En Paca, tous sur les voies de la résistance populaire

Semaine chargée en mouvements de grève qui touchent notamment les transports aérien et ferroviaire, avec un melting-pot des colères demain. Après la grande mobilisation interprofessionnelle du 22 mars, la colère poursuit sa contagion et le bouclier de Jupiter se fendille.

Non pas que les attaques reculent. Non, elles fusent de toutes parts, venues du gouvernement comme du Medef pour s’abattre sur tous les secteurs professionnels. Licenciements, projets de privatisations, casse du service public, des statuts, austérité, mais pas à tous les étages, les niveaux les plus hauts sont exemptés. Et de l’autre côté, des grands patrons qui augmentent leur rémunération de milliers d’euros, des exonérations fiscales… jusqu’au CICE si perverti qu’il se traduit en licenciements. Et les salariés vivent ces injustices. Avec Macron, il y a les grands discours, les promesses et il y a la réalité, tout autre. Et ça commence à se voir, à se savoir. La côte de popularité du président perd d’ailleurs 12 points en l’espace de 5 mois. Alors pas de relâche !

Les cheminots ont réussi à imposer un rapport de force non négligeable, mobilisés à près de 40 000 à Paris le 28 mars dernier. Ils embrayent avec du 3 avril au 28 juin un mouvement de grève deux jours sur 5, contre le rapport Spinetta qui les met sur les rails de la privatisation de l’entreprise et de son ouverture à la concurrence. Ils bataillent pour préserver un statut qu’ils n’ont pas volé. Sur Paca, ils ont en sus à combattre la position idéologique du président LR de Région qui déroule un plan néfaste à une desserte ferroviaire efficace dans une zone routière particulièrement asphyxiée.

Colères en gare

Les cheminots sont d’autant plus déterminés qu’ils répondent à la dernière provocation d’une direction qui joue la division en proposant une prime aux cadres non grévistes.

Les salariés d’Air France étaient également mobilisés à 90% le 23 mars à Marignane, tous personnels confondus et en intersyndicale. Ils héritent en effet de Jean-Marc Janaillac à leur tête qui s’est préalablement occupé de couler la SNCM. Comme les cheminots ont écopé de Jean-Cyril Spinetta, ancien président d’Air France. De l’entre-soi à donner la nausée. Et face à ces nantis qui veulent les faire passer pour des privilégiés, du personnel au sol au pilote, ils témoignent de conditions de travail et de salaires aux ras des pâquerettes. Ils étaient en grève à 90% sur l’escale Marseille le 30 mars. L’intersyndicale remet le paquet le 3 puis le 7 avril.

La grande distribution n’était pas en reste avec un blocage complet des Carrefour ce week-end. La colère n’est pas près de s’éteindre et fait également quelques remous du côté de la Valentine. Demain, ils seront donc nombreux à la gare Saint-Charles dès 11h30 pour s’opposer à la crise pour les travailleurs et au profit pour le patronat. L’UD CGT des Bouches-du-Rhône invite en effet à un rassemblement de lutte « parce que nous vivons tous la même chose, dans le public ou le privé ». Pas question de relâcher la pression, à ne pas céder à la division à laquelle travaille ardemment le gouvernement.

Il est temps d’inverser la vapeur. « Nous avons conscience du rapport de force dont nous avons besoin, de la nécessité de construire morceau après morceau une mobilisation capable de faire plier ces gouvernements réactionnaires pour imposer un pacte de progrès social », insiste l’UL Marseille Centre. Un combat que personne ne mène à la place de l’autre, mais dans lequel chacun à sa part à prendre.

Photo : Migué Mariotti
Myriam Guillaume
Article tiré de la Marseillaise  le 3 avril 2018

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