L’Italie en passe d’être gouvernée par l’extrême droite et les anti-système

Les élections du 4 mars dans la péninsule pourraient accoucher d’une alliance de gouvernement entre le parti de la Ligue de Matteo Salvini, qui ne cache pas ses amitiés avec les néofascistes, et le Mouvement populiste 5 Étoiles dirigé par Luigi Di Maio.

Au lendemain des élections législatives, le 4 mars dernier, l’Italie s’est réveillée dans un brouillard aussi épais que celui qui emprisonne la plaine du Pô : sans gouvernement possible et avec une percée historique de l’extrême droite, jamais vue depuis la chute du fascisme.

La coalition droite-extrême droite composée de la Ligue, Forza Italia, Alliance nazionale et Fratelli d’Italia était arrivée en tête avec 37% (la Ligue raflant près de 18%, devant son allié Berlusconi). Mais le parti qui a tiré son épingle du jeu fut le Mouvement 5 Etoiles qui, a lui seul, a engrangé 32% des suffrages. Aucune de ces forces politiques n’étaient en capacité de forger une majorité, le M5S étant farouchement opposé à toute alliance; qui plus est avec une coalition comprenant Silvio Berlusconi, leur bête noire.

Deux mois après, l’Italie s’apprête pourtant à connaître son premier gouvernement fruit d’une alliance entre la Ligue, -anciennement Ligue du Nord qui, de sécessionniste est devenu nationaliste- et le M5S qui se dit «ni de droite ni de gauche» mais saute au cou des amis de Casa Pound, mouvement néo-fasciste.

Lundi, Matteo Salvini, le chef de la Ligue et le jeune dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, ont été reçus tour à tour par le Président de la République Sergio Matarella. Ils devaient lui présenter le contenu de leur accord de gouvernement et proposer le nom du futur président du conseil. L’équivalent du Premier ministre et donc la première figure politique du pays. Paradoxalement, Salvini et Di Maio ne sont pas candidats.

Hier soir, Salvini faisait savoir qu’il n’y avait «pas encore d’accord sur des points-clés» en évoquant des «visions différentes» sur «certains points importants comme les infrastructures», mais aussi l’immigration ou les rapports avec l’Union européenne. C’est pourtant sur l’immigration que les deux partis, anti-migrants, s’entendent le mieux.

Salvini fait sans doute monter les enchères. Les ministères sont en jeu. Selon les Echos, M5S hériterait de l’économie et de la justice et la Ligue du ministère de l’Intérieur. Sur le plan économique, si le M5S veut mettre en place l’équivalent du RSA, les deux partis veulent créer une flax taxe en place de l’impôt progressif. Une mesure clairement de droite. Quelle que soit l’issue des tractations, l’Italie n’est pas encore sortie du brouillard.

Photo AFP
Article tiré de la Marseillaise  le 15 mai 2018

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