Faire des retraites  » une question de société et non de générations  »

Les retraités seront dans la rue ce jeudi aux côtés des personnels des Ehpad. Ils dénoncent la baisse de pouvoir d’achat qui leur est imposée ainsi que les discours qui les opposent aux actifs.

Les propos du député LREM président de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale les présentant comme une « génération dorée », qui doit faire preuve de « solidarité » pour « renflouer les caisses de l’Etat » ne passent toujours pas auprès des retraités. A quelques jours d’une journée d’action nationale*, se rapprochant naturellement de la mobilisation des personnels des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), l’intersyndicale héraultaise des retraités** a tenu à dénoncer le mépris derrière cette affirmation et à en démontrer la totale incongruité.

La hausse de la CSG, appliquée le 1er janvier dernier, n’est que la dernière étape dans un processus d’appauvrissement des retraités, estime en effet Alain Pollet, secrétaire général de l’Union syndicale des retraités CGT. Le blocage des pensions pendant quatre ans, puis leur hausse « dérisoire » (+0,1% en 2016, +0,8% en 2017) avant l’annonce d’un nouveau gel en 2018, la suppression de la demi-part des veuves et veufs ainsi que de l’exonération des majorations familiales ont grevé le pouvoir d’achat des retraités. « Le gouvernement accuse ceux qui s’opposent à la hausse de la CSG de faire preuve d’égoïsme, mais on n’a pas attendu Emmanuel Macron pour faire preuve de solidarité », poursuit le syndicaliste.

« Un salaire différé pour lequel on a cotisé toute notre vie »

D’autant que cette « génération dorée » est aujourd’hui souvent tenue d’aider financièrement ses enfants ou même ses parents devenus dépendants, ajoute Jean-Yves Barbier, secrétaire fédéral des retraités FSU. « On a été solidaires de nos aînés quand on était actifs, rappelle également Martine Appriou, trésorière de l’union départementale FO. Et maintenant, on nous demande de faire l’inverse ! Nos retraites, nos pensions, c’est un droit, un salaire différé pour lequel on a cotisé durant toute notre vie d’actif, il n’y a aucune raison qu’on y touche. »

« Considérer les retraites comme une variable d’ajustement des mesures économiques est indigne de la cinquième puissance mondiale, dénonce Alain Pollet, secrétaire général de l’Union syndicale des retraités CGT. Les retraités ont droit au respect, aux revenus dignes de leur travail passé. » L’intersyndicale espère d’ailleurs que ce mouvement du 15 mars permettra l’ouverture « d’une large réflexion sur le regard que porte la société sur les personnes âgées ». D’autant que les attaques contre le régime de retraite font partie d’une politique plus large qui met à mal les services publics et le système de financement de la sécurité sociale. Pour Jean-Yves Barbier, pas de doute : « Il y a urgence à en faire une question de société et pas de générations. » C’est aussi pour cela que l’intersyndicale héraultaise a déjà prévu de battre le pavé le 22 mars, aux côtés des agents de la fonction publique.

Marine Desseigne
Article tiré de la Marseillaise  le 14 mars 2018

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