1 an Macron – Un an de blabla pour le climat

Il y a un an, Emmanuel Macron était élu président de la République. L’occasion de faire le bilan sur l’action climatique du président français. Alors, notre planète est-elle devenue “great again” grâce à la France ?

“Let’s make our planet great again”. En juin dernier, la formule, lancée par Emmanuel Macron en réponse à l’annonce par Donald Trump du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, a fait le tour du monde. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des prises de décisions de la France en termes de politique climatique… Retour sur 4 effets d’annonces marquants de cette première année de quinquennat.

Effet d’annonce numéro 1 : la France a voté une loi pour mettre fin aux hydrocarbures

En novembre 2017, la France annonçait le vote de la fin de la production d’hydrocarbure dans l’Hexagone d’ici à 2040. Un signal qui aurait pu être fort, si la loi finalement votée n’avait pas été tronquée.

Au final, la loi offre la possibilité aux industriels de renouveler les permis d’exploration et de les transformer en nouveaux permis d’exploitation s’ils trouvent du pétrole et/ou du gaz. Elle ne formule pas d’interdiction claire des hydrocarbures non conventionnels et ce, quelle que soit la technique utilisée. Elle donne enfin la possibilité pour les industriels de renouveler leurs permis d’exploitation en cours jusqu’en 2040 et également de renouveler leurs nouveaux permis d’exploitation au-delà de 2040, s’ils prouvent qu’ils n’ont pas bénéficié d’un retour sur investissement.

Par ailleurs, en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’un des objectifs les plus martelés par le président dans ses nombreux discours à l’international, cette loi n’aura qu’un effet très limité puisque la France importe 99% des hydrocarbures qu’elle consomme !

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Il reste donc encore 4 ans à Emmanuel Macron et son gouvernement pour agir sur la consommation d’énergies fossiles. Par exemple, en donnant vraiment les moyens de développer les alternatives durables à la voiture individuelle: transports en commun, mobilités actives, train,…. Et ce, avant 2040, échéance de fin de vente des véhicules thermiques annoncée par Nicolas Hulot dans son plan climat en juillet dernier…et qui apparaît beaucoup trop lointaine !

Effet d’annonce n°2 : la France sort du charbon

Oui, sauf que la fermeture des cinq dernières centrales à charbon françaises, vantée par Emmanuel Macron pendant la COP23, n’aura elle aussi qu’un impact limité sur les émissions de gaz à effet de serre de la France, ces centrales représentant seulement 1,4% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français.

Bonne nouvelle : pour sa deuxième année de quinquennat Emmanuel Macron et son gouvernement peuvent agir sur les leviers qui sont vraiment émetteurs de gaz à effets de serres en France : le passage à une agriculture écologique (2ème secteur le plus émetteur de gaz à effets de serres en France), la réduction de la consommation de viande, la transformation du secteur des transports… Et aussi engager une réelle transition énergétique. Car si la France est presque sortie du charbon, elle est encore bien trop engluée dans le nucléaire !

Effet d’annonce n°3 : la France reporte l’échéance de réduction du nucléaire pour mieux lutter contre les émissions de gaz à effet de serre

Emmanuel Macron, son ministre Nicolas Hulot et son gouvernement, prennent un malin plaisir à agiter le chiffon rouge des émissions de gaz à effet de serre en conditionnant leur diminution au maintien de la part prépondérante du nucléaire dans le mix électrique français… 

C’est d’ailleurs en opposant la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre à la réduction du nucléaire, que Nicolas Hulot, en novembre 2017, a annoncé reporter l’échéance de la loi de Transition énergétique, visant initialement à 50% de nucléaire dans le mix électrique français d’ici à 2025 (au lieu de 75% aujourd’hui)…

Pourtant, ce sont précisément les défaillances du parc nucléaire français (anomalie graves, arrêts fréquents subis) qui obligent la France à s’appuyer sur le charbon (production et importation nationales, notamment en provenance d’Allemagne).

Pour lutter efficacement contre le changement climatique et réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la France doit engager sa transition énergétique en propulsant le développement des énergies renouvelables. Le parc nucléaire français est désormais plus coûteux que les alternatives renouvelables: autant d’argent détourné d’une lutte efficace contre les émissions de gaz à effet de serre !

Mais Emmanuel Macron et son gouvernement peuvent encore agir ! En publiant une programmation pluriannuelle de l’énergie claire et précise, c’est à dire avec un nombre précis de réacteurs à fermer pour arriver à l’objectif de réduction de 50% de la part du nucléaire dans le mix électrique français, conformément à la loi qui a été votée en 2015

Effet d’annonce n° 4 : la France se lance contre la déforestation importée

Alors que le gouvernement d’Emmanuel Macron a affiché sa volonté de mettre fin à la déforestation importée, avec l’axe 15 du Plan climat de Nicolas Hulot, il s’apprête à autoriser l’importation massive d’un produit destructeur pour les forêts d’Indonésie et de Malaisie notamment, via le projet Mède.

Au moment où la France est censée construire une stratégie solide pour lutter contre la déforestation importée, le gouvernement s’apprête à donner le feu vert à Total pour un projet de bioraffinerie dans le sud de la France qui fera exploser la demande d’huile de palme et ravagera des forêts entières à l’autre bout du monde.  Emmanuel Macron ne peut pas être crédible sur l’engagement climatique de la France si l’État ne cesse pas son soutien aux agrocarburants, tant sur les plans législatif et fiscal que diplomatique. 

Là encore, il est temps pour Emmanuel Macron et son gouvernement de comprendre qu’ils font fausse route et que la déforestation est responsable de 12% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde…

Emmanuel Macron et son gouvernement ont eut beau multiplier les effets d’annonce pendant un an, force est de constater que la France ne se donne pas les moyens d’être le chef de file de la lutte contre les dérèglements climatiques… Pourtant en 2017, les émissions de gaz à effet de serre de la France ont augmenté de 3,7 % par rapport à 2016. Pour sa première année de quinquennat, on souhaite donc à Emmanuel Macron de sortir des fausses promesses sur le climat, et enfin passer à l’action !

Article tiré de Greenpeace  le 7 mai 2018

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