Medef - Qui sera le nouveau meilleur allié de Macron ?

La campagne pour la présidence du Medef est officiellement lancée depuis vendredi. Les sept candidats en lice dessinent une même ligne politique : accompagner les mesures du gouvernement pour dynamiter la protection sociale.
La pléthore de candidatures est trompeuse. Derrière le foisonnement des postulants à prendre la succession de Pierre Gattaz le 3 juillet, et dont la liste a été validée vendredi dernier par le conseil statutaire du Medef, les sept concurrents, six hommes et une seule femme (neuf sont officiellement déclarés, mais deux se sont en fait déjà ralliés à un autre prétendant), défendent une ligne commune : « accompagner » les mesures furieusement libérales d’Emmanuel Macron. Séduit par l’ex-banquier d’affaires, croisé à la commission Attali, Geoffroy Roux de Bézieux, favori du scrutin, issu du secteur des services, a le sourire : « Nous ne sommes plus face à un gouvernement dogmatique et anti-entreprises, comme au début du quinquennat Hollande. Nous devons donc accompagner les décisions. » Face à lui, son principal rival, l’industriel Alexandre Saubot, abonde : « Il y a un élan, une envie de réussite et notre responsabilité, c’est d’accompagner ce regain de confiance. »
Sur le Code du travail, la fiscalité du capital et la formation professionnelle, le gouvernement pioche allègrement dans les revendications de l’organisation patronale. Signe de la « véritable victoire idéologique du ­Medef », analyse Thierry Renard, coauteur d’un ouvrage sur la confédération patronale (1). Ses valeurs cardinales, par exemple, « l’initiative privée » comme locomotive du progrès et la figure de « l’entrepreneur », héros de la modernité, infusent dans la société depuis des décennies. Dès les années 2000, le président du Medef Ernest-Antoine Seillière (de 1998 à 2005) et son numéro deux, Denis Kessler, promoteur de la dissolution du programme du Conseil national de la Résistance, défendaient un programme réactionnaire au doux nom de « refondation sociale ». « Ce véritable projet politique visait à transformer en profondeur la société, rappelle Thierry Renard. Macron reprend ses idées et son contenu idéologique. »

Renforcer son rôle de lobby patronal

Fort de cet acquis, les postulants à la présidence du Medef ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin, et convergent désormais pour renforcer son rôle de lobby patronal. Une activité déjà exercée auprès de médias dominants et de parlementaires des majorités précédentes, inondés de notes, d’arguments, de statistiques… Pour Geoffroy Roux de Bézieux, à la fortune bâtie dans les télécoms, la séquence politique invite à une « quête de sens » : « L’entreprise doit mieux prendre en compte son impact sur ce qu’Emmanuel Macron a appelé à Davos le bien commun. » Derrière les pages de ce conte à dormir debout se cache une volonté d’asseoir la domination du Medef dans le champ économique pour défendre les intérêts des grands patrons et augmenter les profits des entreprises. Le candidat a appuyé également la nécessité de mieux contrer sur les réseaux sociaux « ceux qui mènent un combat contre l’entreprise ».
Photo : Alexis Sciard
Article tiré de l’Humanité  le 9 mai 2018
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