et du sport – sans maths, donc, qui n’apparaissent plus que dans les spécialisations (lire ci-dessus) ou dans les options proposées aux terminales – expertes et complémentaires – options limitées à une en première et deux en terminale. A ce tronc commun s’ajoute un nouvel enseignement  – humanités numériques et scientifiques – enseignement pour l’heure sans enseignant ni programme. Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs annoncé avoir donné un an au Conseil supérieur des programmes pour écrire le contenu de ces années profondément modifiées.

Le ministre a surtout abandonné l’idée de fonctionnement en semestre visant à rapprocher le lycée du fonctionnement universitaire. D’évidence, le calendrier des examens est prévu pour faciliter Parcoursup et les inscriptions en fac. En revanche, cela ne règle en rien le problème de fond : l’insuffisance de places pour accueillir tous  ceux qui ont réussi leur bac… justement.

Photo de garde : AFP
Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise 
le 15 février 2018

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