Les assistés du CAC 40

Les 40 plus grandes entreprises françaises ont fini de publier leurs résultats pour 2017, avec 97 milliards de bénéfices, record depuis 10 ans. Ces profits sont en hausse de 26 %, sans rapport avec le reste de l’activité du pays. Le PIB n’a en effet progressé que de 1,9 % sur la même période, et la consommation des ménages de 1,6 %. Cela signifie que les grandes groupes français s’enrichissent 13 fois plus vite que l’économie du pays et 16 fois plus vite que les ménages.

En tête on trouve le groupe pharmaceutique Sanofi dont les profits, largement adossés aux remboursements de la Sécurité sociale, atteignent 8,4 milliards, en hausse de 79 %. De quoi faire relativiser les 3,6 milliards de déficit prévu de l’assurance maladie en 2017. Suivent dans ce palmarès des profits, les banques et compagnies d’assurance puis les entreprises d’énergie. Puis vient l’automobile avec près de 10 milliards de profits, notamment pour Peugeot qui augmente son bénéfice tout en annonçant 1 300 nouvelles suppressions d’emplois.

À entendre les médias dominants, ces résultats faramineux seraient le fruit du dynamisme international des grands groupes français. Pourtant les exportations françaises n’auraient augmenté que de 6 % en 2017. Il existe en réalité une autre cause, rarement évoquée. La montée en pleine puissance en 2017 des aides aux entreprises décidées sous Hollande leur a fait bénéficier de près de 40 milliards d’euros de liquidités, en cumulant le CICE et les allégements de cotisations du « Pacte de responsabilité ». Représentant plus de 20 % de l’assiette de ces exonérations, les grands groupes auraient ainsi engrangé 8 milliards ! Des aides pérennisées par Macron sans aucun bilan de leur utilité. Ces aides sont pourtant payées par les contribuables, à commencer par les ménages vivant de leur seul travail. Un travail qui est doublement « taxé » par le capital via une redistribution fiscale à l’envers aggravée par Macron : les revenus 2017 des actionnaires seront encore moins taxés que ceux du travail. Les assistés ne sont donc pas ceux qu’on croit en France.

Loin d’enrichir le pays, cette politique favorable aux bénéfices du CAC 40 appauvrit le plus grand nombre. Et elle n’a aucune efficacité démontrée en terme d’investissement productif et donc de possibles richesses futures. D’autant que les entreprises du CAC 40 ont décroché en 2017 un autre record : prés de la moitié d’entre elles (17 sur 40) ont racheté leurs propres actions. Cette opération spéculative consiste pour une entreprise à dépenser de l’argent pour détruire une partie de son capital, afin de faire monter le cours de son action et les bénéfices redistribués. En servant cette économie de casino, la politique de « l’offre » amplifiée par Macron est ainsi complètement déconnectée de l’intérêt général économique du pays et même carrément nocive pour la prospérité de son peuple.

Laurent Mafféïs
Article tiré de la France insoumise  le 13 mars 2018

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