Pas de laisser-passer au « code de la honte »

A Marseille, près de 700 personnes ont défilé du Vieux-Port à la préfecture contre la loi immigration revisitée à la sauce Macron. A l’appel d’une quarantaine d’organisations était dénoncé l’indigeste aïoli qui porte atteinte aux libertés fondamentales.

Un « code de la honte » dénonce la Cimade qui organise aujourd’hui une opération coup de poing contre cette remise en cause du droit d’asile à 11 heures devant le palais de justice de Marseille. Les oppositions se multiplient. Samedi, pour la quarantaine d’organisations signataires de l’appel à manifester, la colère était à la hauteur des attaques.

« Quand les policiers près de Menton chassent violemment du train une femme enceinte qui avait passé la frontière régulièrement pour la reconduire de force à Vintimille on est choqué, quand ce gouvernement produit une loi telle que Le Pen en aurait rêvé, on est choqué… Non, sur le fond la politique de Macron est inacceptable et sur la forme, quand l’exécutif intervient directement sur le législatif, c’est inadmissible ! ». Sous l’ombrière du Vieux-Port où la marche contre le projet de loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » du gouvernement En Marche prend le départ, Isabelle Marilier (RUSF et Marche Mondiale des Femmes) ne mâche pas ses mots.

Entre le rallongement des délais de rétention administrative et raccourcissement du temps dévolu à une possibilité de recours, l’étau se resserre autour du droit d’asile, alors même qu’actuellement les moyens de l’accueil restent largement insuffisants. Dans le cortège, Maître Dany Cohen pour le SAF résume : « les dispositions de ce texte constituent un vrai recul sur toutes les protections qui existent pour les personnes en exil. Il se manifeste par des détails techniques qui rendent le droit illisible. Tout concourt à ruiner tout espoir de régularisation et cela renforce la précarité ».

« On trie les poubelles pas les êtres humains»

Au son de slogans rageurs « Régularisation de tous les sans papiers », « les enfants à l’école, pas en prison » ou « On trie les poubelles, pas les êtres humains », la marche prend la direction de la Préfecture de Région. Des propositions antagonistes sont même avancées : « Macron, Collomb, en rétention ».

Les jeunes migrants laissés en carafe, soit à la porte des centres d’accueil, soit à celle de l’éducation nationale sont là. « J’ai fui l’Afghanistan où ma famille est morte, j’ai traversé la Turquie, la Serbie, l’Autriche, l’Allemagne et je suis arrivé à Paris au bout de 9 mois de trajet. Souvent à pieds. Et après 3 mois dans la rue, j’ai été pris en charge et de là on m’a transféré sur Istres. J’y suis depuis 6 mois mais je n’ai pas encore de papiers mais des cours de français trois fois par semaine », explique Faizy, qui souhaite « vivre une vie normale, avoir un travail et fonder une famille ».

C’est pour l’heure, le gouvernement qui ne respecte pas la loi française. La simple mise à l’abri n’est pas appliquée pour les mineurs. Pas plus que l’obligation de scolarisation n’est à jour. Laurent Tramoni (Snes-FSU) rappelle : « On défend le principe d’hospitalité qui est une valeur fondamentale de notre République et en particulier nous dénonçons la non scolarisation des jeunes migrants dont des mineurs de moins de 16 ans. Nous tentons d’intervenir auprès de l’Académie ». Autant de valeurs que la loi menace et sur lesquelles ces citoyens ne lâcherons pas.

Photo : Miguel Mariotti
Article tiré de la Marseillaise  le 16 avril 2018

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