Macron contre le monde du travail

Un an après son arrivée à l’Elysée, le monde du travail subit les premières violences des réformes de Macron.

Première motivation du vote des Français à la présidentielle, le 23 avril 2017, un sondage BVA montrait que le candidat d’En Marche surpassait tous ses concurrents quant à sa capacité supposée à régler la question du travail et à lutter contre le chômage. Macron totalisait un crédit de 43% quand Mélenchon et Hamon dépassaient péniblement les 30% et que Fillon le secondait avec 41%.

Un an plus tard, le monde du travail semble avoir acté un divorce dans la douleur avec l’hôte de l’Elysée. Du personnel hospitalier à celui de l’enseignement en passant par les cheminots, les mécontentements débordent et s’ils ne « coagulent » pas encore, ils expriment un malaise difficilement réductible à une grogne corporatiste où chacun voudrait simplement tirer la couverture à soi. La première salve est partie avec un saccage du code du travail sur ordonnance suivi d’une hausse de la CSG pour les retraités et d’une réduction de l’impôt sur la fortune. Une série de mesures qui étiquette désormais l’ancien banquier comme le président des riches. à cet égard, la récente étude de l’Ifop, qui questionne les Français sur le bilan de Macron un an après son élection, est éloquente : 74% des sondés jugent son bilan négatif sur le pouvoir d’achat et 55% sur sa lutte contre le chômage. « Nous avons un gouvernement qui considère qu’il a raison tout seul et qui avance quoi qu’il puisse se passer dans le pays » regrettait, hier, sur BFM-TV, Philippe Martinez, le dirigeant de la CGT. Son point de vue est partagé par nombre de Français : « Je travaille depuis des décennies et on a toujours pu discuter avec le patron, aujourd’hui ce n’est plus possible, nous n’avons plus de moyens de dialoguer », dénonce dans nos colonnes, Michel, chef d’équipe dans les pompes funèbres.

Et pour cause, le monde du travail commence à subir aujourd’hui seulement les réformes engagées par le gouvernement en début de mandat.

Mais au-delà, l’ambition dévastatrice de Macron sur le travail ne concerne pas que les salariés, comme le dénonce Bernard Friot : « La start-up nation permet aux Arnaud et autres Drahi ou Niel de faire endosser tous les risques de recherche-développement, de conquêtes de nouvelles technologies et de nouveaux marchés, par des petites entreprises ou des indépendants pris dans une concurrence impitoyable « . Ainsi, dans la logique économique de Macron, priorité serait donnée aux gros investisseurs capitalistes au détriment du monde salarial mais aussi des PME.

Telle opposition entre le monde du travail et ses dirigeants avait connu son apogée dans les années 1980 au Royaume-Uni. La Dame de fer était alors allée jusqu’à qualifier les mineurs grévistes d’ « ennemis de l’intérieur » pour se rallier l’opinion et briser le mouvement. Trente ans après, en 2015, le commentaire de Macron sonne comme un aveu : « Les Britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher. »

Frédéric Durand
Article tiré de la Marseillaise  le 23 avril 2018

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