Iran – Le nouveau coup de poing mégalomane de Trump

Mardi soir, le président américain a annoncé qu’il retirait les Etats-unis de l’accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015 dans une énième décision irrationnelle pour les intérêts de son pays et du monde. 

Ni les grandes embrassades d’Emmanuel Macron, ni les tentatives de raisonnement plus froides d’Angela Merkel, ni les appels compréhensifs de Boris Johnson appelant le président américain à ne pas «jeter le bébé avec l’eau du bain» n’y ont fait. Sans le moindre égard pour ses alliés qui ont fait le voyage à Washington, Donald Trump vient de leur signifier qu’il était le maître de l’échiquier international. Les Etats-Unis ne sont que l’un des six signataires de l’accord nucléaire avec l’Iran, mais ils peuvent à eux seuls tout faire capoter.

On l’avait vu lors de sa décision grandiloquente de sortir de l’accord de Paris sur le climat, prononcée dans le jardin aux roses de la Maison Blanche, le 1er juin 2017. Trump aime faire un doigt d’honneur à tous ses alliés étrangers.

Pourquoi ? Le président américain tient à respecter ses promesses de campagne, même les plus revanchardes (contre Obama), même les plus dangereuses pour les intérêts économiques et géopolitiques de son pays et du reste du monde. Quitte à risquer une crise politique sans précédent avec ses alliés européens. Quitte à risquer un conflit armé au Moyen-Orient, entre Israël et l’Iran, avec la Syrie et le Liban comme victimes collatérales. Quitte à risquer de mettre à mal les investissements de certaines entreprises américaines.

Peu importe. Parce qu’il est à la tête de la première puissance mondiale, il a les moyens de bloquer tous les autres pays. Il le fait aujourd’hui, mais en prétextant une ambition plus grande : «Préserver la paix dans le monde et au Moyen-Orient». Ce qui passe à ses yeux par un nouvel accord, en remplacement de celui «pourri» conclu par Barack Obama. Manière de se poser en véritable sauveur de l’humanité (y compris du peuple iranien opprimé par le régime des mollahs, comme il l’a affirmé dans son discours).

Photo : AFP – Saul Loeb
Hala Kodmani et
 Aude Massiot
Article tiré de Libération  le 8 mai 2018

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