SNCF – Matignon ne «reviendra pas» sur les piliers de la réforme

Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon les syndicats de la SNCF. Répétant sa fermeté sur les grands principes de son projet, mais se disant ouvert à certains ajustements. 

Fermeté sur les principes, ouverture sur les modalités. Edouard Philippe a reçu lundi à Matignon les syndicats de la SNCF, plus d’un mois après le début de leur grève contre la réforme de l’entreprise. Une série de rencontres bilatérales à l’issue de laquelle le Premier ministre a prévenu que le projet «ne changera pas fondamentalement», mais qu’il «peut être encore finalisé».

Alors que deux nouveaux jours de grève sont prévus mardi et mercredi, le Premier ministre a précisé que la réforme n’était pas dirigée «contre les cheminots», et salué des «échanges de bonne qualité». Mais répété que la situation de l’entreprise «n’est pas satisfaisante», et qu‘il ne «reviendrait pas» sur les grands principes du projet, notamment la fin de l’embauche au statut de cheminot en 2020. «Je veux être très clair sur la fermeté que j’ai exprimée et que j’assume pleinement, a souligné l’ex-maire du Havre. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aurait plus rien à discuter».

Il a notamment proposé aux syndicats d’«aller plus loin sur l’investissement» pour «financer des travaux de modernisation de la signalisation, qui conditionnent la qualité de service et la régularité des trains». Autre proposition : «Un plan ambitieux de formation et d’adaptation des compétences» pour les salariés de l’entreprise. Le Premier ministre a enfin répété que «l’Etat prendrait ses responsabilités» vis-à-vis de la dette de la SNCF, qu’il commencera à reprendre de manière «substantielle» à partir de 2020.

Les modalités de cette reprise dépendront cependant du redressement économique du groupe. Edouard Philippe a insisté pour que celui-ci «réduise ses surcoûts vis-à-vis de la concurrence» : «L’Etat ne va pas reprendre la dette si celle-ci se reconstitue inéluctablement». L’hôte de Matignon souhaite que la SNCF soit «à l’équilibre économique à la fin du quinquennat» en 2022. Il a également indiqué que la reprise de la dette serait «clairement identifiée dans les comptes publics» et soumise au vote du Parlement. Il s’est enfin engagé à adopter «des règles strictes, une « règle d’or » qui interdise un endettement excessif de la SNCF». Une nouvelle rencontre entre le Premier ministre et les syndicats devrait avoir lieu «le 24 ou le 25 mai».

Ce premier rendez-vous à Matignon n’a pas convaincu Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa Ferroviaire «Cétait presque une réunion pour rien, déplore-t-il auprès de LibérationLe Premier ministre nous annonce une reprise substantielle de la dette, mais sans nous donner ni le montant ni le calendrier et renvoie à une prochaine réunion dans quinze jours. Ce n’est pas de nature à nous rassurer. Au regard des usagers et des comptes de la SNCF, le Premier ministre n’est pas très réactif. Nous allons nous réunir en intersyndicale mercredi en fin de journée et l’Unsa proposera une poursuite du calendrier des jours de grève».

Photo : AFP – Philippe Lopez
Dominique Albertini
Article tiré de Libération  le 7 mai 2018

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