Milos Forman, cinéaste insoumis, en 5 films

Le réalisateur américano-tchèque Milos Forman, récompensé de deux Oscar du meilleur réalisateur, est mort samedi à l’âge de 86 ans. Le cinéaste, qui a fait l’essentiel de sa carrière à Hollywood, avait fui son pays avant la répression du Printemps de Prague en 1968. Dans ses films, il a souvent mis en scène des personnages rebelles en butte avec une forme d’oppression. En voici cinq.

1. « Au Feu les Pompiers ! » (1967)

Cette satire sociale a contribué à établir Milos Forman comme une figure de la Nouvelle vague tchécoslovaque qui rompait avec le conformisme des productions communistes. Milos Forman s’est logiquement attiré avec ce film le courroux des autorités communistes mais aussi du producteur, l’Italien Carlo Ponti, qui souhaitait récupérer son argent. Après avoir risqué la prison, Milos est finalement tiré d’affaire par les cinéastes français François Truffaut et Claude Berri, qui rachètent les droits du film. Alors qu’il devait être présenté à Cannes, les évènements de mai 1968 l’en privent. Le synopsis ? Dans une petite ville de Tchécoslovaquie, le bal annuel des pompiers volontaires se prépare avec notamment une tombola et l’élection de Miss Pompiers. Mais les candidates ne se bousculent pas et les prix de la tombola sont volés au fur et à mesure. Puis tout tourne au fiasco.

2. « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975)

Adapté du roman américain de Ken Kesey, ce film tourné dans un véritable établissement psychiatrique en Oregon et avec de vrais patients, suit la lente aliénation de R. P. McMurphy, un insoumis qui ne s’est fait interner que pour échapper à la prison. Bouleversé par la détresse des patients, il va tenter de les sortir de leur isolement et d’égayer leur quotidien avant d’être rattrapé par la machine répressive. Ce personnage interprété génialement par Jack Nicholson est inoubliable. En dénonçant les méthodes coercitives pratiquées dans les institutions psychiatriques, Milos Forman livre une allégorie des systèmes de répression mis en place par les dictatures communistes dans les pays de l’Est. Le film obtient cinq Oscars en 1976.

3. « Ragtime » (1981)

Dans cette adaptation d’un roman de E. L. Doctorow que Robert Altman devait réaliser à l’origine avant de jeter l’éponge, Milos Forman décortique les racines du racisme aux Etats-Unis. Au début du XXe siècle à New York, un pianiste de jazz noir subit les pires injustices parce que des blancs ne supportent pas de le voir rouler au volant de sa voiture neuve. Distingué par huit nominations, cette fresque en costumes de 2h30 ne remportera finalement aucun prix.

4. « Amadeus » (1983)

Antonio Salieri est un musicien talentueux et réputé mais néanmoins laborieux, devenu compositeur de la Cour de l’empereur mélomane Joseph II, quand survient à Vienne un jeune musicien rebelle de génie, Wolfgang Amadeus Mozart. Comprenant la menace que représente pour sa carrière ce Mozart en qui il a reconnu le futur plus grand compositeur du siècle, Salieri essaie de l’évincer tout en tentant de l’approcher afin de comprendre pourquoi il est si doué. Pour tourner ce film, Milos Forman était revenu à Prague après quinze années d’exil. Ce chef d’oeuvre librement inspiré d’une courte pièce de Pouchkine lui a valu huit Oscars, dont celui du meilleur film, et plus d’une trentaine d’autres prix (Golden Globes, British Film Academy awards etc).

5. « Larry Flynt » (1996)

Le réalisateur brosse un portrait élogieux du pornographe Larry Flynt, créateur de « Hustler », le magazine à scandale concurrent de « Playboy ». Milos Forman s’intéresse à ce provocateur-né, qui ira par deux fois jusqu’à la Cour suprême américaine pour défendre son droit au scandale face aux ligues de vertu, au nom de la liberté d’expression. Et qui posait la question « Qu’est-ce qui est le plus obscène : Le sexe ou la guerre ? ». Ce film a obtenu l’Ours d’Or au festival de Berlin.

 

Photo AFP/Martin Bureau
Article tiré de Culture box avec Franceinfo  le 14 avril 2018
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