Loi de la honte – Découvrez ce que votre député a voté…

Loi emblématique en matière d’accueil des étrangers dans notre pays, source d’une levée de boucliers parmi les défenseurs des droits de l’homme, objet de crispations politiques, jusque dans la majorité, la loi Asile et Immigration a été entérinée en première lecture à l’Assemblée nationale par 228 voix pour, 139 contre, 24 abstentions alors que 186 députés n’ont pas pris part au vote.

Comment se sont comportés les députés de Paca et du Languedoc face à ce texte majeur du quinquennat Macron ?

 Ils ont voté pour

Parmi les 228 députés en faveur de cette loi qui ouvre une brèche sans précédent en termes de droits et de libertés des étrangers, dans un pays jusque-là réputé terre d’asile, le gros des troupes se trouve logiquement dans les rangs de La République en marche.

Autant de bons petits soldats macronistes qui osent affirmer que le texte serait même empreint d’avancées pour les principaux concernés. Cette catégorie compte sans surprise la députée marseillaise Alexandra Louis, qui a d’ailleurs pris toute sa part à la commission parlementaire dédiée à ce dossier, rejointe par ses homologues bucco-rhodaniens Monica Michel et Jean-Marc Zulesi.

A quelques dizaines de kilomètres de là, les Varois Sereine Mauborgne et Fabien Matras, certainement désireux de flatter un électorat très droitier, leur ont emboîté le pas. Tout comme Adrien Morenas dans le Vaucluse.

Et dans l’Hérault, c’est carton plein : l’ensemble des « marcheurs » a donné son aval à une loi arbitraire et coercitive. Y compris les transfuges du PS Patricia Mirallès, protégée du maire de Montpellier Philippe Saurel, et l’ancien député socialiste Philippe Vignal.

On peut s’être réclamé des années durant de la « gauche » et ne pas être gêné par des orientations que la droite n’aurait pas reniées. Dans le Gard, l’ex-PS Françoise Dumas illustre elle aussi cette position.

Courage, fuyons !

« Courageux, mais pas téméraire », affirme l’adage. Face à un chef de groupe LREM qui avait fait les gros yeux, les macronistes qui étaient montés au créneau en amont de l’examen du texte et qui ne sont pas rentrés dans le rang dimanche se sont réfugiés dans l’abstention ou en ne prenant pas part au vote.

Leur nombre est significatif dans le Var -trois députés LREM sur six- et les Bouches-du-Rhône où l’on en recense six sur neuf.

A l’instar de François-Michel Lambert qui justifie son abstention par la volonté d’assurer « une continuité de (ses) valeurs écologistes et humanistes ». Et dans un communiqué digne d’un numéro d’équilibriste, il évoque tout à la fois la « bienveillance » d’Emmanuel Macron, en même temps que le besoin de « fermeté (…) et d’efficacité renforcées pour repousser ceux qui, in fine, viennent déstabiliser d’une manière ou d’une autre notre société ».

Bref, la fronde sur les bancs macronistes n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

 Ils voulaient une loi encore plus dure

C’est à droite et à l’extrême droite qu’on trouve une importante partie des « contre ».

Le débat a d’ailleurs donné lieu à une surenchère entre le parti de Laurent Wauquiez qui radicalise ses positions (instauration « des plafonds d’immigration », suppression de l’aide médicale d’Etat, expulsion des étrangers fichés pour radicalisation) et un Front national fidèle à lui-même sur ce thème qui demeure son fonds de commerce.

Et lorsque Les Républicains chassent sur les terres réactionnaires, Valérie Boyer, députée marseillaise, et par ailleurs secrétaire générale adjointe du parti, emboîte le pas sans broncher.

Comme le député gardois FN Gilbert Collard et consorts qui s’opposent à un texte qu’ils jugent « laxiste ».

Ils ont voté pour le respect des humains

Le vote « contre » prend en revanche une tout autre dimension dans les rangs de la gauche qui a fait bloc de Nouvelle Gauche au PCF en passant par la France insoumise.

Alertant sur le fait que « de la peur de l’autre au mépris de soi il y a peu », le député marseillais Jean-Luc Mélenchon (LFI) a procédé à quelques rappels historiques à l’attention de Marine Le Pen : « Le droit du sol a été promulgué par François 1er » et est « consubstantiel à l’identité de la France ».

Tandis que Pierre Dharréville (PCF), soucieux « du repli » qu’implique cette loi, a souligné le danger de « rabougrissement de la République ».

Muriel Ressiguier (LFI), parlementaire héraultaise, a quant à elle dénoncé « le délit de solidarité » et « la criminalisation des réfugiés et des migrants ». Rappelant que c’est de vies humaines dont il est question à l’heure où « la Méditerranée (se transforme) en tombeau ». Salutaire, mais pas suffisant pour inverser la tendance.

Le vote national

  • LREM
    312 députés. 197 pour. 1 contre. 14 abstentions.
  • Les Républicains
    102 députés. 68 contre.
  • Modem et apparentés.
    47 députés. 16 pour. 1 contre. 8 abstentions.
  • UDI, Agir et indépendants.
    32 députés. 15 pour. 1 contre. 2 abstentions.
  • Nouvelle Gauche.
    31 députés. 31 contre.
  • La France insoumise.
    17 députés. 17 contre.
  • PCF et apparentés.
    16 députés. 6 contre.
  • Non inscrits.
    19 députés. 14 contre.
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