Des jalons pour une politique d’accueil digne et humaine

Migrations. Tandis que le projet de loi Asile et immigration, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, est présenté comme l’unique réponse possible à la question migratoire, les progressistes se mobilisent. Une marche associative partie de Vintimille jusqu’à Calais passera la semaine prochaine dans les Bouches-du-Rhône. De leur côté, les communistes présentaient jeudi leur manifeste pour « une France hospitalière et fraternelle ».

Le défi est européen, si ce n’est mondial et pourtant, les réponses apportées à la question migratoire restent pour l’heure étroitement nationales voire nationalistes.

En plein débat sur le projet de loi Asile et immigration qui sera examiné par le Sénat à partir du 6 juin, les tenants d’une politique d’accueil digne et humaine, redoublent d’initiatives pour battre en brèche l’approche sécuritaire du dossier.

Une marche citoyenne et solidaire, portée par le mouvement associatif s’est élancée depuis Vintimille lundi. Elle traversera la France jusqu’à Calais avec une ultime étape à Londres. Objectif : « Demander l’ouverture de centres d’accueil inconditionnel, la fin du « délit de solidarité » et des autres entraves au travail des citoyens et des organisations d’aide aux migrants. » La marche fera plusieurs étapes dans les Bouches-du-Rhône la semaine prochaine *. Autant d’occasions pour les membres des associations et de collectifs d’aide aux migrants de faire passer leur message.

Sur le plan politique, le PCF présentait jeudi 3 mai son Manifeste pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire. « C’est le résultat de 3 mois de travail, de réflexion et d’auditions », résume Cécile Dumas, secrétaire départementale de la fédération des Alpes-Maritimes, un département frontalier particulièrement concerné par la question des migrants, en précisant que « ce sont les centaines de militants communistes qui sont acteurs de la solidarité avec les migrants qui ont demandé l’écriture de cette réponse politique ».

Le document, d’une cinquantaine de pages, compile des éléments de diagnostic, des chiffres démentant des idées reçues et des propositions pour une politique radicalement différente de celle prônée par Gérard Collomb. Pour Cécile Dumas, ce n’est pas une chimère : les moyens de la mener existent déjà. « La construction d’un mur en Bulgarie a coûté 45 millions d’euros dont 15 financés par l’Union européenne ! », pointe-t-elle du doigt. De même, le dispositif sécuritaire mis en place dans son département coûte « 50 000 euros par jour », assure-t-elle, « avec un an de ce processus dérogatoire sécuritaire qui n’apporte aucune solution, on aurait largement de quoi financer un centre digne de premier accueil comme il en existe à Paris ou à Ivry pour un investissement de 6,5 millions d’euros ».

«  Marseille, une ville d’accueil  »

À ses côtés, Jean-Marc Coppola et Valérie Diamanti, élus PCF de Marseille, témoignent de la situation d’urgence qui règne dans cette ville. « Marseille est une grande ville d’accueil », indique Jean-Marc Coppola, saluant la mobilisation citoyenne et associative qui pallie tant bien que mal les carences des pouvoirs publics « malgré le maintien du délit de solidarité ». Il est co-signataire d’une lettre du PCF au préfet Dartout pour l’organisation d’une table ronde réunissant toutes les institutions pour améliorer la situation rapidement. « Nous avons ouvert plusieurs de nos locaux de sections pour mettre à l’abri temporairement des migrants dont des mineurs isolés », complète Valérie Diamanti.

Sur cette question très sensible, Cécile Dumas n’accable pas le Département des Bouches-du-Rhône, chargé par la loi de la protection de l’enfance. « Nous proposons un financement tripartite : Département-État-Europe, car aujourd’hui la France qui est signataire de la convention internationale des droits de l’enfant ne l’applique pas, c’est un vrai scandale ! », tonne la communiste.

Comment faire entendre à l’électorat populaire que l’accueil est un devoir d’humanité alors que les xénophobes distillent avec soin leur discours de division ? « C’est vrai que cette loi Asile et immigration donne des ailes aux racistes mais pour nous, la fraternité est une valeur politique », affirme Jean-Marc Coppola. « La 5e puissance mondiale appliquée dans de nombreux conflits au moins par la vente d’armes consacre 0,38% de son PIB au développement alors que l’ONU demande aux pays riches d’atteindre 0,7% », tient-il à rappeler. Cécile Dumas annonce que les sénateurs communistes demanderont une commission d’enquête parlementaire sur l’opération très médiatique des identitaires au col de l’échelle. Une manière supplémentaire de signifier qu’il n’est pas question de céder un pouce de terrain à la haine.

l *Jeudi 10 mai Aix-en-Provence.

Samedi 12 et dimanche 13 mai Marseille/Lundi 14 mai Martigues. Mardi 15 mai Istres/Mercredi 16 mai Arles/Jeudi 17 mai Tarascon.

Léo Purgette
Article tiré de la Marseillaise  le 6 mai 2018

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