Marseille – La sélection à l’université met les jeunes dans la rue

Lycéens, étudiants ont manifesté pour la troisième fois jeudi à Marseille contre les réformes de l’éducation. Bac remanié, sélection à l’entrée de l’université… Les bouleversements qui touchent l’enseignement mettent fin au principe d’égalité dans l’accès aux savoirs.

Pour leur troisième manifestation jeudi à Marseille, en moins de trois semaines, les lycéens et les étudiants sont toujours aussi spontanés et motivés. Leur discours a évolué, preuve que leur opposition n’est pas qu’une réaction juvénile aux réformes du baccalauréat et de la sélection à l’entrée à l’université. Leur argumentaire s’étoffe au fil de leurs mobilisations.

Les portes de l’université ouvertes à tous et qui étaient l’un des piliers du système éducatif de la République leur ferme désormais ses portes. «La fac s’effondre, nous en serons les décombres». Sur leur pancarte de carton, les jeunes dénoncent un système qui sera de plus en plus inégalitaire. Où il faudra s’en remettre au hasard, avec les attendus des universités déjà entrés dans Parcoursup et qui ne régleront pas le problème du manque de places, des filières en tension, comme en Staps ou en médecine, où à titre expérimental sera mis en place la fin du redoublement. Des dispositifs de passerelle seront instaurés, mais les filières en tension continueront de l’être. La sélection commencera à s’organiser dés le lycée. Que l’on soit lycéen ou étudiant, tous sont embarqués dans la même galère.

Génération crash-test

Rassemblés dès 9h30 devant la faculté Saint-Charles à Marseille, les 300 lycéens, guidés par leurs aînés étudiants appelaient à une mobilisation bien plus importante et ont envahi les amphis de la faculté Saint-Charles, où ils ont pu détailler le fond des réformes. Pendant le cours de physique et sans que l’enseignant ne s’y oppose une cinquantaine de lycéens et d’étudiants ont expliqué comment la sélection se mettait en place, y compris pour les étudiants. «Avec le plan étudiant vous n’aurez plus le droit au rattrapage, à la compensation des notes d’une matière à l’autre», explique Margaux du comité de mobilisation de Saint-Charles. A l’entrée à l’université les étudiants devront signer un contrat de réussite. Si le contrat n’est pas respecté, les bourses pourraient être en parties ou suspendues. A quelques jours des partiels, l’enseignant demande que le débat ait lieu dans un cadre plus apaisé à l’extérieur des amphis. Étudiants et lycéens repartent en manifestation jusqu’à la préfecture, où le rassemblement des retraités vient tout juste de s’achever.

Quelque soit la génération, toutes les réformes du gouvernement Macron sont inégales et inégalitaires. Celles qui concernent le lycée et l’université sont sans précédent. «Comme pour la Loi travail qui ressemblait fort aux propositions du Medef, c’est une partie de la société qui est abandonnée», juge Marius, étudiant syndiqué à l’UNEF. Il suffit que l’on soit né dans une classe populaire ou moyenne, ou plus pauvre, ou que l’on soit dans un lycée moins bon pour être mis à l’écart. Cette génération crash test refuse l’injustice. «Il faut que l’on ait une égalité entre tous, que l’on soit pauvre ou riche, on a tous droit à l’éducation», lâche Julia élève de terminale au lycée Saint-Charles.

Photo LM/Open Flash
Catherine Walgenwitz
Article tiré de l’Humanité . le 17 février 2018

C.W.

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