La France insoumise en guerre contre le « parti médiatique »

Les principaux porte-voix du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon montent au créneau pour dénoncer le traitement que leur fait la presse. 

Après un moment de silence des principaux animateurs de la France insoumise à l’exception du fondateur du mouvement, plusieurs têtes de FI se sont relayées dimanche et lundi sur les antennes, dénonçant à leur tour le « parti médiatique ». A l’origine, une polémique sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon après la publication de plusieurs articles par le Monde puis France info. Le député marseillais avait d’abord réagi sur sa chaîne Youtube puis dans une note de blog, la semaine dernière. « Si la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine, elle ne doit pas nous empêcher de réfléchir et de penser notre rapport à eux comme une question qui doit se traiter rationnellement dans les termes d’un combat », y écrivait-il au fil d’un long argumentaire dénonçant « le coup monté du ‘’service public’’ contre la ‘’France Insoumise’’ ».

« Tout ce ‘’Mélenchon bashing’’ a une fonction politique »

Interrogé sur cet extrait, Adrien Quatennens, député FI du Nord, a abondé dimanche sur le plateau de BFMTV : « Nous avons un problème avec le parti médiatique dans ce pays », a-t-il jugé, assurant ne pas mettre tous les medias « dans le même sac ». Et de développer : « Si vous prenez toute la presse et que vous tirez le fil des organigrammes, vous tombez sur neuf personnes, neuf milliardaires, y compris des gens qui investissent dans la presse alors qu’elle perd de l’argent. Si le bénéfice n’est pas financier, c’est bien qu’il y a sans doute un bénéfice idéologique à en tirer. » Le même jour, dans le Grand Rendez-Vous Europe1/Les Echos/CNews, Alexis Corbière, se disant à « 100% » d’accord avec la note de blog de Jean-Luc Mélenchon, a quant lui annoncé son intention de porter plainte contre le Parisien pour son article portant sur les comptes de campagne de FI, qui pointe notamment le statut d’auto-entrepreneur de celui qui était alors porte-parole du candidat à la présidentielle. « Tout ce ‘’Mélenchon bashing’’ a une fonction politique », a-t-il estimé, pointant « un traitement différencié par certains médias des leaders de l’opposition et de M. Macron ».  Lundi matin, face à Jean-Jacques Bourdin, le député de Seine-Saint-Denis a également dénoncé une « reprise en main » du chef de l’Etat sur les médias. « Aujourd’hui dans la presse Matthieu Croissandeau, directeur de l’Obs, se fait virer parce qu’il a fait une Une qui n’a pas plus à M. Macron, c’est une réalité où pas ? Deuxièmement, moi je suis administrateur de LCP, La Chaîne Parlementaire, j’affirme à ce micro qu’actuellement il y a une volonté de reprise en main de la part de M. Macron pour placer un de ses amis, qui s’appelle Bertrand Delais, dont le seul travail est d’avoir fait un documentaire qui est une hagiographie du président, et je ne souhaite pas qu’il soit président de LCP », a-t-il notamment cité en exemple.

 Photo : AFP – Philippe Lopez
Julia Hamlaoui
Article tiré de l’Humanité  le 5 mars 2018

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