Les grandes lignes de la réforme de la formation pro de Pénicaud

La réforme de la formation professionnelle en France, reprise en main par le gouvernement après un accord entre partenaires sociaux trouvé insuffisant, a été présentée lundi 5 mars par la ministre française du Travail. Avec celle de l’assurance-chômage et celle de l’apprentissage, ce projet forme un paquet social envisagé par l’exécutif comme un moyen de compenser une politique économique plus libérale. La proposition de loi devrait être déposée mi-avril.

Muriel Pénicaud a annoncé ce lundi 5 mars 2018 une série de 12 mesures en faveur de la formation professionnelle. La ministre du Travail avait promis un « big bang » et ça y ressemble beaucoup.

Certes, elle a repris les grandes lignes de l’accord signé par les partenaires sociaux le 22 février dernier, mais elle va plus loin. Vers « plus de simplification », d’après elle.

Le compte personnel de formation va être élargi à plus d’heures et, surtout, le stockage de la formation se fera en euros et non plus en heures.

« Chaque salarié sera crédité de 500 euros par an », même ceux qui sont à temps partiel. Les salariés non qualifiés auront, eux, 800 euros par an.

Pourquoi en euros plutôt qu’en heures ? Pour que le salarié soit plus autonome sur son choix de formation et qu’il y ait plus d’équité entre les grandes entreprises et les petites PME, qui ont moins de moyens d’après Muriel Pénicaud.

Le taux de reconversion heures/euros n’a toutefois pas encore été arrêté pour les personnes disposant déjà d’un compte, au nombre de 5 millions actuellement.

Simplifier la « tuyauterie »

La ministre du travail veut aussi regrouper les diverses instances de gouvernement du dispositif de formation en une seule. Une agence « France compétences » sera créée, avec pour vocation de remplacer les trois instances nationales actuelles.

Cette nouvelle institution aura pour mission de réguler le prix et la qualité des formations, en définissant un cahier des charges que devront remplir les organismes de formation pour être certifiés, et donc bénéficier d’un financement.

Par ailleurs, L’Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) doit devenir l’organisme collecteur de l’argent destiné à la formation.

Elle souhaite aussi que les demandeurs d’emploi aient davantage accès aux formations professionnelles, alors que seulement un sur dix en bénéficie en France.

Un système spécial doit aussi être mis en place, dans les entreprises de moins de 50 salariés, qualifié par le ministère de « mutualisation asymétrique ». Il s’agit d’une cotisation versée par l’ensemble des entreprises, mais réservée uniquement au financement des plans formation de celles qui emploient moins de 50 personnes.

« La formation professionnelle c’est crucial », a répété la ministre. Reste à savoir maintenant comment les partenaires sociaux vont réagir à ces annonces.

Photo: REUTERS/Charles Platiau
Article tiré de RFI  le 5 mars 2018

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s