Marseille – La contestation turbine à plein régime

Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées à la gare St-Charles à Marseille mercredi pour soutenir le mouvement des cheminots pour défendre un service public ferroviaire comme symbole de « l’intérêt général » face aux « appétits financiers ».

« En défendant la SNCF, je défends aussi mes droits ! » explique Annie, une institutrice marseillaise, aujourd’hui à la retraite, venue mercredi participer au rassemblement de la gare Saint-Charles. Elle affiche sur un petit écriteau sa solidarité avec « la SNCF », mais aussi les « écoles, Ehpad, hôpitaux, universités, chômeurs…». « Je suis fille de traminot. Il ne faut pas se laisser avoir, il n’y a pas de privilégiés à la SNCF comme il n’y en a pas dans l’éducation nationale, et les autres services publics. Les vrais profiteurs on les connaît… »

Les coups de sifflets raisonnent sous l’immense verrière de la gare, les drapeaux des différents syndicats, de FO, Sud Solidaires et de la CGT battent l’air au-dessus d’une foule de plus en plus dense. « C’est normal pour nous de venir soutenir nos collègues de Sud rail », souligne Stéphanie, déléguée syndicale de Sud Poste et agent de tri au centre de Vitrolles. « L’ouverture à la concurrence a abouti à la suppression de 1000 postes par an chez nous » commente-t-elle, « et si aujourd’hui, il y a des embauches, ce sont essentiellement des intérimaires, des contrats à temps partiel ou à durée déterminée… » énumère-t-elle pour décrire une précarité devenue la norme.

Aussi, « nous sommes déterminés, inquiets pour l’avenir, mais déterminés  » nous assurent des agents de conduite marseillais. « Nous nous attendions à une forte mobilisation, mais à un tel niveau, cela surprend toujours » poursuit David Benhamou, délégué CGT des cheminots Marseillais, « 95% de contrôleurs, dans la région, 89% chez les conducteurs, jusqu’aux cadres » détaille-t-il. La mise à mort du statut des cheminot, – « promis à disparaître au fur et à mesure des départs à la retraite » -, « l’ouverture à la concurrence du rail » et le « désengagement de l’Etat », sans oublier « les attaques en règle contre les salariés du public et du privé… ont abouti à la mobilisation de tout le monde  ! » constate le syndicaliste.

Deux nouvelles journées d’action les 14 et 19 avril

Autour de lui, la « convergence des luttes » prend forme humaine. Agents hospitaliers, de l’énergie, dockers, enseignants, citoyens, militants de différents partis de gauche (PCF, France Insoumise, JC, de Rouges vifs ) ou bien encore « les occupants du squat de Raccon » venus rappeler à tous que la fin de la trêve hivernale annonce la reprise des expulsions, tous ont répondu à ce nouvel appel à la mobilisation. L’occasion de manifester son soutien aux cheminots qui viennent de débuter un long mouvement de grève tout en affirmant ses propres revendications. « Il nous faut travailler sans relâche à l’unité des travailleurs » lance Olivier Mateu, le secrétaire général de l’union départementale de la CGT. « Au rassemblement de ceux qui créent réellement de la richesse » pour faire face «  aux appétit des financiers qui veulent en finir avec le bien commun ».

« Tous ensemble nous pouvons agir pour inverser les choses, pour une autre répartition des richesses  ! » conclut-il, avant de donner rendez-vous, les 14 et 19 avril, pour deux nouvelles journées d’action.

Photo : Sylvain Fournier
Sylvain Fournier
Article tiré de la Marseillaise  le 5 avril 2018

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