La solidarité, pilier des luttes sociales

Les cheminots accueillent avec enthousiasme l’élan de solidarité financière qui accompagne leur mouvement. Au-delà d’un soutien aux grévistes, cette générosité traduit un fort attachement au service public.

Alors que le mouvement est entré dans sa troisième semaine, les cheminots s’attendent à connaître des fins de mois difficiles. Une difficulté que sont loin de sous estimer les cheminots eux-mêmes, surpris par l’élan de solidarité qui a accompagné dès le début leur mouvement.

Pour François Téjédor, secrétaire général de la CGT Paca des cheminots, « c’est la première fois que se met en place une solidarité de cette ampleur, avant même que l’on ait attaqué en longueur une grève. Ce qui nous laisse bien percevoir qu’il y a une solidarité bien plus importante qui s’est créée autour de notre mouvement » .

Contrairement aux idées véhiculées, la popularité du mouvement a rencontré un certain écho auprès de la population. Ce soutien s’est manifesté rapidement avec dès le 22 mars, ce collectif d’artistes qui a lancé une cagnotte en ligne pour soutenir les grévistes. D’autres initiatives suivront après. Au-delà du simple aspect financier, contrairement aux idées répandues, « on sent bien que sur le terrain c’est autre chose qui se passe », assure le responsable syndical .

Plus qu’un soutien financier, les cheminots sont surpris du soutien moral qui accompagne cet élan. « Les gens ont bien compris que leur geste allait plus loin. Un acte d’engagement sur les choix de service public et une réponse à la violence des propos de Macron ».

L’argent , c’est le nerf de la guerre

L’aide est précieuse. L’argent c’est le nerf de la guerre. Les cheminots ont compris qu’ils devenaient les porte-paroles de ceux qui sont restés sans voix face aux politiques libérales du gouvernement Macron. « Vous, les cheminots vous avez raison de vous battre. Tenez bon ». Une solidarité sincère se met en place, comme celle rencontrée en gare avec les usagers.

« Tout cela est réconfortant et positionne idéologiquement les cheminots qui savent qu’ils devront tenir bon. Un soutien qui va au-delà et est une vraie prise de conscience autour de la défense du service public », affirme François Téjédor. Le syndicaliste explique de quelle manière les cheminots ont été pris de court, alors qu’eux-mêmes n’avaient pas encore pensé à mettre en place des cagnottes. « Ce qui s’est passé est surprenant. On a vu des artisans, des commerçants soutenir notre grève. Des tas de choses se sont exprimées de cette manière de partout. C’est très réconfortant. On était loin d’imaginer obtenir de tels soutiens », assure François Téjédor.

Pour le syndicaliste, cette solidarité aussi surprenante que spontanée conforte les cheminots dans les raisons qui les ont poussés à s’opposer à la réforme Macron. « Au-delà du fond, nous sommes convaincus que ce soutien de la population laisse à penser que le service public ferroviaire et donc l’entreprise SNCF appartient à la nation et donc appartient aux citoyens et c’est ce sens-là qui est donné. Entre les artistes et ce qui a été collecté par la CGT, on ne doit pas être loin du million », se réjouit le syndicaliste.

Pour gérer une telle somme, une association va être créée, afin de la répartir équitablement entre les différentes organisations syndicales. Cette aide sera utilisée pour venir en aide aux cheminots qui rencontrent de sérieuses difficultés financières.

Catherine Walgenwitz 
Article tiré de la Marseillaise  le 17 avril 2018

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