Les syndicats fustigent le projet de loi «asile et immigration»

«Des dispositions […] attentatoires aux droits et libertés des étrangers.» Après la CGT, la CFDT et Solidaires, c’est au tour de l’Unsa de dénoncer le projet de loi Asile et immigration dans un communiqué publié ce mardi. Adopté en première lecture dimanche soir à l’Assemblée nationale, le texte risque selon le syndicat de mettre «en péril l’effectivité du droit d’asile et les garanties qui lui sont attachées en prévoyant des dispositions qui complexifient les démarches pour les demandeurs d’asile».

Parmi les points problématiques pointés par l’Unsa : la réduction«drastique» des délais de procédure, notamment pour déposer un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (d’un mois à quinze jours), «le retour au caractère non suspensif de certains recours vis-à-vis des mesures d’éloignement» ou encore l’augmentation de la durée maximale de la rétention administrative (de 45 à 90 jours). Mais c’est surtout «la possibilité de placer des familles en rétention, entraînant de fait l’enfermement de mineurs» qui apparaît inacceptable à l’Unsa.

«Dérive dangereuse de la politique migratoire»

Le 17 avril, la CGT avait aussi dénoncé un projet du gouvernement «marqué par la suspicion vis-à-vis des migrants» risquant de «renforcer la vulnérabilité des individus» et de soumettre des «milliers de femmes et d’hommes à des conditions de travail indignes». Le même jour, la CFDT pointait, elle aussi, une «dérive dangereuse de la politique migratoire française». Et fustigeait un texte source d’«une nouvelle fragilisation du droit des étrangers». Même opposition de l’union syndicale Solidaires, mobilisée depuis plusieurs semaines contre le projet de loi et cosignataire d’une tribune publiée dimanche par Libération, invitant à «refuser la loi Asile et immigration».

Fidèle à son principe de neutralité politique, de son côté, FO n’a pas présenté de position officielle sur le sujet. Toutefois, le syndicat National FO des personnels du Conseil d’Etat et de la Cour nationale du droit d’asile était signataire d’un appel intersyndical à manifester le 16 avril contre le projet de loi dont «la logique comptable et répressive […], couplée à l’emploi systématique d’un champ lexical volontairement anxiogène tendant à criminaliser les demandeurs d’asile aux yeux de l’opinion, est inacceptable». Mais s’ils se retrouvent pour dénoncer le texte, pas sûr que les syndicats, qui ont déjà du mal depuis un an à se faire entendre sur les sujets sociaux, réussissent à peser sur le texte.

Photo : Denis Allard
Amandine Cailhol
Article tiré de Libération  le 24 avril 2018

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