Marseille – Des Kurdes entament une grève de la faim sur le Vieux-Port

Afin d’interpeller la communauté internationale sur le sort d’Abdullah Öcalan et l’invasion turque d’Afrine, une trentaine de militants a cessé de s’alimenter lundi. Un acte fort destiné à rompre le silence qui entoure la situation des Kurdes en Turquie et au Moyen-Orient.

Un chapiteau visible de loin, et une chasuble barrée d’un « en grève de la faim » pour être compris au premier coup d’œil, une trentaine de militants kurdes ont pris place hier sur le Vieux-Port avec la ferme intention d’attirer l’attention sur la détention d’Abdullah Öcalan, le fondateur du PKK, mais aussi sur l’agression du Kurdistan de Syrie par les troupes d’Erdogan.

« Nous n’avons toujours aucune nouvelle du prisonnier politique et leader du peuple kurde Abdullah Öcalan. L’État turc interdit tout contact entre sa famille, ses avocats et lui. Nous sommes sérieusement préoccupés, inquiets pour sa vie et sa santé », indique Nezahat Sahin, une des responsables du centre démocratique kurde de Marseille.

Inaction du Conseil de l’Europe

Dans la ligne de mire des grévistes de la faim : l’inaction du conseil de l’Europe et tout particulièrement de son comité pour la prévention de la torture (CTP). L’organisme chargé de faire respecter les Droits de l’Homme -dont la Turquie est membre- « a attendu deux ans avant de publier récemment un rapport dénonçant l’isolement aggravé subi par Abdullah Öcalan dans l’île-prison d’Imrali », poursuit la militante kurde en exigeant qu’une délégation du CTP se rende immédiatement sur place pour « accomplir sa mission de protection des libertés et droits fondamentaux ».

Parmi les militants qui ont cessé de s’alimenter hier et qui s’engagent à tenir 5 jours, c’est-à-dire jusqu’à vendredi, Demhat Varto* est un jeune père de trois enfants. « Ce que nous voulons dire aux habitants de Marseille c’est que notre président, le président des Kurdes Abdullah Öcalan, est emprisonné depuis 19 ans parce qu’il défend l’idée d’une société démocratique au Moyen-Orient », insiste-t-il. « L’agression turque de la ville d’Afrine répond à la même logique : le régime d’Erdogan refuse l’émergence de ce type de société et les autres acteurs internationaux ne sont pas intervenus car le système que nous portons conteste le capitalisme ».

À ses côtés, Nurcan, une femme d’une cinquantaine d’années, mère de trois enfants également, participe elle aussi à la grève de la faim car « la libération du président Öcalan est la condition de la paix au Moyen-Orient ». « J’ai dû fuir la Turquie car mon propre mari a été prisonnier politique pendant 10 ans », témoigne-t-elle en se disant « profondément convaincue par les idées émancipatrices et la nécessité de se battre pour la liberté des femmes dans cette partie du monde », où elle est plus que meurtrie par Daech et les régimes rétrogrades.

l*L’identité a été changée

Léo Purguette
Article tiré de l’Humanité . le 25 avril 2018

 

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