Une journée de mobilisation très politique

Le NPA, la France insoumise, Génération.s ou encore Europe Écologie étaient présents aux abords des cortèges cet après-midi à Paris. Reportage. 

Ils étaient finalement tous là. Jean-Luc Mélenchon, entouré de députés en écharpe, sur une petite estrade postée au bout de la rue des Vinaigriers. Le serpentin des cheminots descend le boulevard Magenta. Lance pétards et fumigènes, et un hourra fraternel pour la France insoumise. Clémentine Autain, Éric Coquerel, Danièle Obono, mais aussi Farida Amrani, l’opposante de Manuel Valls aux législatives à Évry, ou Danielle Simonnet, conseillère de Paris. Ils lèvent le poing, tout sourire, à destination des camarades de la CGT.

La petite foule des insoumis, pin’s « phi » à la boutonnière, n’a pourtant d’yeux que pour la France insoumise. Entonne : « Ma-cron, t’es pas bon, laisse la place à Mé-len-chon ! » ou « Insoumis un jour, insoumis toujours ». Le docte Thomas Guénolé, sourire aux lèvres, livre son analyse : « Le XXe siècle a montré que seule une grève massive d’au moins quatre semaines peut enclencher le rapport de force. » Il ne faut plus parler de « grève générale » : trop décourageant. « L’enjeu, c’est de bloquer l’économie pour faire pression sur les oligarques », explicite le responsable de l’école insoumise, qui donne rendez-vous aux lecteurs de Politis – « un journal qui ne fait pas partie de la médiacratie », se sent-il obligé de préciser – le 31 mars, pour un cours sur les médias.

De mouvement de foule en mouvement de foule, on est propulsé plus bas sur le boulevard. Le cortège des cheminots continue son serpentin. Là, celui qui tracte sur le bas-côté, entouré d’une petite dizaine de camarades, c’est Olivier Besancenot ! Soudain pris d’assaut par la presse et les cheminots, le postier a le triomphe modeste. La star politique de la journée, c’est lui. « Olivier merci ! Tu nous manquais ! », hurle un manifestant, bientôt repris par ses voisins. « Olivier, c’est le premier qui nous a soutenus, la dernière fois, à la télé. C’est le seul. Enfin… avec Mélenchon », glisse un représentant des navigants d’Air France.

Place de la République, les écolos d’EELV discutent des européennes. On prend le boulevard Beaumarchais, en face du cirque d’Hiver, une rangée des militants de Génération.s regarde le cortège passer. « Vous nous avez fait perdre, il fallait se mettre derrière Mélenchon », lance un CGTiste énervé. Benoît Hamon déboule, tout sourire. Tout va bien, l’accueil est bon. Rien à voir avec Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, qui a dû se faire exfiltrer de la manifestation par son service d’ordre. C’est déjà ça.

Pauline Graulle
Article tiré de Politis  le 22 mars 2018

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