Les inégalités, même dans l’intimité de nos appartements

Dès jeudi matin, la Métropole Aix-Marseille-Provence réunit 240 acteurs du logement pour examiner l’état de l’avancée de la construction d’habitations pour les plus défavorisés. Des inégalités qui subsistent, des réticences qui s’expriment, ce pourrait être la vraie nature des échanges d’aujourd’hui.

La part à consacrer au logement social. Voilà un vrai débat de société qui ne cesse d’agiter toutes les grandes communes de ce pays et forcément celles de notre département. C’est peut-être pour trouver des solutions à un problème récurrent que la métropole se mobilise, le temps d’une conférence qui réunira des acteurs triés sur le volet. Avec, autour, de Arlette Fructus, vice-présidente de la Métropole, déléguée à l’habitat, au logement et à la politique de la Ville, Marie-Emmanuelle Assidon, préfète déléguée pour l’égalité des chances, des représentants des bailleurs sociaux et d’associations à but plus humaniste.

Des maires en plein désarroi

Il n’empêche, il y a un constat, certaines communes ont pris leurs responsabilités et ont choisi une politique de logement résolument sociale. Il y a d’un côté ceux que l’idée même de construction de logements sociaux sur leur commune effraie. Comme la présence de gens du voyage ou de migrants.

Ainsi les états généraux de l’habitat, organisés au Mucem en 2017, ont-il fait état du fait que 78% du parc locatif était concentré dans les 6 villes de plus de 30 000 habitants. On peut comprendre que certains villages se sont orientés davantage vers le segment des logements individuels et vers l’accès à la propriété.

Mais moins quand il s’agit de plus grandes villes qui refusent de jouer le jeu, autrement dit, respecter les lois de la République. Certains maires, de petites communes, ont exprimé leurs difficultés à consacrer un effort en matière de logement social, faute de soutien des institutions. Sans vraiment dire que dans ces villes et villages, l’offre est tournée vers les familles mais répond moins aux désirs.

Ce sont aujourd’hui les territoires hors de la métropole qui servent, selon cette enquête qui ajoute que dans les villes et villages de notre département, l’offre est tournée avant tout vers les plus aisés, mais ne répond pas aux besoins des jeunes, notamment des étudiants et travailleurs qui rencontrent les plus grandes difficultés, faute de moyens suffisants pour avoir accès à un logement, alors que ce peut être le premier passeport pour la vie.

La Ville de Marseille, avec cette transformation qui la rend de plus en plus inaccessible aux classes populaires, comme le montre le programme Euromed, montre aussi que les citoyens de seconde zone, ne sont plus les bienvenus au cœur de Marseille. Une cité de mélanges, de métissages, dont les dirigeants aujourd’hui choisi la « gentrification » et le tourisme de masse, au lieu de conserver ce qui fait vraiment sa nature, celle d’une ville populaire, multicolore, bruyante et insolente et rebelle.

Photo : La Marseillaise
Gérard Lanux
Article tiré de la Marseillaise  le 27 avril 2018

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