Extension du domaine de la lutte

TOPSHOT – A protester carries a placard reading « I am University, No selection, No draw » during a demonstration against a French government’s proposed reform of university applications and a project to reform the French baccalaureate high school exit exam on February 6, 2018, in Lyon, central-eastern France. / AFP / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

EDITO – Une « orientation intelligente et éclairée » remise en cause par un mouvement « souvent manipulé par l’extrême gauche ». Voilà ce qui se joue selon le Premier ministre Edouard Philippe.

Non content de tenter de lui imposer une réforme qui se traduira par un enseignement supérieur à deux vitesses, le gouvernement affiche ainsi son mépris pour cette jeunesse qui se mobilise.

Non seulement l’argument de l’instrumentalisation est resservi par le pouvoir en place à chaque mobilisation étudiante et lycéenne, mais surtout les jeunes protestataires de ce printemps 2018 font pleinement la démonstration de leur lucidité. Il suffit de lire ou d’entendre les échanges dans les assemblées générales pour se convaincre qu’ils appréhendent en toute conscience ce qui se trame.

La réforme n’est qu’un élément d’un projet de société plus vaste

Ils ont parfaitement compris que le maître mot de la réforme est la sélection avec son cortège d’inégalités. Ils s’y opposent comme ils refusent l’idée que l’université dispense « des compétences » en lieu et place des connaissances qu’elle est censée diffuser. Dans un amphithéâtre cette semaine, un participant estimait que l’objectif est « que seuls les « savoirs » convertis à l’idéologie dominante, c’est-à-dire compatibles avec l’économie de marché, soient enseignés ». Plutôt clairvoyant pour un esprit manipulé.

Au-delà de leur seul cursus universitaire, ils ont saisi, aussi, que la refonte de l’enseignement supérieur n’est qu’un élément d’un projet de société plus vaste. Mais tout aussi inéquitable et auquel ils s’opposent tout autant. Comme en témoigne l’appel d’organisations étudiantes et lycéennes à ce que la jeunesse prenne toute sa place dans les défilés à l’occasion des journées d’action interprofessionnelles. Ce qu’une partie d’entre elle a fait les 15 et 22 mars, et plus récemment lors des manifestations de cheminots.

Bref, tout sauf une mobilisation à courte vue.

Agnès Masseï
Article tiré de la Marseillaise  le 7 avril 2018

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