Bastion social – Marseille se mobilise contre l’installation du groupe d’extrême droite

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi après-midi sur la Canebière à Marseille pour exiger la fermeture du nouveau local de cette alliance entre GUD et Action française. La manifestation s’est dispersée dans le calme. Aucun affrontement n’est à signaler.

«Massilia antifascista !» scandent inlassablement les manifestants sur la Canebière, fleurie de drapeaux et illuminée de fumigènes pour l’occasion. Syndicalistes (FSU, CGT, Solidaires, VISA), membres de collectifs (Nosotros, Soutien Migrant-e-s 13 / El Manba) ou de partis politiques (Parti de gauche, PCF, Générations, etc.) : en tout, 29 organisations avaient appelé à se mobiliser samedi après-midi contre le Bastion social, nouveau groupuscule rassemblant membres de l’Action française Provence et du GUD (Groupement Union Défense). Un défilé unitaire pour prouver la détermination des Marseillais à rejeter l’installation de militants d’extrême droite. Selon les organisateurs, un millier de manifestants ont défilé.

«Le but aujourd’hui est de dénoncer le pseudo-engagement social de ce groupuscule qui ne fait que masquer leur action violente», explique Cédric Bottero, président de Visa (Vigilance Intersyndical antifasciste). L’actualité offre une tragique démonstration de ces violences. Et les organisateurs l’ont rappelé haut et fort avec le témoignage de José-Luis Torres, secrétaire départemental de l’union Solidaires 34. Jeudi soir, il était à Montpellier, dans un amphithéâtre de l’université de Droit lorsqu’une bande d’individus cagoulés armés de bout de bois ont pénétré dans l’enceinte pour tabasser et faire évacuer de force les étudiants. «J’ai eu la chance de me faire évacuer par un membre de la sécurité de l’université pendant que mes camarades se faisaient tabasser par ces fascistes, avec la complicité du doyen», explique José-Luis. Si, depuis Philippe Pétel, le doyen de l’université, a démissionné, aucune arrestation n’a encore été effectuée et une enquête est ouverte.

«Pas de fachos dans nos quartiers»

«Il est inacceptable que des personnes avec de telles idées de haine profitent d’une période de crise pour s’installer impunément à Marseille, ville cosmopolite par excellence», explique Jean-Paul, enseignant à Marseille, présent dans la manifestation. Les images de l’agression des étudiants à Montpellier semblent être dans toutes les têtes. «On l’a vu à Aix, à Montpellier ou à Marseille, la violence de ces groupes essaime partout, il est important de montrer que les Marseillais ne soutiennent pas ces groupes», détaille Roger, retraité de 80 ans.

Plusieurs prises de parole, suivies d’une Internationale, ont clôturé la manifestation qui s’est dispersée dans le calme sous l’ombre du Vieux-Port. De leur côté, royalistes et gudards, eux, éclusaient des bières devant leur local au 45, rue Fort-Notre-Dame, à deux pas du Vieux-Port, encadrés par un fort dispositif policier. Une situation qui n’était pas sans rappeler la réunion de rentrée de l’Action française Provence en novembre. Mais cette fois, aucun accrochage n’est à déplorer, hormis quelques insultes échangées par-dessus le cordon de CRS. «Un petit groupe d’antifascistes a tenté de pénétrer dans le périmètre, les forces de l’ordre les ont empêchés de passer mais aucune interpellation n’a été effectuée», fait savoir la Préfecture de Police samedi soir.

Photo de garde : Patrick Gherdoussi
Marius Riviere
Article tiré de Libération  le 25 mars 2018

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