Marseille – La Préfecture sourde au cri des sans-abri

Rassemblement vendredi dernier devant les portes du préfet des Bouches-du-Rhône pour alerter de la situation critique de l’espace Marceau dédié aux plus démunis. Personnel et usagers sont venus mettre les responsables de l’Etat face à leurs responsabilités quant à la nécessaire solidarité face à la montée de la précarité. 

Il y a des moments que l’on n’aurait voulu rater pour rien au monde. De ces instants fugitifs qui, par les temps qui courent, sont à saisir dans toute leur intensité et leur humanité. Ainsi en était-il vendredi matin lors du rassemblement devant la Préfecture du personnel et de leurs représentants CGT de l’accueil de jour Marceau. Accompagnés des usagers d’un lieu unique où, après les méchantes heures de la nuit, on trouve un peu de réconfort et d’écoute.

Mais l’accueil de jour Marceau traverse de graves difficultés financières, et malgré les appels réitérés de ses responsables, notamment les représentants du personnel qui ne cessent d’alerter les médias et l’opinion publique sur la dure réalité de leurs conditions de travail et des graves conséquences qu’aurait la fermeture de l’accueil de jour Marceau

Inertie et résistance des pouvoirs publics

« S’il n’y avait pas cet endroit, ce refuge pour quelques heures, nous serions bien souvent désemparés », dit Gilles qui cumule près de quinze ans de vie dans la rue. Tariq et Ahmadou le soutiennent. Eux ont débarqué à Marseille depuis peu de temps, après un long périple à travers l’Afrique et le sud de l’Europe. « On en rêvait de notre arrivée en France. De poser enfin nos peu de bagages et dans l’espoir d’une vie meilleure ». Mais l’Eldorado tant convoité n’a pas été à la hauteur de leurs attentes. Inertie et réticence de l’administration ont eu vite fait de tempérer leurs ardeurs juvéniles. « On s’est donc retrouvé dans la rue et dans la rue il faut se démerder très vite, sinon tu crèves ». Alors le bouche à oreille a bien fonctionné et le numéro 5 de la place Marceau est vite devenu un point de rendez-vous obligé. Un lieu d’échange, de solidarité. Ouvert à tous ceux qui franchissent ses portes sans avoir à montrer patte blanche. C’est que tous ces gens auraient bien voulu dire au représentant de l’Etat, en l’occurrence le préfet Dartout, lui même ayant récemment fait escale sur cette rive de la Méditerranée. Et dans cette ville pourtant si accueillante dont les murs se font l’écho de tant de langues différentes.

Aux côtés de Gilles, Tariq, Mohamed et tous les autres, Eva Frédéric et Avelhino. Les deux premiers, représentants du personnel, et le dernier secrétaire général de l’Union locale CGT de la Rose. Pour dire leur déception de n’être entendus pratiquement par personne. Malgré de multiples appels au secours, de courriers à qui de droit et restés sans réponse. A l’exception de celle de Xavier Méry, adjoint du maire de Marseille, délégué à l’intégration et à la lutte contre l’exclusion. Pour autant pas de promesses fermes et les portes de la préfecture désespérément closes. Malgré la chaleur de ce rassemblement, sa joie de vivre communicative et la chaleur de ce moment de partage, les chants et les danses.

Mais Eva, comme Frédéric et Avelhino ont tenu à souligner que cette absence de réaction des pouvoirs publics ne resterait pas ans réponse. Mêlés aux chants diffusés par la sono du camion de la CGT, leurs voix pour dire qu’il était hors de question de baisser les bras et de laisser fermer cet espace de solidarité. D’autres rendez-vous sont à l’ordre du jour.

Gérard Lanux
Article tiré de la Marseillaise  le 5 mars 2018

 

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