Notre Dame des Landes – « Un même mouvement contre le libéralisme »

Un gendarme et des zadistes ont été blessés au deuxième jour des opérations d’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, marqué également par des tirs de cocktail Molotov sur un véhicule de gendarmerie, qui n’a pas été détruit. Eclairage de Nicolas Haeringer est , militant à 350.org.

Le gendarme a été évacué par les pompiers et les zadistes ont été blessés par des tirs de grenades de désencerclement. Les heurts sont principalement concentrés sur deux lieux, la Chèvrerie et les Vraies rouges, où la gendarmerie intervient pour expulser les occupants illégaux de la ZAD et détruire les habitations qu’ils ont construites sur place. Une vingtaine de squats restent à démanteler, après les 13 déjà détruits lundi sur le site du projet d’aéroport abandonné en janvier.

C’est un des cent signataires, parmi de nombreux universitaires, de la tribune de soutien aux zadistes publiée hier. Pourquoi cette tribune ?

Pour souligner que ce n’est pas un hasard si le gouvernement procède aux expulsions au moment même où les cheminots sont en action, où la grogne monte chez les étudiants, les lycéens, dans la fonction publique… Il faut s’organiser face à la répression mais aussi montrer la cohérence de la résistance. Toutes ces luttes sont liées les unes aux autres et participent à un même mouvement contre le libéralisme.

Le gouvernement parle du retour à l’État de droit et met en avant la violence d’une poignée de zadistes ?

Un argument difficile à entendre quand on voit le déploiement de 2500 de militaires et d’un millier de policiers dans les villes de Nantes et de Rennes. C’est une force brutale contre des gens qui ont des cabanes, des mots… Un déséquilibre masqué par un discours sur la soi-disant violence des zadistes. Un discours qui permet de créer de la division espérant que les gens finissent par se demander pourquoi ils restent alors qu’ils ont gagné. Un discours qui montre que le gouvernement n’arrive absolument pas à considérer la zad comme un terrain d’expérimentation où l’on prend le temps de se poser des questions, de construire des solutions…

Ce que vous qualifiez de « gestes thatcherien » de Macron ?

Avec les zadistes, les cheminots, la fonction publique, les étudiants… Il intervient de manière brutale pour rendre « la France réformable ». Il veut casser les poches de résistance durable qui rendent selon lui le pays irréformable.

Vous parlez de lien et non de convergence des luttes ?

Pour être concret et parce que ces liens existent déjà. Dans la région nantaise, c’est au quotidien que les zadistes sont allés soutenir des mouvements sociaux, par leur présence, en leur apportant du pain etc.

Vous insistez sur les enseignements à tirer de la lutte des zadistes ?

Cette lutte a su se faire sur la durée, plus de cinquante ans, pour aboutir à une victoire incroyable. Elle a su construire des modes d’intervention très divers dont l’occupation n’est qu’un volet. Il y a des profils très différents pour résister au libéralisme, les grèves sont un moyen classique et légitime mais il y a également d’autres formes qui souvent veulent échapper aux étiquettes et aux cadres. D’où le besoin de textes pour analyser et interpréter ce qui se passe.

Photo AF
Angélique Schaller
Article tiré de la Marseillaise  le 10 avril 2018

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